Affiche du film  Arthur
© Warner Bros. Canada

Arthur

Version en français
v.o.a. : Arthur
8 avril 2011

Un prince à New York

Photo Par Karl Filion

Malgré quelques longueurs et quelques moments sentimentaux trop appuyés, on trouve une grande quantité de charisme dans Arthur, la nouvelle comédie à mettre en vedette l'exubérant Russell Brand dans le seul rôle qu'il semble capable de jouer. On lui reprocherait s'il tentait de faire quelque chose qui va au-delà de ses capacités, alors on ne lui tiendra certainement pas rigueur de s'en tenir à ce qu'il sait faire de mieux : être candidement naïf, s'émerveiller, partager une joie de vivre qui n'existe qu'au cinéma (ou quand on a 950 millions $). D'autant qu'il est ici appuyé par la délicieuse Greta Gerwig et la « Reine » elle-même, Helen Mirren. Le trio s'avère suffisamment charmant pour qu'on puisse passer outre quelques moments plus faibles et qu'on passe un bon moment.

Ce remake d'un film du début des années 80 qui avait valu à Dudley Moore une nomination aux Oscars ne risque pas de marquer son époque. Son humour inoffensif n'est pas particulièrement novateur et certainement pas subversif, mais on prend un certain plaisir à voir Brand, dans le rôle d'un play-boy millionnaire, réagir naïvement à quelques mises en situation souvent très bien trouvées. La force narrative de sa quête est minime, les enjeux dramatiques presque inexistants, et pourtant, on s'intéresse à sa petite amourette avec la ravissante Naomi.

L'une des raisons pour cela est qu'on se tient le plus souvent loin des scènes moralisatrices à messages du genre « l'argent, ce n'est pas tout dans la vie ». Cela ne veut pas dire que le message n'est pas là, simplement qu'il est un peu mieux intégré que d'habitude. Et même s'il est dans l'air du temps de ne pas respecter la comédie autant que le drame, on doit admettre qu'une comédie comme celle-ci, aussi anodine soit-elle, peut être réussie.

Pourtant, tout ce qui exclut les trois comédiens principaux demeure systématiquement anonyme : la réalisation pourrait être l'oeuvre de n'importe quel technicien qui a vu quelques films du même genre, les revirements du scénario sont affreusement prévisibles et les départements techniques sont compétents, tout au plus. Tout est en place pour que Brand fasse son numéro, et il le fait bien. Ce personnage est fait sur mesure pour lui; l'élégance, l'humour, l'insouciance.

Arthur n'était pas nécessaire et ne propose absolument rien de neuf. C'est une oeuvre d'artisan plutôt qu'une oeuvre d'art. Mais c'est du travail bien fait, qui remplit ses promesses au niveau des rires et du romantisme. Un peu à l'image de son personnage principal, c'est une oeuvre généreuse, peut-être trop, dont les principaux défauts sont de s'épivarder inutilement dans des insignifiances encore plus insignifiantes que le film lui-même. En dehors de ces scènes, on n'a d'autre choix que de remarquer le charme et la chimie que sont parvenus à créer le trio composé de Brand, Gerwig et Mirren. C'est tout. Et n'allez pas voir la récurrence du mot « oeuvre » dans ce court texte comme d'un signe de quoi que ce soit...

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Photo Karl Filion

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