Affiche du film  5 ans de réflexion
© Universal Pictures

5 ans de réflexion

Version en français
v.o.a. : The Five-Year Engagement
27 avril 2012

Préparation au mariage

Photo Par Karl Filion

Il y a dans la comédie américaine une tendance - particulièrement dans l'écurie Judd Apatow - à la « désobéissance » cinématographique. On aborde des sujets parfois tabous, on parle de sexe crûment; en résumé, on ajoute une honnêteté aux situations cinématographiques habituelles. Mais cela se fait souvent en appui à une vision conservatrice (peut-être simplement américaine...) de la vie. Au menu cette fois-ci, le mariage, comme institution, formalisée, balisée par des traditions, et dont chacun se fait sa petite idée, son opinion bien à lui.

Cela transparaît dans Five-Year Engagement. Voilà un film trop long, qui a trop d'idées et trop de personnages - trop de bonnes intentions peut-être - qui se perd dans toutes sortes de directions contradictoires et, ce sans grande inspiration. Même les acteurs, dont la complicité n'est jamais vraiment perceptible à l'écran, s'avèrent assez peu inspirés.

On pourrait résumer Five-Year Engagement ainsi : quelques bons gags, qui sont oubliés à peine une heure après la projection, et c'est tout. L'humour y est pour le moins diversifié : des blagues de pénis, de grands-parents morts, de Sesame Street, d’amputation, de chasseurs, de cuisiniers, de meilleur ami, des blagues parce qu'il fait froid au Michigan, des blagues de chutes, des blagues de porte dans le front, des blagues de jeunes, de vieux, d'Anglais, de Juifs, de masturbation, même de salaire, de barbe et de tricot - et bien sûr des blagues de mariage.

Impossible que l'humour atteigne un deuxième ou un troisième niveau, impossible de bâtir une blague récurrente lorsqu'on tire dans toutes les directions de cette façon. Et un signe qui ment rarement : plusieurs des scènes présentées dans la bande-annonce ne se retrouvent pas dans la version finale du film... On ricane beaucoup, sans rire vraiment, sans que les blagues, de toute façon, ne s'inscrivent dans une logique plus globale.

D'autant qu'on a déjà vu récit plus inspiré; la routine que ressentent Tom et Violet dans leur couple, on le ressent aussi. Plus le film avance (et croyez-moi, c'est long), plus il devient évident que ces deux personnes ne sont pas faites pour être ensemble à ce moment de leur vie. Il n'y a donc pas vraiment d'enjeu à savoir s'ils vont rester ensemble ou non, puisque leur quotidien est une torture, un fardeau impossible à justifier. Il faut l'intervention du « gars des vues » pour les/nous convaincre du contraire, et bien honnêtement...

Dommage, car le tandem Jason Segel/Nicholas Stoller avait fait des merveilles avec Forgetting Sarah Marshall, une comédie vraiment rafraîchissante qui détournait habilement les attentes des spectateurs liées à la comédie romantique. Five-Year Engagement est beaucoup plus conservateur qu'il ne voudrait le croire, autant dans ses thématiques que dans son humour convenu. On espérait mieux, beaucoup mieux.

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Photo Karl Filion

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