Affiche du film  21 Jump Street
© Sony Pictures

21 Jump Street

Version en français
v.o.a. : 21 Jump Street
15 mars 2012

Dans mon temps c'était...

Photo Par Karl Filion

Il y aurait plusieurs choses à décortiquer si on voulait comprendre pourquoi 21 Jump Street est un film si réjouissant, si drôle et si étonnant. On peut tenter le coup, d'ailleurs : une auto-dérision à tout casser, un humour diversifié misant sur une profonde connaissance des obligations et des attentes liées au genre, des interprétations dans le ton et un scénario conscient de ce qui l'a inspiré (un caméo de Johnny Depp étant le plus petit exemple de cette conscience). Même si tout ce qui compte, c'est qu'il soit drôle, et non pas comment il l'est, ce n'est certainement pas le fruit du hasard...

Channing Tatum et Jonah Hill sont hilarants dans les rôles principaux de deux policiers différents (le nerd et l'athlète) qui se sont connus à l'école secondaire. Chargés d'infiltrer une école alors qu'ils sont bien plus âgés, ils voient que les rôles sont maintenant inversés et que ce qu'ils ont connu de l'école secondaire n'est plus tout à fait exact. Pour quiconque a fréquenté l'école secondaire (c'est-à-dire... tout le monde?) cette observation des moeurs scolaires est déjà une dynamique introduction à un récit qui recèle de bien d'autres surprises. Les quelques séquences dans les classes et les corridors sont donc aussi amusantes qu'imprévisibles...

La manipulation des codes liés au genre des films policiers (une poursuite en voiture est, en ce sens, fort révélatrice) démontre aussi un véritable respect des films qui les ont instaurés. Les personnages dans le film ont été influencés par les films qu'ils ont vus - des films qui sont les mêmes que ceux qu'ont vus les spectateurs dans la salle. Ce retournement narratif relativement récent est toujours rafraîchissant et dynamise l'idée de divertissement cinématographique. Et de placer la scène finale du film en plein bal des finissants (même si elle n'a rien à voir avec les scènes habituelles de Roi et Reine du bal) est assez « conscient » aussi...

21 Jump Street est donc un superbe exemple d'une auto-dérision maîtrisée au service de l'humour. Et le récit, le scénario, n'en souffre pas : les rappels sont nombreux et cohérents, les revirements dramatiques intéressants même s'ils sont parfois un peu poussés. Mais ces éléments plus faibles (une histoire d'amour en demi-teinte et un échange de drogues raté) ne s'étirent pas trop. Le film n'est cependant jamais aussi efficace que lorsqu'il se concentre sur la relation entre les deux héros.

C'est pour ces raisons que 21 Jump Street est si drôle et si efficace. Et bien honnêtement, il ne pourrait pas être plus réussi, dans ce genre très spécifique qu'il exploite à merveille entre un humour jeune et dynamique et un respect des inspirations qui ont permis à tous ces remakes d'exister. L'humour est au centre de tout, mais pas aux dépens d'une histoire cohérente et de personnages intéressants. Une belle réussite.

Partager sur : Twitter Facebook
Photo Karl Filion

Mes dernières critiques

Alexandre et sa journée épouvantablement terrible, horrible et affreuse
Le juge
Les apparences
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
2 temps 3 mouvements
Qu'est-ce qu'on fait ici?
L'épreuve : Le labyrinthe
Aimer, boire et chanter
Site conçu et développé par Logo Libéo
Représentation publicitaire par Logo Moviefone
© 2016 Média Happy Geeks inc. Tous droits réservés.