Affiche du film  Get Him to the Greek
© Universal Pictures

72 heures

Version en français
v.o.a. : Get Him to the Greek
4 juin 2010

Mon ami vedette

Photo Par Karl Filion

De la part du réalisateur de Forgetting Sarah Marshall, cette comédie promettait d'être un moment important de l'année cinématographique côté comédie. Si on avait seulement droit au quart de la moitié de l'inspiration de ce dernier, on allait être en face de la meilleure comédie de l'année jusqu'à maintenant. Les quelques moments inspirés de Get Him to the Greek ne suffisent pas à faire oublier ses longueurs et la simplicité avec laquelle le film aborde le concept de vulgarité au cinéma. Un succès mitigé.

Le jeune Aaron Green travaille pour une compagnie de disques en difficulté. Il propose à son patron d'organiser un grand concert anniversaire du passage de la rock star Aldous Snow au Greek Theater de Los Angeles. Snow, en perdition depuis la sortie de son simple African Child, a de graves problèmes de drogue et d'alcool et fait la une de tous les journaux à potins. C'est à Aaron qu'incombe la tâche d'aller le chercher à Londres afin de s'assurer qu'il se présente au spectacle, et en bon état. Ce voyage mettra à rude épreuve le couple d'Aaron.

S'ouvrant sur un hilarant montage télévisuel à la Entertainement Tonight, Get Him to the Greek a plusieurs bons flashs et peut compter sur un personnage riche et haut en couleur. Aldous Snow est vraiment hilarant. Son auto-suffisance, son charisme et son attitude en font un personnage qui serait tout simplement incapable d'être ennuyant même s'il le voulait. Ce n'est malheureusement pas le cas de tout le monde dans cette production mineure de Judd Apatow qui a l'esprit, mais pas l'invention de ses meilleures comédies.

Et il y a une raison à cela. Oui, la complicité des deux vedettes est exceptionnelle et leur dévouement exemplaire. C'est essentiel dans une comédie. Même quand le film s'égare dans des moments d'une vulgarité insignifiante (à la différence de la vulgarité signifiante, c'est-à-dire où elle souligne un malaise généralisé plutôt qu'individuel (avoir un sac d'héroïne dans le cul, c'est seulement gênant pour la personne qui l'a)) Jonah Hill et Russell Brand parviennent à faire rire. Ce n'est malheureusement pas le cas des personnages secondaires, et lorsque l'histoire dévie pour eux, elle perd ce qui faisait tout son intérêt : la complicité et Snow. Tant et si bien que plus le film avance, plus on perd tout intérêt pour les aventures du chanteur, qui deviennent redondantes et qui appuient trop fortement sur des blagues ratées.

La réalisation souffre aussi de ces égarements du scénario. Parfois particulièrement peu inspirée, elle tente de voler la vedette avec des artifices qui nous éloignent de la véracité de la situation et de l'observation (le portrait qu'on dresse des grandes vedettes n'est pas anodin). Sans doute que le scénario ne se serait pas suffit à lui-même. Cela est d'autant plus évident dans les moments sentimentaux, qui ratent eux aussi leur cible.

Au final, Get Him to the Greek est un film mineur qui était bourré de promesses comme il y en a chaque année. Il n'a pas la maturité subtile des meilleurs films de son genre - celui de la comédie vulgaire - mais il parvient tout de même à décocher quelques blagues efficaces. Il ne repousse pas les limites, mais n'échoue pas non plus. Aucune chance cependant que l'on s'en souvienne comme d'un moment marquant.

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Photo Karl Filion

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