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OSS 117 - Lost in Rio

Version originale en français avec sous-titres en anglais
v.o.f. : OSS 117 : Rio ne répond plus

Classement
Visa général
Genre
Comédie d'espionnage
Pays d'origine
France
Durée
1h41
Date de sortie
24 juillet 2009
Réalisateur
Michel Hazanavicius
Acteurs
Jean Dujardin, Louise Monot, Rüdiger Vogler, Alex Lutz, Ken Samuels, Reem Kherici
Studio de production
Gaumont
Distribution
TVA Films
Synopsis
Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, est l'espion français considéré par ses supérieurs comme le meilleur de sa profession.

En cette année 1967, il est envoyé en mission à Rio de Janeiro, à la recherche d'un ancien dignitaire nazi réfugié en Amérique du sud après la guerre. Les péripéties de son enquête vont l'amener à traverser le Brésil, de Rio à Brasilia en passant par les chutes d'Iguaçu, accompagné d'une charmante espionne du Mossad, elle aussi à la recherche du nazi.

L'homme a du charme, la jeune femme aussi, et, sur fond de bossa-nova, ils vont alterner aventure et histoire d'amour.
3 étoiles
Par Karl Filion
L'auto-suffisance est un vice

Le meilleur agent secret français, OSS 117, reprend du service alors qu'il se rend au Brésil afin de retrouver un ancien médecin nazi exilé. Moins efficace mais surtout moins rythmé, ce nouveau film relatant ses palpitantes aventures a bien quelques bons moments inspirés et cet humour bon-enfant qui avait fait le succès, bien mérité, d'OSS 117 : Le Caire, nid d'espions. Les ingrédients sont réunis, de Jean Dujardin, comique talentueux, aux nombreux quiproquos qui font d'Hubert Bonisseur de la Bath le Français le plus bête depuis François Pignon dans Le dîner de con. Une vraie tête de vainqueur.

De retour d'une dangereuse mission en Asie, OSS 117 est affecté au Brésil, où il doit retrouver un médecin nazi qui a en sa possession des microfilms contenant les noms de collaborateurs français. Devant faire équipe avec une agente d'élite du Mossad qui le tient en haute estime, Hubert Bonisseur de la Bath aura l'occasion de démontrer toute l'étendue de son... talent.

Enfilant presque sans altération le costume d'OSS 117, Jean Dujardin, taillé sur mesure pour le personnage, est à nouveau d'une extrême efficacité dans ce rôle riche et foisonnant. Les possibilités humoristiques infinies de cet imbécile fini trouvent leur écho dans la première moitié du film, qui est certainement la plus inventive. C'est lors de la seconde partie, alors que les fils de l'intrigue se dénouent et qu'on a pris plus de libertés absurdes que nécessaires, qu'une certaine lassitude se fait sentir. Le film est certainement aussi drôle que le premier, mais beaucoup plus dilué et donc moins palpitant. D'autant que l'histoire a moins de résonnance contemporaine que lorsqu'elle se déroulait au Proche-Orient.

La réalisation appuie efficacement les stéréotypes habituels : misogynie, racisme, ignorance, bêtise pure... Le scénario, plus limité que la fois précédente, est cependant beaucoup moins juste. L'auto-suffisance du personnage, qui fait tout son humour et qui pouvait être un ressort humoristique d'une rare efficacité, s'avère moins infaillible qu'on l'a déjà vue, en particulier parce qu'après Dujardin, le déluge; aucun acteur secondaire ne parvient à lui tenir tête niveau humour - même niveau drame, honnêtement - si bien que les meilleurs dialogues ont lieu alors qu'OSS se bat contre un crocodile. Un peu regrettable.

La réalisation tente donc de compenser avec divers effets de styles qui, lorsqu'ils relèvent de l'auto-dérision et de la référence cinématographique, s'avère plutôt agréables. Mais lorsqu'il s'agit de voler la vedette à Dujardin, rien n'y fait, et on voit plutôt la conclusion d'une comédie efficace être repoussée inutilement, et dans l'ennui. Plus court, OSS 117 : Rio ne répond plus aurait été presque parfait.

OSS 117 a cependant une autre belle qualité : celle de pouvoir faire rire à les fois les esprits plus perspicaces, au fait des soubresauts politiques qui forment la tapisserie de ses aventures, et ceux, plus aisément satisfaits, qui ne recherchent que le divertissement. Pour expliquer cette légère déception accompagnant le deuxième volet des aventures d'OSS 117, peut-être faudrait-il simplement blâmer l'effet de surprise qui n'y est plus?