Affiche du film  Assaut sur la Maison-Blanche
© VVS Films

Assaut sur la Maison-Blanche

Version en français
v.o.a. : Olympus Has Fallen
21 mars 2013

Exercice de routine

Photo Par Karl Filion

On ne se mentira pas (on se connaît depuis assez longtemps, vous et moi), Olympus Has Fallen est un film de propagande pure et simple. Une apologie de l'armement - pour se défendre dans le cas où les autres pays jalouseraient trop notre « liberté » - et une ode à l'héroïsme des agents qui risquent leur vie pour protéger le Président (et par extension le « Land of the Free »). Ce n'est même pas subtil; c'est entendu. On peut quand même faire un bon film d'action dans ce contexte, étonnamment. Olympus Has Fallen le fait. Mais ça peut devenir agaçant à la longue parce que ça mine la crédibilité du film, qui défie toute logique pour créer de la tension.

Olympus Has Fallen fait l'équation qu'il faut sauver le Président à tout prix, même si cela signifie mettre en danger des dizaines de milliers de citoyens américains et coréens (1 > 100 000 000?). Ça n'a aucun bon sens. Dans tous les sens, ça n'a aucun bon sens. Mais le film y tient, insiste même, alors que n'importe quel dirigeant responsable (Morgan Freeman par exemple) aurait tôt fait de régler le problème afin de sauver les citoyens avant un seul homme (aussi présidentiel soit-il). D'autant que depuis le temps que le cinéma hollywoodien nous répète que « les Américains ne négocient pas avec les terroristes », il serait peut-être temps que ce soit vrai (je dis ça comme ça).

La tension d'un film comme Olympus Has Fallen est directement liée à la crédibilité qu'ont les personnages, ceux qui prennent les décisions, qui sont responsables des gestes posés pour contrer l'attaque (et qui deviendront les prochains revirements dramatiques du film). Or, ce que le film propose est très poussé et passe bien près d'imploser; heureusement, ce n'est pas le cas. Même que Olympus Has Fallen fonctionne assez bien, grâce à  sa maîtrise de la recette (ce film pourrait s'appeler Die Hard) et ce qui ressemble à de l'humour. Mais on passe près de la catastrophe.

Gerard Butler a les qualités de meneur et de héros nécessaires pour mener à bien son projet, mais il ne lui faut pas beaucoup de talent - pas plus à lui qu'aux comédiens secondaires - pour vaincre les méchants. On ne lui demande rien de plus (les sous-histoires sont d'ailleurs expédiées assez vite). Dommage, car la finale s'avère particulièrement bête, alors qu'un retournement intelligent aurait pu sauver littéralement le long métrage.

Antoine Fuqua - dont le Training Day est décidément bien loin - réalise anonymement ce film d'action assez générique qui a la qualité d'être rondement mené; le rythme est très bon et la tension forte, du moins lorsque les personnages ne se ridiculisent pas avec des décisions plus que douteuses. La violence, représentée très graphiquement à l'écran, est particulièrement présente, sans que l'on sache vraiment ce que cela signifie...

On se console en se disant que, dans le genre, ça aurait pu être bien pire.

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Photo Karl Filion

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