Affiche du film Bon Cop, Bad Cop
© Alliance Atlantis Vivafilm

Bon Cop, Bad Cop

Version originale en français
v.a. : Bon Cop, Bad Cop
3 août 2006

Dans le coin bleu, dans le coin rouge...

Photo Par Karl Filion
Une comédie d'été comme bien d'autres, qui joue sur les oppositions pour faire rire. Le Québec et le reste, le français et l'autre là, voyons... l'anglais. Ce n'est pas digne de Dionysos mais c'est drôle, régulièrement, efficacement et simplement. Personne ne va se casser la tête, même pas le spectateur, pour apprécier. Un vrai combat de boxe, où le Québec donne les meilleurs coups, où le Canada (le reste), les reçoit le mieux.

Le film, tiré d'une idée de Patrick Huard, renvoie directement à L'arme fatale. La recette est classique, aux États-Unis ce serait un noir et un blanc; ici, c'est un Anglais et un Français, les clichés sont nombreux et inévitables, alors on les a pris en dérision. C'est réussi. On parle encore d'un film d'été « sans prétention », avec des explosions, des sacres, du hockey et Lucie Laurier.

Lorsqu'un cadavre est découvert directement sur la frontière entre le Québec et l'Ontario, les policiers Martin Ward et David Bouchard, l'un Québécois et l'autre Ontarien, doivent laisser de côté leurs différents et leurs préjugés pour se lancer à la poursuite du « Tatoo Killer », un tueur en série qui semble en vouloir aux bureaucrates qui vendent notre sport national, le hockey, à des intérêts américains.

Et même si plusieurs des meilleures blagues sont déjà dans la bande-annonce, elles fonctionnent quand même, donnant à chaque situation un aspect rafraîchissant. Probablement parce que ce qui est drôle ce n'est pas que le texte lui-même, mais bien le rendu de Patrick Huard, d'une justesse digne d'un humoriste (!), et de Colm Feore, tout aussi efficace même s'il est le penchant sérieux d'un film qui ne se tracasse pas trop avec les fils du récit et la vraisemblance, un panneau directement entre le Québec et l'Ontario n'existant même pas.

Mais peu importe, on veut faire rire, on y parvient de toutes les façons : vulgairement, silencieusement, et subtilement, parfois, avec les références au hockey et avec les caméos de Louis-José Houde, responsable de la scène la plus drôle du film, et de Pierre Lebeau, aussi habile qu'à l'habitude dans son rôle.

Pendant près de la moitié du film, on se promène un peu partout, enfilant les blagues, les répliques assassines, les sacres et les insultes furtives, jusqu'à ce qu'on revienne à l'histoire, très mince mais très « canadienne », d'un tueur en série qui en veut aux gens qui vendent le hockey aux Américains. Là, c'est un peu moins intéressant, mais il faut bien terminer ce qu'on a commencé, que ce soit une histoire pas toujours logique ou non. D'ailleurs, on donne bien facilement des motivations à nos deux policiers pour n'avoir d'autre choix que de travailler ensemble, on sent qu'on a voulu se débarrasser pour se concentrer sur l'aspect humour.

Érik Canuel réalise un film très expérimenté, peut-être un peu mécanique, mais le résultat est là : le film est drôle, et les acteurs, la réalisation, le scénario et même le montage contribuent à l'effet comique. Ce qu'on peut reprocher est donc secondaire, que ce soit la légèreté de l'ensemble ou les failles dans la cohérence ou dans la motivation des personnages, d'autant qu'on a droit à quelques bons jabs politiques et sociaux qu'il faut prendre avec le sourire. Ou garder le sourire qu'on a déjà.
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Photo Karl Filion

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