Affiche du film  Paranormal Activity 2
© Paramount Pictures

Activité paranormale 2

Version en français
v.o.a. : Paranormal Activity 2
22 octobre 2010

Des fantômes et des hommes

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

L'an dernier, le film Activité paranormale en a surpris plus d'un en amassant 107 millions $ au box-office nord-américain alors que le long métrage n'avait coûté que 15 000 $ à produire. Dans ces conditions - un peu à l'image du succès instantané qu'a connu Le projet Blair en 1999 -, le film méritait amplement l'attention qu'on lui a octroyée. Mais la suite, aussi angoissante et effrayante soit-elle, nous apparaît très rapidement comme une démarche perverse pour générer facilement un revenu substantiel. Aucun salaire important à débourser, une équipe réduite, des effets spéciaux généralement faciles à exécuter et un résultat percutant; pourquoi s'en passer?

Après que la maison d'une famille soit cambriolée et vandalisée, le père décide d'installer des caméras de surveillance dans plusieurs pièces de la maison pour assurer la sécurité. Plusieurs phénomènes étranges et surnaturels commencent à se produire dans la maisonnée, inquiétant tous les membres de la famille et principalement la mère qui, dans sa jeunesse, a fait quelques séances ésotériques dont elle garde un très mauvais souvenir.

Lorsqu'on tourne une suite, et surtout aussi rapidement (moins d'un an), on doit, pour maintenir l'intérêt général du public, se renouveler, s'améliorer, pour prouver, d'une certaine façon, qu'un nouvel opus était pertinent, voire nécessaire. Même si l'histoire d'Activité paranormale 2 est un nouveau récit, les corrélations que l'on effectue avec le premier film à différents moments dans la narration (c'est un prequel) permettent une meilleure cohérence et assouvissent la curiosité des fervents de la (courte mais prometteuse) franchise.

Le principe d'utiliser des caméras intra-diégétiques (appareils de surveillance et caméra amateur) est rapidement profitable puisque le public a un sentiment d'immersion considérable, contrairement à des plans traditionnels qui filment les personnages à leur insu. La présence de la caméra amateur, le plus souvent manoeuvrée par l'adolescente, est par contre beaucoup trop présente pour conserver cette qualité d'attraction si favorable dans les films d'horreur. Lorsque la peur nous envahit, que notre vie et celle de nos proches sont en danger, il est rare que notre première réaction est de prendre une caméra et de filmer ce moment mémorable pour en garder un souvenir significatif. Il en va de même pour des conversations insignifiantes avec son petit copain ou des causeries paniquées concernant un sombre passé avec sa soeur aînée.

Le silence occupe une place importante dans le récit et permet de faire monter considérablement l'affolement dans l'assistance, effrayée par chaque bruit inhabituel - comme le sont les protagonistes à l'écran. Les moments de tension sont efficacement calibrés et épars pour maintenir l'anxiété sans devenir prévisible et attendu.

Malgré tout l'effort que déploie le film pour nous faire croire aux événements surnaturels qui surviennent dans la résidence de cette famille américaine, certaines incongruités techniques et extravagances scénaristiques (une force invisible qui entraîne une femme jusqu'au sous-sol - pourquoi le sous-sol d'ailleurs?) nous ramènent dans notre réalité de cinéphile dépourvu d'esprit démoniaque ou de pacte diabolique. Si nous n'avions pas cette volonté déplacée de sur-utiliser une idée brillante, peut-être qu'Activité paranormale aurait traversé les époques comme un succès honnête et influent, mais, puisque l'homme capitaliste (et le cinéma américain) est ce qu'il est, on se souviendra surtout de l'argent empoché grâce à ses suites... presque trop facile.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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