Affiche du film  C'est la guerre
© 20th Century Fox

C'est la guerre

Version en français
v.o.a. : This Means War
15 février 2012

Celui ou celle qui te rend meilleur

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Réussir un parfait mélange d'action, d'humour, de romantisme, de suspense, tout en maintenant une intrigue censée et originale est une tâche bien plus ardue que certains l'estiment. McG est parvenu à un résultat fort acceptable, voire enviable, considérant les nombreuses variables avec lesquelles ils devaient jouer. Certains diront qu'il aurait pu choisir ses batailles - soit la comédie, l'action ou le suspense - , mais ce seront les mêmes qui se plaindront du manque de texture, de multiformité, au sein du cinéma hollywoodien, alors je choisis d'applaudir aujourd'hui son audace. This Means War doit tout de même s'engouffrer dans plusieurs clichés (la bonne fille célibataire qui aime les chiens et les voitures sport, le macho et l'homme modèle, l'amie un peu déjantée qui encourage l'autre à s'émanciper) avant de prendre son véritable rythme de croisière. Dès que les deux agents de la CIA commencent à s'enticher de la même femme et entraînent chacune de leurs équipes spécialisées dans l'espionnage et les opérations stratégiques pour gagner le coeur de la belle, les situations cocasses s'accumulent et les rires sont assurés.

Chris Pine et Tom Hardy sont par contre, ici, très peu crédibles dans le rôle d'agents gouvernementaux. Nous savons tous que le but de ce film n'est pas de nous faire croire aux qualités tactiques et physiques de deux acteurs au sommet de leur gloire, mais s'ils ne faisaient que tenir leur fusil de manière convenable et abuser du système avec un peu plus de retenue peut-être que ces détails de vraisemblance n'agaceraient pas tant le spectateur. En fait, tout ce qui concerne l'investigation sur le criminel soviétique à la poursuite des deux agents américains après une mission qui a mal tourné en Asie, se révèle assez ennuyant et grandement inutile. Ces éléments sont un moteur à l'histoire d'amour et c'est, à plusieurs endroits, beaucoup trop évident et franchement dérangeant. Quant à Reese Witherspoon, elle amène, grâce à son charisme renversant et sa douceur distincte, une fraîcheur opportune dans ce paysage typiquement masculin et permet aux femmes de s'identifier (malgré la beauté presque irréelle du modèle).

L'humour trivial employé dans le film fonctionne parfaitement avec le ton effronté et impudique de l'oeuvre. La vulgarité, jamais excessive, permet quelques séquences délicieusement licencieuses et certaines répliques hilarantes; l'une de mes préférées étant : « Les grandes familles heureuses, c'est du porno pour les filles ». Les scènes d'action, de leurs côtés, sont habilement réalisées, même si elles nous apparaissent, en fin de compte, assez inutiles au récit global. Plusieurs cascades sont impressionnantes et les effets spéciaux méritent des compliments, mais reste que les plus belles qualités de l'oeuvre sont dans les dialogues et dans l'individualité du récit.

This Means War nous rappelle que l'amour au cinéma n'est pas obligé d'être quétaine - rose bonbon trempé dans la guimauve au coucher de soleil - pour faire rêvasser son public (féminin). Quelques blagues habilement déplacées, des acteurs sexy et de bonnes séquences d'action sont aussi efficaces qu'un coup de foudre impossible ou une passion immuable entre une femme en phase terminale et un ancien tombeur repenti. En fait, si l'histoire d'amour de This Means War ne s'épiloguait pas avec tant de fioritures et de broderies et que la CIA servait à davantage qu'à fournir des outils sophistiqués aux prétendants, on pourrait parler d'un triomphe. Seulement, en choisissant de toucher à tant de sphères, à tant de genres, on se doit d'accepter leurs retombées respectives.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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