Affiche du film C'est compliqué
© Universal Pictures

C'est compliqué

Version en français
v.o.a. : It's Complicated
25 décembre 2009

La pérennité de l'amour

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Un scénariste – sauf exception – doit soumettre son texte aux bons soins du réalisateur, sans avoir de véritable emprise sur le résultat final. Diriger un film dont on a écrit les textes donne lieu une oeuvre plus personnelle, plus profonde. Nancy Meyers confirme derechef cette tendance – qu'elle avait su prouver avec Quelque chose d'inattendu et Les vacances - grâce son plus récent long métrage, C'est compliqué. Bien que le film manque souvent de rythme et s'égare parfois dans des avenues décousues, la réalisatrice américaine parvient à raconter simplement une histoire - sans contredit - compliquée.

Jane est divorcée depuis plus de dix ans. Son ancien époux, Jake, s'est remarié il y a quelques années avec une jeune femme dans la vingtaine. Lors de la remise de diplôme de leur fils à New York, Jake et Jane retrouvent le bonheur qu'ils avaient à être ensemble et entreprennent une liaison adultère. Pendant ce temps, l'architecte de Jane, Adam, se rapproche d'elle et les deux adultes commencent à avoir des sentiments l'un pour l'autre. Jane est alors prise entre son ancien mari et un inconnu qu'elle aime de plus en plus.

Les textes sont justes, les dialogues réfléchis et les situations, même si parfois trop burlesques, restent franches et vraisemblables. Meyer a su créer des personnages colorés à qui le public peut s'attacher rapidement. L'acteur John Krasinski, qui incarne Harley, le beau-fils de Jane et Jake, apporte un élément comique bien dosé et efficace. Même si la performance de Steve Martin est plutôt froide, Alec Baldwin et Meryl Streep adoptent un jeu sincère et éloquent qui amène vraiment les spectateurs à se questionner sur la pérennité de l'amour. Un divorce corrobore-t-il le dénouement d'un amour commun ou s'il n'est qu'une conséquence à l'infidélité - du coeur et du corps?

Le film manque par contre, à plusieurs endroits, de rythme et de structure. Certains passages trop longs qui entreprennent une démarche plus caricaturale, boufonne - telles que l'homme nu sur le lit surpris par un étranger ou toutes les coïncidences saugrenues qui donnent lieu à un jeu plus physique – fragmentent inutilement le récit, le déroutant de ses motivations premières.

Bien que le long métrage de Nancy Meyer ne soit pas parfait, il stimule irrémédiablement une réflexion, et prouve que l'amour, que la vie, c'est compliqué. Certes, certains moments de grâce nous font oublier nos ennuis, nos infortunes, mais toujours, au matin, la routine a tôt fait de nous rappeler nos bavures. Cependant, maintes erreurs méritent d'être commises, même si ce n'est que pour répondre à la question : et si?

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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