Affiche du film  Au bout du conte
© K-Films Amérique

Au bout du conte

Version originale en français
31 juillet 2013

Les bons contes font les bons amis

Photo Par Karl Filion

Le duo Agnès Jaoui/Jean-Pierre Bacri est à nouveau réuni pour Au bout du conte, une comédie romantique aux accents fantaisiste qui, au bout du compte (haha! désolé...) n'est ni une étude de personnages inspirée, ni une comédie transcendante, en plus de s'étirer inutilement. Oui, certaines observations du duo s'avèrent fort bien trouvées, le film est bourré de références au monde du conte (nous y reviendrons) et les comédiens sont talentueux, mais le film ne convainc pas entièrement.

La proposition du célèbre duo est d'une simplicité déconcertante; Au bout du conte évoque des thèmes de base - qu'on peut effectivement justifier par l'idée de « conte » - en invoquant surtout des classiques (Cendrillon, Le petit chaperon rouge, Blanche-Neige; ok, la référence à La Belle au bois dormant est bien trouvée), sans leur donner un sens commun ni véritablement les intégrer au récit, déjà classique. Par exemple : ce « retournement », où c'est le garçon qui doit quitter la fête à minuit et qui perd sa chaussure dans l'escalier, qui ne sera jamais plus qu'un clin d'oeil justement, ne mène à rien plus tard dans l'histoire.

Ces références, tout simplement plaquées, anecdotiques, finissent par ennuyer parce qu'elles ne contribuent pas à l'histoire autrement que par cet humour incertain qui ne fonctionne pas très bien. En contrepartie cependant, les talents d'acteur de Jean-Pierre Bacri ont autant d'occasions de s'exprimer (même si on a l'impression qu'il incarne le même personnage que d'habitude) surtout lors d'une finale touchante et d'un rapprochement avec son fils. Le seul exemple, peut-être, où le récit parvient à transformer en élément d'émotion ce qu'il a pris près de deux heures à construire en relations interpersonnelles.

Si on regrette souvent que des films soient entièrement dédiés au style au détriment de la substance, leur reprochant d'être agréables pour les yeux plutôt qu'inspirants pour l'esprit, on pourrait formuler l'objection inverse ici : le style est complètement absent, la plupart des scènes semblant rapiécées à partir de bouts de ficelles pas toujours inspirés, mais surtout figés, au niveau de cadrages simplistes tout particulièrement. Contraintes budgétaires? Improvisation? On l'ignore, mais Au bout du conte est particulièrement peu inspiré dans ce domaine; il faut au moins reconnaître qu'il est question de cinéma, et pas de théâtre, et que la caméra fait partie de l'histoire autant que le scénario. Le comment de l'histoire est certainement aussi important que le quoi. Si votre histoire convient mieux au théâtre, il faut la monter au théâtre, ou alors l'adapter.

Parce que les acteurs sont talentueux et que l'histoire est mignonne (à défaut d'être inédite), Au bout du conte évite l'échec. On y voit cependant une oeuvre mineure et on regrette de ne pas y avoir trouvé plus d'émerveillement. Surtout que Jaoui en est seulement à son quatrième film depuis 2000 et qu'on est déjà loin du sublime et délicat Goût des autres.

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Photo Karl Filion

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