Affiche du film  Ça n'engage à rien
© Paramount Pictures

Ça n'engage à rien

Version en français
v.o.a. : No Strings Attached
21 janvier 2011

Attaché (au lit avec des menottes)

Photo Par Karl Filion

Inutile de se mentir : la finale de ce No Strings Attached, accablée par sa mièvrerie, déçoit grandement, dans l'habituelle ritournelle des comédies romantiques je-t'aimais-mais-je-ne-le-savais-pas. Mais si, alors que le générique commence, on est déçu, c'est qu'on avait passé jusqu'alors un moment très agréable en compagnie de ces deux amoureux-là, de belles personnes, charismatiques et drôles, qui vivent une relation d'amis modernes sous le signe de la légèreté.

Adam, aspirant scénariste vivant dans l'ombre de son père célèbre, et Emma, étudiante en médecine effrayée par l'engagement, débutent une relation basée exclusivement sur le sexe. Pas question de s'engager, seulement d'assouvir quelques besoins primaires. Mais Adam, lui, tombe amoureux. Alors que la soeur d'Emma est sur le point de se marier, cette dernière s'obstine à refuser d'officialiser sa relation avec Adam.

Dans ce type de film - qui met habituellement en vedette Katherine Heigl - deux personnages qui refusent de s'aimer seront forcés, par les circonstances ou par une soudaine illumination (parfois par le truchement d'un sage ami), d'avouer leurs sentiments. Le problème, c'est que cette histoire a existé de nombreuses fois au cinéma, et que bien peu d'innovations sont possibles si on refuse d'envisager autre chose que le happy ending. Au final, c'est presque le principal défaut de No Strings Attached.

Derrière la simplicité du postulat de No Strings Attached (un gars, une fille, ils s'aiment ou vont s'aimer éventuellement) se cache une observation intéressante des nouvelles moeurs de la génération de 25-35 ans. Le film en tire sa force première : dans la fraternité entre les deux personnages principaux et leurs amis, dans cette désinvolture, cette honnêteté généralisée qui sont rafraîchissantes, No Strings Attached trouve un humour qui fait souvent mouche.

Le problème, c'est qu'on a apparemment eu peur que le film ne soit pas assez drôle. On a donc fait appel à une vulgarité déplacée pour ajouter artificiellement des situations cocasses et des blagues (souvent de mauvais goût) aux situations proposées qui plaisaient par leur authenticité. Tant et si bien qu'on perd rapidement la fraicheur qu'on devinait, autant dans le récit que dans les interprétations enjouées d'Ashton Kutcher et de Natalie Portman, surtout lors de la longue et hésitante finale assez peu inspirée qui s'applique à rassurer tout le monde : l'amour, ça se peut!

Les deux acteurs prouvent une nouvelle fois leur talent (disons qu'elle a plus de registres que lui, mais qu'il est plus efficace dans un contexte de comédie), aidés par quelques solides dialogues et par des personnages secondaires bien utilisés. Rien de compliqué, à l'image du film lui-même. C'est à la fois une qualité et un défaut : on aurait aimé retrouver l'audace des blagues dans le récit. Mais No Strings Attached n'est pas le premier film à aller au bout de ses possibilités, et ce n'est certainement pas le dernier non plus. L'année ne fait que commencer.

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Photo Karl Filion

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