Affiche du film Blindé
© Sony Pictures

Blindé

Version en français
v.o.a. : Armored
4 décembre 2009

Léthargie visuelle

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Peut-on vraiment parler d'une déception lorsque la prévisibilité et l'insignifiance étaient présentées avec une quasi-fierté dans la bande-annonce il y a de cela plusieurs mois? Dès les premières secondes, on nous propose un film d'action incohérent - stupide même - des personnages fades qui prennent des décisions inconséquentes et une technique de réalisation conventionnelle, servant inefficacement la narration malgré sa linéarité.

Suite à la mort de ses parents, Ty, un conducteur de camion blindé, doit prendre soin de son petit frère délinquant, Jimmy, et doit rembourser rapidement l'hypothèque de sa maison, sous peine de saisie par la banque. Lorsque son vieil ami Mike lui propose de voler son propre chargement, il hésite longtemps mais finit par accepter à la condition que personne ne soit blessé. Tout semble se dérouler comme prévu jusqu'à ce que Baines, l'un des membres du groupe, tue un clochard trop curieux. Ty s'enfermera alors dans son camion blindé dans l'espoir que de l'aide arrive.

On a entendu ces histoires de vol des millions de fois; lorsque ce n'est pas une banque ou un casino, c'est un riche milliardaire ou un musée abritant des oeuvres hors de prix. Blindé est un film d'action insipide qui n'a pas su se démarquer - au contraire de Ocean's Eleven, par exemple, qui avait su marquer le public de par son scénario rigoureux et le talent exceptionnel de ses acteurs.

Les dialogues du film de Nimród Antal sont grotesques et le jeu atone de Laurence Fishburne, Columbus Short et Matt Dillon ne fait qu'alourdir l'atmosphère déjà très monotone du récit. Bien que ces acteurs aient su prouver leur valeur dans d'autres productions, ils font un travail amateur et inepte dans celle-ci, n'assumant jamais vraiment l'émotion qu'ils tentent de livrer. Les personnages prennent des décisions insensées la plupart du temps, comme de s'enfermer dans un fourgon blindé pour faire entendre raison à ses camarades ou tout simplement de voler sa propre cargaison en croyant s'en sortir indemme.

La réalisation, très conventionnelle, s'égare parfois dans des expérimentations visuelles laborieuses sans assumer, ou expliquer, ces altercations inégales. Le fait que le film se déroule presque entièrement dans un lieu clos aurait pu mener à des variantes intéressantes au niveau du point de vue ou de la scénarisation, mais cet espace restreint ne fait qu'opprimer le spectateur. Le choix musical; le rap, est également une preuve de l'inintérêt concret d'offrir à son film une individualité, une personnalité singulière.

Blindé est un de ces échecs prévisibles qui nous font nous questionner sur l'intérêt de telles productions. Pourquoi s'entêter mordicus à produire des films dénudés de chair, de potentiel réflexif, de singularité ? Une autre constatation décevante que l'audace ou la nouveauté sont loin d'être un intérêt à Hollywood.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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