Affiche du film  Ça c'est mon gars
© Sony Pictures

Ça, c'est mon gars

Version en français
v.o.a. : That's My Boy
14 juin 2012

Un vieux de l'humour

Photo Par Karl Filion

Adam Sandler est un bien drôle de numéro (ce qui ne revient pas à dire qu'il est drôle, ce serait plutôt le contraire). Les quelques irrégularités de sa filmographie (Punch-Drunk Love, The Wedding Singer, Funny People) - et la fraîcheur de ses premiers succès, Happy Gilmore, The Waterboy, n'étant plus qu'un lointain souvenir - nous ont fait oublier un instant à quel point il peut être insignifiant et vulgaire, mais plus de doute possible : That's My Boy est un nouvel exemple d'un manque complet d'invention et d'intérêt d'un acteur qui semble à court de défi et d'idées. C'est sûr qu'à 100 millions $ au box-office par film en moyenne, l'urgence de sortir de sa zone de confort est moins pressante...

That's My Boy, cette nouvelle démonstration d'un affligeant sens de l'humour basé sur les grossièretés gluantes (vomi, sperme², danseuses, etc.) et d'une culture du dégoût/malaise visant à faire rire est particulièrement peu enthousiasmant, malgré une mise en situation assez amusante. Le film parvient avec une certaine adresse à faire oublier que sa prémisse est basée sur un acte criminel (la pédophilie), et on parvient à faire fi de tout cela pour se concentrer sur l'humour et les personnages. Malheureusement, en voulant repousser les limites - et sans doute parce qu'on est pris dans un imbroglio scénaristique duquel il semble impossible de se tirer - le film va encore plus loin en conclusion sans parvenir à rattraper son audace morale.

D'autant que la grande majorité des revirements d'un scénario à la structure convenue (un paumé, sans argent, doit demander à son fils de l'aider à payer quelque chose qui pourrait sinon le mettre en prison, en lui faisant honte face à sa belle-famille à la veille de son mariage) sont sans originalité eux non plus. Le film est complètement prévisible, et quand il ne l'est pas, c'est qu'il est absurde, incohérent et donc, pas drôle. Pas drôle du tout.

Par exemple, associer sexe et grand-mère, c'est une idée qui date d'au moins dix ans (American Wedding, en 2003) et qui n'est plus drôle du tout. Tout comme, d'ailleurs, recevoir une balle de baseball dans le visage ou se faire battre par un vieillard. Un humour vieux, dépassé, sans inventivité et donc complètement vain.

Et pour en rajouter : chaque fois qu'Andy Samberg est à l'écran, on remarque à quel point Adam Sandler est un piètre acteur au talent très limité. Disons aussi que son talent pour la comédie s'est aussi étiolé, lui qui manque ici grandement de punch. Son personnage est si risible qu'aucune de ses blagues ne fonctionne vraiment... Ce qui fait que le film paraît durer une éternité, que la réalisation anonyme semble s'attarder sur des détails insignifiants et que la grande majorité des blagues ne sont pas assez punchées.

Je veux dire : quand un personnage qui a toujours sur lui des sous-vêtements propres parce qu'il a peur de souiller ceux qu'il porte accepte enfin de se libérer et de les jeter, que pensez-vous qui va lui arriver? Si vous ne trouvez pas la réponse à cette question, allez voir That's My Boy...

Partager sur : Twitter Facebook
Photo Karl Filion

Mes dernières critiques

Alexandre et sa journée épouvantablement terrible, horrible et affreuse
Le juge
Les apparences
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
2 temps 3 mouvements
Qu'est-ce qu'on fait ici?
L'épreuve : Le labyrinthe
Aimer, boire et chanter
Site conçu et développé par Logo Libéo
Représentation publicitaire par Logo Moviefone
© 2016 Média Happy Geeks inc. Tous droits réservés.