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Deux jours à tuer

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Deux jours à tuer

Classement
Visa général
Genre
Drame psychologique
Pays d'origine
France
Durée
1h25
Date de sortie
11 juillet 2008
Réalisateur
Jean Becker
Acteurs
Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck, Alessandra Martines, Cristiana Réali, Mathias Miekuz
Studio de production
StudioCanal
Distribution
Les Films Séville
Synopsis
Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l'argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s'est-il passé chez cet homme pour qu'il change si étrangement de comportement ?
4 étoiles
Par Karl Filion
Toute vérité est bonne à dire
Si, à une certaine époque déjà lointaine, le cliché voulait que les films français soient tous des énergumènes très bavards où les infidélités et les injures pleuvent, il faut avouer que ce qu’on a si gentiment accueilli sur les écrans québécois ces dernières semaines provenant de l’Hexagone a bien fait mentir cet axiome. Du clinquant 99 F à l’excessif Astérix aux Jeux Olympiques, du meilleur au pire, ils se font bien rares les films français qui laissent encore toute la place aux dialogues savants et aux personnages intelligents. Il y a bien eu Un baiser s’il vous plaît, délicieux énergumène qui confirme la règle, mais à moins qu’on parle de Jean Becker, on a rarement droit à autant de pertinence.

Antoine a 42 ans et tout ce qu’il peut désirer : une femme aimante, un emploi bien payé, deux enfants magnifiques... Puis, un jour, comme ça, sans raison particulière, il plaque tout. Il insulte ses amis, quitte sa femme et ses enfants et part vers le Nord. Que va-t-il donc y faire?

D’abord porté par l’excellente performance d’Albert Dupontel, Deux jours à tuer se met en quête du vrai. L’esthétique réaliste n’est qu’une formalité dans le cinéma actuel, or, ce nouveau film du réalisateur de Dialogue avec mon jardinier va plus loin, à la poursuite d’un peu de franchise dans les relations interpersonnelles. Antoine est capable de dire les pires cruautés sans broncher comme de démontrer beaucoup de compassion, comme s’il allait de soi d’être honnête, tout simplement. Les ego froissés iront voir ailleurs, et l’extrême dévouement de Dupontel à ce rôle parfois ingrat est plus que convaincant.

Bien sûr, quelques moments se font plutôt moralisateurs et n’ont pas la retenue des discussions les plus inspirées et inspirantes de Deux jours à tuer, tout particulièrement avec un auto-stoppeur anecdotique. Cela était attendu, et ce n’est pas très grave d’autant que Antoine réserve encore certains de ses plus beaux moments.

Il n’en demeure pas moins que jamais Becker ne se permet pas de compromis; on sent bien la soif d’honnêteté qui stimule son cheminement artistique. En plus des vérités qu’Antoine prend un malin plaisir (partagé d’ailleurs) à lancer au visage de ses invités et de ses enfants, la finale se règle sans relâchement, avec la même exactitude et la même simplicité dans le montage et les sentiments. On ne sera jamais suffisamment reconnaissant pour autant de vérités bonnes à dire, bien dites, bien faites et bien présentées par des acteurs vrais et dévoués.