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Wall-E

Version originale en anglais
v.f. : Wall-E

Classement
Visa général
Genre
Animation
Pays d'origine
États-Unis
Durée
1h38
Date de sortie
27 juin 2008
Réalisateur
Andrew Stanton
Acteurs
Fred Willard, Jeff Garlin, Ben Burtt, Sigourney Weaver, John Ratzenberger, Kathy Najimy
Studio de production
Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution
Walt Disney Pictures
Synopsis
Et si l'humanité avait dû quitter la Terre et que personne n'ait pensé de mettre hors fonction le dernier robot… Des centaines d'années plus tard, WALL-E (nom de code pour Waste Allocation Load Lifter Earth-Class) découvre un nouveau sens à sa vie lorsqu'il rencontre un robot de recherche, nom de code EVE. Ce dernier découvre que WALL-E détient, malgré lui, la clé du salut de la planète.
4 étoiles
Par Karl Filion
Écolo-magie
On associe habituellement « film d’animation » avec « film pour enfants » (sans véritable raison, d’ailleurs). Dans ce domaine, Pixar fait figure de précurseur, de véritable inspiration pour toute une génération d’enfants qui s’émerveillent devant les petits héros de ses films, qui deviennent immanquablement grands. Si le succès de Pixar est dû, en grande partie, à la qualité de son animation et à sa facilité – un véritable don! - à trouver des sujets rassembleurs et touchants, on peut dire qu’ici, Pixar s’est surpassé.

Wall-E est un petit robot chargé de nettoyer la Terre, devenue un dépotoir et abandonnée il y a 700 ans par les humains. Seul au monde, il aime les objets insolites et regarde des comédies musicales à la télévision. Un jour, un étrange robot nommé EVE débarque sur Terre. Content de s’en faire un ami, Wall-E se bute plutôt à un robot en mission. Mais cela n’arrêtera pas le petit Wall-E, qui ne laissera pas passer une si belle opportunité.

Le FADEM (le facteur d’attendrissement des enfants et de leur mère, on s’en souvient) associé à ce petit robot est immense, plus grand encore que le panda de Kung Fu Panda. Pourquoi? Deux raisons viennent rapidement à l’esprit : d’abord, il ne parle pas. Aucune parole, quelques sons seulement pour exprimer toute une palette d’émotions. Voilà qui parle aux enfants (et aux adultes aussi). Ensuite parce que Pixar utilise toutes les possibilités de l’animation (pas de caméra, donc moins de contraintes) pour multiplier les situations comiques. Ça a l’air facile comme ça, mais le flair du réalisateur Andrew Stanton lui permet de rendre la naïveté d’un petit robot plus délicieuse encore que celle des autres héros des dernières années; Nemo, Flash McQueen ou Buzz Lightyear.

Techniquement, Pixar est plus grandiose que jamais. Avoir l’audace de présenter un film presque sans dialogues à un public d’enfants - comme si ce n’était pas assez! - force un travail de moine sur le son, où chaque petit bruit porte une signification et transmet une émotion. On peut l’envisager, on peut même l'admettre, mais il faut le vivre, vivre sur grand écran dans une salle obscure (et sans bruyant pop-corn, s’il vous plaît!) l’efficacité et l’universalité des émotions abordées, qui vont de la crainte à l’amour comme on traverse le mur du son, c'est-à-dire sans difficulté aucune. Visuellement, les paysages spatiaux sont féeriques et l’animation par ordinateur atteint un niveau jamais vu, tant dans les détails que les couleurs et l’utilisation absolument fascinante de la lumière.

Pixar se surpasse aussi lorsqu’on décèle un commentaire social plus insistant que par le passé. L’humanité ventripotente est un véritable coup dur pour l’insouciance de cette société obèse, Coke Diet à la main, hot-dog all-dress dans l’autre, et bébé sur les genoux. Cette société chassée par les immondices laissées sur une Terre jetable, qu’il faut reconquérir. Le message est fort mais jamais forcé, la priorité, ici, va au héros.

Vraiment, Wall-E est un petit bijou d’inventivité. Un personnage fort, une situation périlleuse, un peu d’amour, beaucoup de courage; toujours la même recette appliquée à merveille par les artistes et concepteurs de Pixar, de véritables baromètres de la société. Ils marquent à chaque nouveau film l’imaginaire collectif; et quand c’est bien fait comme ça, on a tendance à se laisser faire.