Affiche du film Adventureland
© Alliance Vivafilm

Adventureland

Version en français
v.o.a. : Adventureland
3 avril 2009

Avoir une aventure

Photo Par Karl Filion

Greg Mottola avait créé la commotion il y a deux ans avec l'inimitable Superbad, faîte d'un renouveau de la comédie américaine qui misait sur la vulgarité, l'honnêteté et l'amitié pour faire rire. Du même réalisateur nous arrive donc Adventureland, une comédie plus romantique que drôle, certainement maîtrisée mais loin d'être à la hauteur des énormes attentes. Et puis, il faut dire, moins efficace parce que plus prude et moins vraie, moins honnête avec ses propres personnages. Certains ne servent qu'une seule fois à un gag raté. D'autres, stéréotypés, viennent ralentir, viennent faire dévier le bon déroulement du récit, qui marque cependant des points lorsqu'il est question de romantisme.

Avant de poursuivre ses études à New York à l'automne, James Brennan avait prévu faire un voyage en Europe cet été, mais les problèmes financiers de sa famille le forcent à rester à Pittsburgh et à trouver un emploi d'été. Il se joint donc à l'équipe du parc d'attractions Adventureland, où il fait la rencontre de Em, de qui il va s'enticher, et de Connell, l'homme à tout faire du parc qui a justement une relation secrète avec Em.

L'introduction d'Adventureland, qui doit servir à installer tous les éléments mentionnés ci-haut, est expédiée sans cérémonie. C'est de la rhétorique explicative, c'est déplaisant mais il faut absolument le faire (à noter l'intelligence avec laquelle on oblige les personnages de Superbad à prendre l'autobus à l'intérieur même du récit). Là où Superbad prenait le temps d'explorer la complicité des personnages et la complexité des situations, en ne se gênant pas pour en exploiter le burlesque, ce nouveau film de Mottola se précipite dans son intrigue au détriment de plusieurs bons gags qui ratent complètement. Si bien qu'on ne rit que très rarement dans Adventureland, alors que les personnages, interchangeables et réutilisables, font un gag bidon (genre, se frapper les couilles ou avoir une érection incongrue) avant de disparaître. Rien de bien convaincant de ce côté.

Il y a cependant une justesse juvénile dans cette découverte de l'amour qui, contrairement au reste, n'est pas précipitée. Elle est en fait particulièrement jolie, tandis que la jeune Kristen Stewart, vedette intergalactique depuis sa prestation dans Twilight, joue avec une sensibilité particulièrement juste un rôle de découverte et d'abandon qui flirte avec le réalisme des amours d'adolescence. Jesse Eisenberg, peu charismatique, ne se débrouille pourtant pas mal du tout même si son personnage est rarement assez solide pour transporter le récit.

Au fur et à mesure que le film avance, il devient plus sérieux, plus « romantique » mais aussi plus efficace. Si bien que le dénouement, même s'il s'allonge un peu inutilement, fonctionne à merveille. Les effets soutenus des protagonistes pour être aimés sont attendrissants, révélateurs aussi, et le film, enrobé dans une esthétique des années 80 - en passant, il n'y a pas vraiment de raison de camper le film en 1987, sinon que c'est cool et que la musique rappelle des souvenirs - s'avère beaucoup plus efficace qu'au niveau comédie.

Adventureland est donc un film supérieur à la moyenne dans ses intentions et ne saurait être confondu avec une banale comédie pour adolescents. Ses thèmes et ses prétentions vont au-delà des American Pie 4 : Band Camp et autres inepties, sans avoir la justesse comique et sociologique de l'immanquable Superbad. Niveau romantisme, pourtant, le réalisateur et ses interprètes sont d'une grande efficacité.

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Photo Karl Filion

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