Affiche du film L'aube des survivants
© Les Films Equinoxe

L'aube des survivants

Version en français
v.o.a. : Daybreakers
8 janvier 2010

Soif de sang

Photo Par Karl Filion

Au cinéma, il n'y a pas de créatures fantastiques plus populaires que les vampires. Les loups-garous ont tout tenté, mais rien n'y fait, et rien n'y fera jamais : ce sont les vampires qu'on aime. Leur soif de sang, leur teint pâle, leur immortalité. Si Twilight (qui n'est pas, malgré les apparences, un film de vampire (c'est plutôt un film avec des vampires, nuance)) a créé une petite commotion (injustifiée) chez les amateurs de vampires parce qu'il prenait certaines libertés envers ces créatures inventées (« un vampire, ça brille pas au soleil, bon! »), L'aube des survivants s'essaie vraiment, lui, à une réinvention du mythe. Là où la plupart des films racontent l'épidémie qui risque de transformer toute l'humanité en vampires, L'aube des survivants s'intéresse au déclin de la société vampire. Une bonne idée, qui malheureusement n'est pas particulièrement bien exploitée.

Dans une société où les vampires dominent, quelques groupuscules d'humains servent à leur fournir le sang nécessaire à leur survie. Mais comme la population humaine subit un fort déclin, le chercheur hématologue Edward Dalton travaille à un substitut qui pourrait remplacer le sang. Moralement embarrassé, il refuse de se nourrir de sang humain, ce qui, petit à petit, le transformera en bête féroce. Il fait pourtant la rencontre de deux résistants, Elvis et Allison, qui ont découvert un moyen de retransformer les vampires en humains. Edward va donc appliquer ses talents de chercheur à découvrir et à propager le remède, tandis que le chaos envahit les rues et que l'armée est à ses trousses.

L'idée est intéressante : on est loin ici de la classique histoire de vampires; croquera, croquera pas, l'immortel amoureux de la mortelle, etc., et c'est une très bonne chose. Si le film propose son lot d'hémoglobine et de violence graphique qui satisferait les esprits les plus pragmatiques, il propose aussi un retournement de situation intéressant : les vampires sont en danger. L'ambiance fort intrigante développée dans la première partie du film est convaincante, tout comme les comédiens qui s'avèrent fort efficaces. Du mois en premier lieu.

Malheureusement, les choses se gâtent par la suite. Dommage que le récit se sente obligé de jouer les valeurs sûres : les thèmes du sacrifice, de la filiation et de la trahison sont forcés dans le scénario, sans doute pour rassurer le public dans ses attentes. Dommage qu'on n'ait pas poussé l'audace jusqu'au bout. Certains raccourcis scénaristiques sont trop faciles, et plus le film avance moins on est convaincu que l'histoire a été poussée jusqu'à ses derniers retranchements. On s'explique mal aussi pourquoi les vampires peuvent sortir pendant la journée à condition d'être à l'ombre, et pourquoi ils ont tous les mêmes verres de contact (c'est une blague). Il faut cependant avouer aussi que le remède au vampirisme est très facilement trouvé...

L'aube des survivants choisit aussi la voie de la facilité en réfutant tout questionnement moral ou philosophique lors de la deuxième partie pour se consacrer uniquement au bain de sang. Un choix compréhensible, mais décevant, considérant le potentiel de la proposition. Mais faut-il vraiment s'étonner que l'on préfère, encore une fois, réduire l'impact sociologique et métaphorique des vampires à la seule soif de sang?

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Photo Karl Filion

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