Affiche du film Match Point
© DreamWorks

Balle de match

Version en français
v.o.a. : Match Point
v.o.a.s.-t.f. : Balle de match
20 janvier 2006

Un coup de chance

Photo Par Karl Filion
Le vétéran Woody Allen change de ville et change de style pour présenter Match Point, un film savoureux qui est drôle, étonnamment sensuel et savoureusement ironique. Un film inattendu, dans le sens qu'on attendait impatiemment ce film, mais pas celui-là.

Allen, aussi connu sous le nom de « l'éternel new-yorkais », va jusqu'à Londres pour réaliser son nouveau film, présenté à Cannes, un drame sensuel noir très efficace et certainement charmant. À cause de son humour, de sa distribution et, peut-être un peu, de la chance. Ou du destin.

Chris Wilton est un joueur de tennis professionnel qui devient entraîneur dans un club privé. Il y rencontre un jeune bourgeois, Tom, avec qui il se lie d'amitié. Il développera même une relation avec la sœur de ce dernier, Chloe. Mais ça, c'était avant de rencontrer Nola Rice, une actrice américaine venue tenter sa chance à Londres et qui est aussi la petite amie de Tom. Chris développe une relation avec les deux femmes, tout en tentant de cacher à sa femme ses infidélités.

Étonnant comme Allen a su créer tant d'intensité avec un si mince fil conducteur. L'histoire est somme toute assez classique - un mari trompe sa femme - mais le déroulement du récit est englobant, les faits et gestes des protagonistes gagnent en intensité tandis que les personnages se définissent. Parce que la femme fatale a soudainement des sentiments, et que le charmeur infidèle a aussi un important dilemme à confronter. Il y a de quoi surprendre dans ce scénario en apparence banal, il y a aussi de quoi faire décrocher plusieurs spectateurs. Sauf qu'en tant que revirement scénaristique inattendu, c'est plutôt réussi. La fin justifie les moyens, peut-être, et on peut dire que le choix d'Allen, qui, comme à son habitude, signe aussi le scénario, donne à son film une toute autre dimension, un regain de vie final pour la finale, déstabilisante à souhait. M'enfin, les gestes inexplicables doivent le demeurer, difficile de vraiment le reprocher, d'autant que cette fois-ci, c'est dans l'intérêt du film.

Jonathan Rhys-Meyers y va d'une performance très intense, à la fois dans le regard et dans son langage corporel, particulièrement crédible. Heureusement parce que tout le récit passe au travers lui. Et la ravissante Scarlett Johansson, si éblouissante qu'elle a fort probablement nuit au jugement de votre humble critique, s'offre complètement à un personnage plus complexe qu'il n'y paraît. Sa performance est enivrante, son implication totale, le résultat plus que convaincant.

Allen est donc plus posé, plus réfléchi qu'à ses dernières tentatives. Son travail est musical, apparemment expérimenté. Un joli travail de la lumière, une très belle intensité d'ensemble, quelques vieux trucs pour étonner et faire rire, la recette fonctionne. Mais on a l'impression que tout ça va plus loin, et on ne se trompe pas du tout. Son film est cette fois-ci très sérieux, même si les pointes comiques marquent encore des points. Un humour noir, très noir après réflexion, qui cache un drame latent - oui, oui, surréel - tout à fait dans le ton.

Tous les éléments de Match Point s'accordent pour produire un moment cinématographique mature, étonnamment intense et sensuel. Un film qui a des qualités que l'on ne soupçonnait pas à Woody Allen. Un coup de chance? Impossible.

Vu en version originale anglaise.
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Photo Karl Filion

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