Brendan Fraser, Paul Bettany, Helen Mirren, Eliza Bennett, Andy Serkis, Jim Broadbent, Sienna Guillory
Studio de production
New Line Cinema
Distribution
Alliance Vivafilm
Synopsis
Depuis la disparition de sa mère il y a neuf ans, Meggie voyage sans cesse avec son père Mo. Celui-ci ne tient pas en place et trouve toujours un prétexte pour changer d'endroit. Mo a en effet un secret qu'il n'a jamais révélé à sa fille : il possède un extraordinaire pouvoir, celui de donner vie aux personnages des livres qu'il lit à haute voix.
Il y a neuf ans, il a eu le malheur de lire Coeur d'encre, et une bande de personnages mortellement dangereux, dont le redoutable bandit Capricorne et un jongleur cracheur de feu nommé Doigt de poussière, a surgi... Plus terrifiant encore, tandis que la troupe de malfrats prenait vie, la femme de Mo a disparu dans le livre ! Mo s'est juré de ne plus jamais lire à haute voix. Et depuis, il fuit les personnages auxquels il a donné vie malgré lui, essayant de protéger le livre qui est son dernier espoir de retrouver la mère de Meggie.
Le pari est relevé : la distribution efficace, le rythme soutenu et les effets spéciaux plus que décents font oublier les nombreux trous scénaristiques d’un film bien ancré dans cette mode des adaptations cinématographiques pour « geeks ». Les mythologies littéraires (et leurs hordes de fans), transposées plus ou moins efficacement au cinéma selon le cas, ont encore la cote, et Cœur d’encre est inscrit directement dans cette lignée, avec ce que cette classification simpliste a d’avantages et d’inconvénients.
Mortimer Folchart et sa fille Meggie sillonnent les routes d’Europe à la recherche d’une rare édition du livre Cœur d’encre. C’est que Mortimer, qui possède un don unique, a envoyé par accident sa femme Resa dans l’univers du livre et en a tiré tous les personnages, dont le méchant Capricorne, qui vit maintenant dans un château et qui a l’intention d’utiliser le don de Mortimer pour invoquer le méchant de Cœur d’encre, l’Ombre, et ainsi dominer le monde. Avec l’aide de Dustfinger, qui souhaite retrouver sa famille dans le livre, Mortimer devra déjouer les plans de Capricorne avant qu’il ne soit trop tard.
L’impassible Brendan Fraser, qui ne démontre pas plus de capacités pour jouer la comédie cette fois-ci que dans aucun de ses autres films, gâche presque tout avec sa complète absence de charisme. La jeune Eliza Bennett, qui joue sa fille Meggie, est beaucoup plus convaincante et dynamique, tandis que Paul Bettany, sans éviter complètement la caricature, parvient à donner une certaine crédibilité à son personnage, et ce même si le film, bourré d’invraisemblances plus audacieuses les unes que les autres, ne lui laisse qu’une très mince marge de manœuvre.
C’est évidemment ce qui fait défaut à Cœur d’encre : le respect de ses propres conventions internes. Mais le film, qui n’a que très peu de temps morts et qui est réalisé avec sérieux et compétence par Iain Softley, ne s’en formalise pas et garde le cap. Le divertissement qu’il offre alors, pour les jeunes surtout, est de bonne qualité sans être trop violent. L’application d’une recette qui comprendrait de petits animaux mignons et de beaux paysages - qui ne justifient jamais, faut-il le préciser encore, un « bon film » - est évidente.
Dommage que la finale toute factice et fortement connotée (la référence au nazisme est peu subtile, pour dire le moins) ne soit pas à la hauteur et amène les premières longueurs du film, qui se tirait bien d’affaires jusque là. C’est le temps pour les longues embrassades au son d’une musique envahissante et pour l’accomplissement des rêves les plus fous... Un passage obligé, on dirait, à chaque fois qu’on vise le plus grand nombre.