Affiche du film  1er amour
© Les Films Séville

1er amour

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : First Love
20 juin 2013

Pas dernier amour

Photo Par Karl Filion

Le premier long métrage de fiction de Guillaume Sylvestre, qui est aussi responsable des documentaires Durs à cuire et Sauvage, propose une fine observation de moeurs où les interprètes - couplés à une réalisation maîtrisée (à défaut d'être ambitieuse) - s'avèrent suffisamment crédibles pour rendre l'expérience convaincante et engageante. Si le récit n'étonne guère par son originalité, il est tout de même rigoureusement construit, et, malgré quelques flottements, finit toujours par happer fortement le spectateur lorsque jaillissent les moments de véracité. Simple mais efficace.

Ces cruels moments de vérité émotive, qui passent par une ligne de dialogue, un geste délicat, même une intention, contribuent à faire du « monde » de 1er amour un endroit clos d'un réalisme poétique engageant. Et si les longs plans de nature ou les inserts d'insectes ne sont pas les plus inspirés, ils s'inscrivent bien dans ce contexte où, dans un lieu limité dans le temps et dans l'espace, se déroulent d'inévitables péripéties que rien ne peut stopper. Évitant habilement de culpabiliser outre-mesure ses personnages, le film suggère qu'on ne contrôle pas toujours ce que l'on fait, ce qui au cinéma n'est pas l'évidence vu la nécessité de justifier les personnages et leurs actions.

Si Benoît Gouin et Sylvie Boucher sont des acteurs de talent (et qu'il fait bon de voir Gouin dans un rôle plus consistant que les « caméos » auxquels il est habitué), leur jeu plus académique transparaît face à l'innocence et la pureté du jeune Loïc Esteves (fasciné et fascinant) et de Marianne Fortier (tout à fait convaincante et charmante) et de l'instinct maternel (désarmant de véracité) de Macha Grenon. Sans que cela ne nuise véritablement au récit, cela dit, qui ne doit pas de toute façon être compris comme « réaliste ».

Dommage que le film, si court (80 minutes), se termine avant de proposer une véritable résolution, qui contribuerait à enrichir les personnages (mais qui pourrait tout faire rater aussi). 

Car le charme de ce film tient justement de sa modestie généralisée; sans effusions mélodramatiques (et sans pour autant gaspiller ses émotions), le long métrage se concentre sur des éléments simples qui sont ainsi magnifiés par la faculté d'observation du réalisateur. Les comédiens efficaces, qui ont tour à tour un moment pour briller, y sont aussi pour beaucoup. Il ne s'agit certes pas de révolutionner le cinéma avec 1er amour; techniquement et thématiquement, le film est peu ambitieux. Il est pourtant très bien fait, et laisse présager un cinéma à fleur de peau sous l'oeil avisé de Guillaume Sylvestre.

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Photo Karl Filion

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