Affiche du film  Après la terre
© Sony Pictures

Après la terre

Version en français
v.o.a. : After Earth
31 mai 2013

Dans les yeux d'un père

Photo Par Karl Filion

Cette collaboration entre Will Smith (qui a initié le projet), son fils Jaden et le réalisateur M. Night Shyamalan ne fera pas figure de jalon dans leur filmographique respective. Au mieux un « bel essai », au pire une ennuyant film de science-fiction sans grande ambition, After Earth est décevant si on espère vivre quelque chose d'inédit, et rassurant si on est exaspéré des mauvais choix de Shyamalan depuis quelques années.

Le film, qui ne dure que 99 minutes, en paraît deux fois plus à cause d'une construction déficiente et d'enjeux très faibles; en fait, le long métrage a toutes les allures d'un jeu vidéo, et il ne fait aucun doute qu'on aurait profité bien davantage de l'ambiance (assez habilement construire, au demeurant) si on avait eu le contrôle entre les mains. On dirait un nouveau chapitre (futuriste) de Uncharted. Par conséquent, les péripéties s'avèrent assez prévisibles et redondantes (de simples variations l'une de l'autre) sans qu'on soit pleinement immergé dans l'histoire. La construire dans une sorte de flashback inutile n'arrange rien, d'ailleurs, pas plus que les nombreux retours en arrière qui ajoutent des éléments d'histoire, mais pas d'émotions ou d'enjeux.

Il faut peut-être regarder du côté de la « science-fiction » pour comprendre que ce film, en réalité, s'adresse aux jeunes garçons d'entre 8 et 13 ans. Au-delà d'un vaisseau interstellaire fait de papier parchemin/toilette, il est clair que les enjeux (simples), les thématiques familiales (simples aussi) et la complexité scientifique (risible) s'adressent à des spectateurs jeunes qui s'exciteront bien plus de l'aventure proposée. Qui, répétons-le pour être clair, n'est pas mauvaise.

Jaden Smith, encore jeune, doit porter le film sur ses épaules, ce qui est beaucoup demander à un jeune acteur qui n'a encore rien prouvé. Il n'est pas réellement mauvais, loin de là, mais il n'a pas non plus le charisme pour qu'on s'attache immédiatement à lui. Pourtant, c'était essentiel à la réussite de ce film, qui ne mise que sur deux acteurs et des effets spéciaux. On devine que Will Smith le regarde avec des yeux de père et qu'il est très fier de lui, mais on dirait qu'il a voulu s'asseoir tranquillement et regarder son fils aller; il passe presque tout le film blessé, dans un rôle assez ingrat qu'on a bien de la difficulté à évaluer : est-ce du talent ou simplement le pilote automatique d'un acteur expérimenté?

Globalement, voilà un film qui laisse indifférent. S'il n'est pas exactement « mauvais » ou « désagréable », il est loin d'être passionnant. C'est une curiosité, tout au plus. Difficile de dire s'il faut se réjouir que la perdition de M. Night Shyamalan soit stoppée avec After Earth, qui est sincèrement bien moins mauvais que ne l'étaient Lady in the Water, The Happening ou The Last Airbender, ou s'il faut souligner l'aspect totalement anonyme de ce film sans personnalité et pratiquement sans passion. Dans les deux cas, After Earth ne risque pas de marquer les mémoires, et il faudra attendre encore avant de savoir si l'ancien premier de classe retrouvera ses marques un jour.

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Photo Karl Filion

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