Affiche du film  10 Cloverfiel Lane
© Paramount Pictures

10 Cloverfield Lane

Version en français
v.o.a. : 10 Cloverfield Lane
11 mars 2016

L'intra-terrestre

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Cloverfield avait été un succès complètement inattendu au sein de l'offre cinématographique américaine en 2008 alors que le film, au budget de 25 millions $, avait fait des recettes impressionnantes de 170 millions $ dans le monde. Ma crainte avec la suite de ce suspense de science-fiction produit par J.J. Abrams venait principalement du fait que le nouveau réalisateur tente de pasticher le film original et nous propose une autre de ces oeuvres filmées à l'épaule qui donnent des maux de tête et des nausées irréversibles aux spectateurs avant même d'installer la tension désirée. Heureusement, Dan Trachtenberg n'a pas eu recours à la contrefaçon, il a utilisé son propre style, et nous en sommes (nous, fragiles du coeur) reconnaissants. 

Même si ce paramètre n'a pas été repris dans le nouveau film, on y retrouve quand même la même intensité dramatique. 10 Cloverfield Lane nous garde sur le bout de notre siège du début à la fin. La musique, le montage, le jeu des acteurs et la réalisation, tout est en place pour faire sursauter le spectateur à chaque détour. Bien que le film peut « faire peur » à certains cinéphiles plus timorés (dont je suis), nous ne sommes pas ici dans « l'horreur » à proprement parler. Il y a quelques images un peu plus effrayantes que les autres (des visages à moitié décapités et des corps ensanglantés), mais le film profite davantage de sa tension, bien installée dès son amorce, que de ses atouts plus gore. 

Mary Elizabeth Winstead, une habituée des suspenses d'épouvante (elle a été de la distribution de Final Destination 3 et Death Proof), fait un travail admirable dans le rôle de la jeune femme kidnappée par un homme mystérieux qui prétend être son sauveur. Ne tombant jamais dans la caricature, Winstead parvient à entraîner le spectateur avec elle dans son aventure. Ses émotions sont sans cesse chamboulées alors qu'elle remet continuellement en doute l'intégrité de son hôte. John Goodman incarne, pour sa part, le fataliste qui héberge la jeune femme entre les murs de son refuge post-apocalyptique. Le comédien, qui interprétait Fred Caillou à une certaine époque, est très habile pour nous amener à contester son honnêteté et les raisons pour lesquelles il accueille deux inconnus dans ce sanctuaire qui lui est si cher. Mentionnons que John Gallagher Jr. livre aussi une performance probante dans le rôle du troisième locataire. 

Dès l'introduction haletante, probablement inspirée du cinéma d'Hitchock, le film transporte le public dans son univers inquiétant et délétère. Même s'il n'atteindra plus l'efficacité et l'intensité de ces premières minutes, celles-ci profitent à l'ensemble en ce sens qu'elles établissent un climat patibulaire duquel le long métrage ne se dissociera jamais. Les gros plans, la musique alarmiste et la bonne utilisation du champ et du hors-champ font de 10 Cloverfield Lane une réussite incontestable en son genre.

* Attention aux oreilles sensibles, comme il s'agit d'un film de Paramount, il est traduit en France.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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