Affiche du film  Amsterdam
© Les Films Séville

Amsterdam

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Amsterdam
10 octobre 2013

Sauve-qui-peut

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Amsterdam c'est tout et rien à la fois. C'est un mélange incongru d'éléments épars qui s'harmonisent mal. Après avoir visionné la bande-annonce la première fois, nous ne savions pas trop à quoi nous avions à faire; un drame? Une comédie? Un suspense? Et suite à l'écoute du film, nous sommes tout aussi perplexes. Le fait d'amalgamer différents genres dans un même long métrage n'est pas une erreur en soit, il y a certains réalisateurs qui arrivent à faire de grands films de cette façon, le problème se situe davantage au niveau de la cohérence de ces genres et de leur intégration au récit.

Jamais dans Amsterdam nous ne croyons à la tension qui règne au sein de l'histoire, elle est factice, superficielle. L'histoire même est superficielle. Ces trois amis qui partent en voyage à Amsterdam prétextant qu'ils sont à la pêche étaient une idée intéressante, c'est tout le reste qui cloche. Quand l'un d'entre eux décide de ne pas retourner au Québec au même moment que les deux autres, les situations absurdes s'enchaînent. Il y a des dizaines de détails invraisemblables de cette conjoncture (par exemple, si quelqu'un disparaît, les policiers ne penseraient pas vérifier s'il n'a pas quitté le pays? Si son passeport n'a pas été scanné quelque part?). Bien sûr si le film avait été passablement intrigant, nous ne nous serions pas attardés à ces détails, mais comme il prend peine à se développer avec un minimum de cohésion, ils nous sautent aux yeux.

Les personnages non plus ne sont pas particulièrement conséquents. On nous explique leur profondeur, on nous expose leurs démons et leurs problèmes, mais jamais on ne les comprend vraiment, de l'extérieur. Chacun d'entre eux est foncièrement tourmenté. L'un à cause de sa dépendance au jeu (qui n'a absolument aucun lien avec l'histoire), l'autre à cause de l'amour qu'il porte à une femme mariée (qui a un lien avec le récit, mais qui s'avère de plus en plus absurde plus le temps passe) et le dernier à cause de la grossesse récente de sa femme, qu'il croit adultère. Des personnages troublés au sein d'un récit saugrenu donnent un résultat plutôt perturbant, c'est inévitable. Si les tourments des protagonistes avaient pu être contrôlés, leur amertume contenue, peut-être que le produit ne serait pas aussi déstabilisant, mais, malheureusement, les personnages sont d'une ineptie incontrôlable.

Dans un film aussi « bizarre » que celui-ci, une finale étonnante sauve parfois les meubles, mais ici, elle ne fait qu'envenimer le résultat final. La réalisation conventionnelle de Stefan Miljevic n'arrive pas non plus à excuser la pauvreté du scénario et le désordre de l'histoire. Tout comme les acteurs qui - même si certains sont responsables des textes - pédalent (inutilement pourtant) pour garder le cap.

Amsterdam aurait pu être un film différent au sein de notre cinématographie, un vent de fraîcheur. Il semblait, à la base, représenter un risque, mais son allure brouillonne, son contenu désordonné, fait de lui un essai raté.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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