Affiche du film  360
© Les Films Séville

360

Version originale en anglais
2 août 2012

Deux moitiés, trois tiers et quatre quarts

Photo Par Karl Filion

Un film comme 360 pose plusieurs problèmes d'évaluation. Il serait tout à fait possible de le décortiquer en autant de petites parties individuelles qu'il y a d'idées, de prendre chaque histoire et de la peser individuellement en évaluant la performance des acteurs, le réalisme des dialogues, la beauté des images, etc., de faire une moyenne et de donner une note sur 100. Mais ce ne serait pas honnête envers ce film qui met tant d'efforts dans l'idée d'universalité, de citoyen global, dans l'idée de traverser les frontières. Comme toutes les parties forment un Tout, voyons le Tout.

Sorte de film choral misant sur le fil ténu qui unit une escorte, sa soeur, un homme d'affaires Britannique, sa femme, son amant à elle, sa petite amie à lui, un dentiste parisien, son assistante, un vieil homme à la recherche de sa fille disparue, un ancien détenu, un garde du corps, son patron mafieux et le proxénète (ouf! j'en oublie sûrement), 360 s'accable sans véritable raison à lier toutes ces histoires, dont l'affinité thématique aurait été amplement suffisante pour créer une oeuvre globale. Ici, on doit plutôt manipuler les circonstances pour que l'une devienne l'employée de celui-là, et la soeur de l'autre, et le processus est lourd en plus d'être inefficace (et lent).

D'autant que la proposition du réalisateur Fernando Meirelles, qui est pourtant responsable de The Constant Gardener et de Blindness, est simpliste et décevante. Peut-être parce que ses concepts (360°, les langues, la lecture, la synchronicité, etc.) sont déjà usés - ce qui n'est pas tout à fait exact, il faudrait plutôt dire qu'ils sont élémentaires, qu'ils demeurent en surface avec des conclusions philosophiques de premier niveau qui ont déjà été émises dans d'autres contextes. Dans une ambiance de réflexion et d'observation comme ce qui nous est proposé ici, aussi bien dire que l'exercice est vain.

Les images, baignées d'un constant air de déjà vu (c'était peut-être volontaire, cela serait dans le ton), créent une ambiance clinique et froide qui détonne d'avec la chaleur des humains que sont les personnages. C'est donc pratiquement sans s'en rendre compte qu'on ne ressent jamais de véritable connexion entre eux et avec nous. Le résultat étant qu'on s'ennuie, et longtemps.

Et que dire de la conclusion, tellement moralement juste qu'elle dégoûte et détonne dans un contexte où l'humanisme est une thématique centrale. À ce point, que les acteurs, connus et inconnus, soient bons (les inconnus) ou moins bons (les connus, trop redondants) n'est plus du tout important; pas étonnant non plus que les enjeux deviennent anodins et qu'ils nous laissent indifférents. C'est tout.

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Photo Karl Filion

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