Jason Segel, Kristen Bell, Russell Brand, Mila Kunis, Paul Rudd, Jonah Hill, Bill Hader
Distribution
Universal Pictures
Synopsis
Depuis six ans, Peter Bretter, un musicien qui tire le diable par la queue, idolâtre sa petite amie Sarah Marshall, une actrice de série télé. Peter, c'est le type qui tient son sac à main sur les photos des paparazzi, c'est aussi le type qu'on oublie accidentellement dans les discours de remerciement lors des remises de trophées. Mais son univers s'ébranle le jour où sa belle le largue et qu'il se retrouve seul. Après une période de drague infructueuse et une dépression nerveuse au travail, il a l'impression que sa vie est ruinée sans sa Sarah.
Avec l'espoir d'oublier, Peter part pour Hawaii, mais une fois sur place, il doit affronter son pire cauchemar. Il s'aperçoit que son ex et son nouveau petit ami Aldous, un rocker britannique, ont réservé au même hôtel. Torturé devant le spectacle de la nouvelle vie de Sarah, il trouve un peu de réconfort dans une amourette avec Rachel, une ravissante employée de station balnéaire dont l'attitude décontractée lui redonne goût à la vie. Il trouve également du réconfort dans plusieurs centaines de cocktails fruités très embarrassants.
Une comédie romantique presque conventionnelle qui fait pourtant rire du début à la fin et qui est pleine de petites nouveautés. Pas de révolution, pas de créativité démesurée ni de nouvel ordre des choses, seulement quelques petits détails qui font toute la différence dans ce qui est ce qu’on peut espérer de plus lucide sur le romantisme au cinéma.
Lorsque sa copine, l’actrice Sarah Marshall, le quitte, Peter est dévasté. Incapable de faire son deuil, il enchaîne d’abord les aventures d’un soir avant de décider de prendre quelques jours de vacances à Hawaii. Sitôt arrivé, il rencontre la ravissante préposée de l’hôtel... et retrouve Sarah, qui a décidé de venir passer ses vacances dans le même hôtel avec son nouveau chum, un chanteur britannique.
Les comédies romantiques, un genre particulièrement prisé en février, ont de la difficulté à se renouveler. Souvent répétitives, elles mettent habituellement en vedette un garçon amoureux d’une fille qui le quitte et qui a de la difficulté à faire son deuil, qui y parvient finalement en rencontrant une autre jeune fille compréhensive (et tellement irréelle!) mais qui tombe dans le piège et retourne à son premier amour; est immanquablement pris sur le fait et se retrouve tout seul, jusqu’à ce qu’une des deux lui pardonne. Oublie Sarah Marshall est construit exactement sur ce modèle. Ce qui en fait une comédie supérieure à la moyenne est entre ces points de repère rassurants; quand un couple nouvellement marié a besoin de conseils pour pimenter sa vie sexuelle, quand un jeune serveur ambigu cherche à se faire remarquer par la vedette de rock et quand on n’adoucit pas la vie avec un ton propret qui élimine le sexe de toutes les discussions.
C’est aussi, par exemple, se faire laisser flambant nu, pleurer au lit avec une fille qu’on vient de rencontrer dans un bar, faire un concours de cris de jouissance avec la chambre voisine et c’est, au lieu de se faire prendre sur le fait, aller dire à sa nouvelle blonde dans le lobby d’un hôtel qu’on vient de « renouer » (bon, l’euphémisme est faible) avec son ancienne. Un peu comme la désormais légendaire tache de sang sur le pantalon dans Superbad, c’est de l’humour audacieux et rafraîchissant qui n’est pas pour toutes les oreilles mais qui est le seul espoir du cinéma américain et de ses recettes congelées à mettre au micro-ondes.
Le scénariste Jason Segel s'offre un personnage principal qui n’est ni le bellâtre sûr de lui habituel, ni l’irresponsable jeune délinquant sans sensibilité qui ne cherche qu’une vulgaire satisfaction sexuelle. Honnête, attachant, impliqué émotionnellement, il est parfait pour la belle Rachel (Mila Kunis, Jackie dans That 70’s Showet la voix de Meg dans Family Guy), tout droit sortie du paradis. Kristen Bell, impudique, est tout aussi délicieuse.
Malheureusement, quelques moments inégaux dans Oublie Sarah Marshall viennent briser quelquefois le rythme mais sans gâcher le plaisir de voir, sans fausse pudeur, une comédie vulgaire, mais pas trop, et qui est plus réaliste que les autres. L’implication émotive est même tellement forte qu’un romantisme insoupçonné est tout spécialement efficace dans les paysages enchanteurs d’Hawaii, entre ces jeunes filles trop belles et trop gentilles pour être vraies et l’attitude décontractée des plages. Jusqu’à se réconcilier inconditionnellement avec le genre? Peut-être pas... Mais pour passer un bon moment, certainement.