Affiche du film  Alpha et Omega
© Les Films Équinoxe

Alpha et Omega

Version en français
v.o.a. : Alpha and Omega
16 septembre 2010

Le roi loup

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

La compétition est maintenant féroce dans le monde de l'animation aux États-Unis. Les cinéphiles ne se contentent plus de simples longs métrages amusants pour enfants, ils s'attendent à retirer - pratiquement - autant de plaisir que leurs progénitures, en plus d'être confrontés à des débats sociaux ou du moins des réflexions pertinentes lors de leur visionnement. Alpha et Oméga ne possède assurément pas la force nécessaire pour combler les expectatives croissantes des spectateurs, petits et grands. Son histoire, insignifiante et monotone, ses images d'une qualité discutable et l'absence d'empathie pour les personnages (secondaires ou principaux) font de cette oeuvre un échec nettement prévisible.

Humphrey et Kate sont amis depuis toujours, mais lorsque Kate revient de son cours pour devenir une Alpha, un chef de la meute, elle ne peut plus s'amuser avec son vieux compagnon car elle doit chasser. Un jour, les deux loups sont transportés par des humains dans une réserve à plusieurs kilomètres de chez eux pour repeupler le territoire. Aidés par deux étranges oiseaux, Kate et Humphrey vivront une aventure remplie d'embûches et d'expériences pour retrouver leur meute avant qu'elle ne se livre à une guerre de territoire.

Pas besoin de faire une comparaison exhaustive - comme certaines se sont amusé à faire entre Avatar et Pocahontas - pour remarquer les ressemblances frappantes (presque outrageantes) entre le nouveau film de Crest Animation avec Le roi lion, de Disney. L'héritier(ière) qui ne veut pas faire face à ses responsabilités, les deux alliés rigolos des protagonistes, le méchant qui veut posséder la Terre des gentils, les trois loups guignols qui ne sont pas sans rappeler les hyènes de Scar, le troupeau de gibiers empressés, sont tous des exemples du manque flagrant d'originalité et de l'inhabilité de l'oeuvre. Certes, les films familiaux finissent tous par se rassembler, devant proposer des valeurs communes et des canevas narratifs simples, mais il est important de ne pas tomber instinctivement dans le mimétisme.

Le scénario souffre d'un manque de rythme considérable. Le récit a tendance à s'étirer inutilement dans des avenues plutôt négligeables (l'amour naissant entre la soeur de la protagoniste et celui à qui elle est promise) et se presser dans les moments les plus substantiels (les loups sont à peine arrivés dans leur nouvel environnent qu'ils trouvent un moyen de rentrer). Quelques superfluités, comme les mélodies hurlées à la lune (pourquoi ils chantent?) et les deux louves végétariennes (qui arrivent souvent dans des moments inadéquats et injustifiés), viennent également nuire à l'efficacité du film.

Tous les personnages, à l'exception de la mère - qui, dans ses élans de rages, nous fait souvent sourire -, sont insipides et caricaturaux (on n'y croit juste pas). Et ce n'est pas la présence du 3D qui améliore leur richesse à l'écran. Encore une fois, la technologie ne sert qu'à augmenter le profit et non la qualité du film. L'effet de profondeur est perceptible au début, mais rapidement, comme c'est souvent le cas, on oublie son existence (mais le 3$ de plus par personne qu'il a fallu débourser est, lui, plus difficile à oublier...).

Alpha et Oméga est (tristement) d'un ennui mortel. Parfois on peut pardonner le manque de fluidité dans la narration quand les prémisses sont originales et suscitent l'intérêt, mais, dans le cas présent, le long métrage n'a aucune excuse. Si c'est à ce genre de compétitions qui attend la compagnie Disney dans les prochaines années, elle peut dormir tranquille, sa magie est sainte et sauve.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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