Affiche du film  30 Minutes or Less
© Sony Pictures

30 minutes ou moins

Version en français
v.o.a. : 30 Minutes or Less
12 août 2011

Pas gratuit

Photo Par Karl Filion

Quand Ruben Fleischer a présenté, comme premier film, l'innovateur et hilarant Zombieland, en 2009, on a été époustouflé par sa proposition déjantée. Son travail de réalisation ajoutait quelque chose au film, une plus-value exclusive au cinéma qui rendait l'expérience encore plus fascinante. C'est en comparaison de cette grande réussite qu'on mesure la légère déception qu'est 30 Minutes or Less, son deuxième film, beaucoup moins audacieux et de ce fait bien moins palpitant. Niveau comédie, 30 Minutes or Less n'a rien à envier aux autres grands succès du genre, mélangeant avec efficacité un humour salace misant sur des vulgarités verbales et visuelles et un humour de situation découlant d'un portrait délirant des deux rednecks américains typiques.

Cette vulgarité est signifiante, basée sur des observations sociales qui, sans juger expressément, soulignent certains traits de caractère de l'Amérique. Il ne s'agit pas de vulgarité gratuite. En rire pour mieux se moquer, c'est ce que fait gracieusement le film lorsqu'il fait dire à Jesse Eisenberg (efficace dans un rôle qu'il connait bien, peut-être trop) qu'il n'est pas sur Facebook. Ce sont les mêmes obsessions que d'habitude : prouver qu'on n'est pas gai, propager une misogynie à peine cachée, aimer les vieux classiques, parler de baiser tout ce qui bouge, etc., mais 30 Minutes or Less parvient à rester frais malgré tout en renouvelant ces blagues tirées de thématiques convenues.

En ce sens, la présence de l'humoriste Aziz Ansari est plus ou moins convaincante. Pas qu'il ne soit pas drôle, mais plutôt qu'il semble constamment être en train de répéter un numéro d'humour particulièrement bien rodé. C'est toujours le cas, bien sûr, en humour et dans les comédies, mais on parvient habituellement à nous faire croire à l'impromptu de la situation. Et à son absurdité, puisque c'est ici au centre de la démarche. Or, Ansari semble être sur une scène.

Excepté ces blagues souvent étonnantes (et même parfois subtiles), on ne trouve rien de bien nouveau, visuellement, dans 30 Minutes or Less. L'influence de ce qui se dessinait comme le « style » de Ruben Fleischer est pratiquement imperceptible, lui qui filme très simplement les (nombreuses) séquences d'action. Le travail de caméra est si anodin que le film parvient, même à tout juste 83 minutes, à s'essouffler à une ou deux occasions alors que le scénario prend des détours un peu forcés. L'imbécilité des personnages ne justifie pas tout...

Cela dit, l'ensemble de la distribution s'amuse apparemment, alors que Danny McBride et Nick Swardson sont tout simplement hilarants dans le rôle des deux idiots qui ont une mauvaise idée. Cela ne suffit pas à faire de 30 Minutes or Less un nouveau classique de la comédie américaine, même si on y retrouve certaines des meilleures idées de la dernière année en humour. Cela permet au film d'être une comédie réussie, sans se démarquer davantage.

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Photo Karl Filion

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