Affiche du film 5150 rue des Ormes
© Alliance Vivafilm

5150 rue des Ormes

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : 5150 Elm's way
7 octobre 2009

Ce qui est juste

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Après son adaptation audacieuse du roman Sur le seuil en 2003, le réalisateur Éric Tessier collabore une nouvelle fois avec le romancier Patrick Sénécal. Les écrits de ce dernier ont attiré l'attention des cinéastes, mais c'est seulement six ans plus tard, en 2009, que l'intérêt devient manifeste. Ponctué d'une ambiance musicale bigarrée et de diverses références bibliques, 5150 rues des Ormes a tout pour charmer, du néophytes au plus novice du style ténébreux de Sénécal, tant par la réalisation que par la brillante performance des acteurs.

Yannick Bérubé, qui vient de déménager dans une ville étrangère pour faire des études cinématographiques, prépare un film sur son nouvel environnement lorsqu'il tombe à bicyclette et réclame l'aide de Jacques Beaulieu, résident du 5150 rue des Ormes. Voulant panser l'une de ses blessures, Yannick entre dans la maison de Monsieur Beaulieu, malgré la contre-indication de ce dernier. Il entend alors des cris de détresse au premier étage et décide de monter pour voir d'où ils proviennent. Ce qu'il découvre au premier étage du 5150 rue des Ormes lui coûtera la liberté et ébranlera profondément ses convictions envers l'espèce humaine.

Les acteurs principaux, Marc-André Grondin et Normand D'Amour, donnent une admirable performance. L'affolement et l'aliénation des protagonistes sont palpables, troublants. Chacun croit savoir ce qui est bien et juste, mais finit par en douter au contact de l'autres. Mylène St-Sauveur est également incroyable sous les traits de l'adolescente violente et impulsive de la famille, Michelle. Un rôle psychotique comme celui-là est un cadeau pour un acteur et la comédienne de 18 ans a su exploiter les travers de son personnage avec sagesse et parcimonie au grand plaisir des spectateurs.

L'ambiance musicale variée, passant radicalement du heavy metal au classique, et des plans de caméra riches et nuancés, amènent une certaine discordance, conséquente à la démence du récit. Trop souvent, le passage du médium « littérature » à celui de « cinéma » (n'utilisant pas les mêmes canevas, les mêmes instruments) est dérangeant pour le public qui a le sentiment de lire un roman malgré les images qui défilent devant lui. Le film d'Éric Tessier n'a pas ce défaut. Peut-être est-ce parce que le scénariste est également l'auteur (donc connait bien ses personnages, leurs mésaventures et l'environnement qu'ils habitent), mais les textes et les mises en scène sont parfaitement adaptés au support cinématographique, mis à part certains moments, appuyés fortement par la voix-off et plus romanesques.

Chaque personnage de cette famille catholique et, en apparence, paisible est développé savamment au gré de l'histoire. Sans longueur marquante, ni cliché, le film avance ses bons pions au bon moment, ayant aux commandes des joueurs renommés, et comme stratégie, des techniques efficaces. Échec et mat.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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