Affiche du film Away We Go
© Alliance Vivafilm

Ailleurs nous irons

Version en français
v.o.a. : Away We Go
10 juin 2009

Mais avec toi

Photo Par Karl Filion

Une comédie véritablement délicieuse qui est non seulement très très drôle mais aussi très près de ses émotions. Très masculine, jusqu'à un certain point, puisqu'aux sempiternels questionnements sur « comment être un bon parent? » et « et si je mourrais? » on ajoute la question que tout homme se pose post-partum : « que va-t-il arriver à ses seins? ». Livré par une distribution talentueuse sans être tonitruante - des vedettes n'auraient rien ajouté - cette observation douce-amère et totalement « arrangée » sur la vie à deux et sur la parentalité est un pur plaisir à savourer.

Burt et Verona seront bientôt parents. Lorsqu'ils apprennent que les parents de Burt déménagent en Europe pour deux ans, ils ne tiennent plus à demeurer dans leur maison du Colorado où rien ne les retient plus. Ils décident de partir à Phoenix rencontrer de vieux amis, à Tucson rencontrer la soeur de Verona, au Wisconsin pour retrouver une vieille cousine, à Montréal rencontrer de vieux copains d'université et à Miami pour rencontrer le frère de Burt afin de trouver un endroit où installer leur petite famille. Sur leur route, de nombreux personnages excentriques viennent remettre en question leur conception de la vie à deux... et à trois.

L'humour du film de Mendes surprend par sa vivacité et son efficacité. Aux drames lourds sur la vie de banlieue à la Les noces rebelles il subtilise cette jolie petite chronique sans prétention. Inoffensive, dirait-on, si elle n'étati pas si juste. Même la plupart des personnages secondaires (et jetables) qui parsèment le récit sont, chacun à leur façon, absolument hilarants. On n'est pas en face d'un modèle de subtilité, certes, mais le message thématique passé à travers la diversité ce ces personnages n'est jamais agaçant. Au contraire, on s'étonne de l'efficacité avec laquelle les scénaristes mènent leur récit de Phoenix à Miami, en passant par Montréal. Une séquence canadienne fort décevante, d'ailleurs, vu le manque flagrant de sérieux avec lequel on l'a traité. Dommage que la ville soit si bêtement représentée dans le film avec des taxis qui ne lui ressemblent pas et du sirop d'érable comme métaphore de la fondation d'une famille unie.

La prestation de John Krasinki est une très agréable surprise; son travail est senti et efficace, autant lors des moments comiques que plus dramatiques. Sa candeur et son dévouement sont exemplaires. Maya Rudolph, moins assurée, lui donne tout de même une réplique fort intelligente et modeste. Il faut dire que son personnage est plus mitoyen, entre drame et comédie. Ailleurs nous irons est un film modeste, d'abord dans ses moyens puis dans ses intentions. Il ne s'agit pas ici de faire un recensement complet du spectre des possibilités, mais de caricaturer au nom de l'humour jusqu'à une finale plus terre-à-terre qui s'avère malheureusement mal ajustée à ce récit en particulier. On l'aurait préférée plus ludique, elle aussi.

Malgré l'aspect « mécanique » de cette panoplie de personnages « d'utilité », on sent une véritable chaleur humaine envahir, la plupart du temps du moins, ce Ailleurs nous irons. Le spectre des émotions semble rigoureusement exploité et on s'étonne et s'amuse à la fois de la répartie et de l'intelligence de ces personnages délicieusement incertains de la marche à suivre. Ce n'est pas un mode d'emploi, c'est simplement une manière ludique d'aborder la vie de parents. On peut s'amuser avec tout dans la vie.

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Photo Karl Filion

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