Affiche du film  1987
© Les Films Séville

1987

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : 1987
5 août 2014

L'été de mes 17 ans

Photo Par Karl Filion

Il y en a eu d'autres, des portraits d'adolescence, des récits de « coming-of-age » où, au cours d'un été ponctué de moments marquants, des personnages passent à l'âge adulte grâce aux leçons ainsi apprises, et il y en aura d'autres encore, pourtant aucun ne ressemble à 1987. Grâce à des dialogues et des interprètes efficaces, Ricardo Trogi parvient à raconter une histoire personnelle avec assez d'humour et d'intelligence pour évoquer des souvenirs collectifs. Ce n'est pas une révélation, mais en 1987 ou en 2014, les adolescents se ressemblent tous un peu - leurs parents aussi - et 1987 en tire pleinement profit avec ses observations amusantes et révélatrices.

Encore plus que dans 1981, Trogi démontre dans ce nouveau film une maîtrise des outils ludiques du cinéma, ce qui permet de constamment dynamiser le récit (qui est peut-être un peu trop long, s'il fallait être pointilleux) au fil des péripéties. Une savante économie renforce aussi l'impact des moments d'intensité, qui sont savamment dispersés; pensons à ce plan-séquence au restaurant, ou à ces mentions écrites superposées aux personnages dont on n'entend pas les répliques. Des interventions du réalisateur qui s'avèrent particulièrement convaincantes dans un film qui est aussi à l'aise dans le drame que la comédie.

Les interprétations convaincues sont dans le ton, à commencer par Jean-Carl Boucher, solide, qui reprend le rôle de l'attachant Ricardo. Son timing comique est mieux affirmé encore que dans 1981, lui qui est, encore une fois, de toutes les scènes. Idem pour ses amis, interprétés par Pierre-Luc Funk, Simon Pigeon et Laurent-Christophe de Ruelle, trois jeunes acteurs capables de faire rire sans en faire des tonnes. C'était essentiel dans un film aussi près de ses personnages. Sandrine Bisson et Claudio Colangelo, dans le rôle des parents, sont aussi très efficaces et très crédibles malgré de trop courtes scènes.

Comme son prédécesseur, 1987 joue à fond la carte de la nostalgie, une grande partie de l'humour du film étant basée sur les accoutrements et coupes de cheveux ridicules des personnages. Mais il y a plus, et derrière ce récit charmant, on trouve de quoi réfléchir et s'émerveiller de ce que sont capables, dans leur maturité en voie d'être définie, les adolescents, une richesse que le cinéma ne cesse d'exploiter, et pas toujours avec ce talent. Ricardo Trogi le fait à sa manière avec 1987, une comédie dramatique dont l'humour est au service du récit plutôt que l'inverse. Et le drame, humain, paraît véritable.

Voici une nouvelle preuve que la comédie est un genre tout à fait respectable si on l'aborde avec sérieux. On le dit souvent en ces pages et on le répète : des personnages multidimensionnels sont une richesse pour l'humour (comme pour le drame), ce sont eux qui permettent à l'humour de s'élever au-delà du cabotinage. Bonne nouvelle, les acteurs de 1987 sont à la hauteur du défi.

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Photo Karl Filion

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