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Angles d'attaque

Version en français
v.o.a. : Vantage Point

Classement
13 ans + / Violence
Genre
Suspense
Pays d'origine
États-Unis
Durée
1h29
Date de sortie
22 février 2008
Réalisateur
Pete Travis
Acteurs
Dennis Quaid, Matthew Fox, Forrest Whitaker, Sigourney Weaver, William Hurt, Zoe Saldana, Edgar Ramirez, Richard T. Jones
Studio de production
Sony Pictures
Distribution
Sony Pictures
Synopsis
Thomas Barnes et Kent Taylor sont deux agents des services secrets chargés de protéger le Président Ashton lors d'un sommet sur la guerre contre le terrorisme. Lorsque le Président Ashton est atteint par balle quelques moments après son arrivée en Espagne, le chaos survient et des vies disparates s'entrechoquent. Dans la foule se trouve Howard Lewis un touriste Américain qui filme l'événement pour le montrer à ses enfants à son retour à la maison. Il y a aussi Rex une productrice télé qui couvre le sommet. C'est seulement en suivant le point de vue de chacune de ces personnes pour les 15 minutes qui précèdent et qui suivent l'assassinat que la terrible vérité sera révélée.
Bandes annonces
Quicktime Grand Moyen
Windows Media Player Moyen
2.5 étoiles
Par Karl Filion
Le gars des points de vue
S’il y a bien une chose que le cinéma n’a pas encore comprise de lui-même, c’est bien la caméra. Comment expliquer la présence de ce « voyeur », doté du don d’ubiquité, qui entend tout et voit tout? Angles d’attaque veut participer au débat et propose de regarder un même événement selon les différents points de vue des personnes impliquées. Mais il ne va pas au bout de ces idées, contrairement à ce qu'avait fait Cloverfield plus tôt cette année dans l’incompréhension publique la plus totale. Cette fois-ci, c’est un film d’action et pas un monstre qui se cache derrière les murs et autres obstacles visuels du film, qui mise sur les coïncidences et sur le cardio de Dennis Quaid pour fonctionner. Plus invraisemblable que ça, tu meurs. Le gars des vues s’est surpassé.

La Président des États-Unis est attendu en Espagne afin de prononcer un discours sur la lutte contre le terrorisme. Mais avant qu’il ne prenne la parole, il est abattu par un mystérieux tireur qui déclenche la panique parmi la foule. Puis, deux détonations se font entendre, et le garde du corps du Président Tom Barnes doit tout faire afin de trouver les coupables et mettre un frein à leur plan.

D’abord, il y a beaucoup trop de points de vue dans Angles d’attaque. Le film est long à démarrer, les répétitions sont nombreuses et les petits secrets qui permettent de raviver l’intérêt s’installent trop lentement. L’introduction, le point de vue d’une équipe de télévision, est pourtant fascinante et donne un avant-goût des possibilités - qui demeureront inexplorées - du film. Une petite fille, jetée maladroitement dans l’action, vient ajouter une touche mélodramatique un peu ridicule pour la finale, inexplicable et pas très rationnelle. Très décevant, puisqu’elle aurait pu sauver la mise et faire basculer le film du côté des réussites.

Les motivations des personnages ne quittent jamais la profonde obscurité dans laquelle ils sont plongés au départ. La caméra tente souvent de prendre la place des personnages par une vision subjective qui est moins crédible et surtout moins rigoureuse que celle de Cloverfield. La caméra bouge beaucoup moins mais triche, montre des choses que le personnage en vedette dans le segment ne peut pas voir et cela est souvent franchement agaçant puisque le film prend le pari de dévoiler le mécanisme, ses écarts sont donc plus faciles à remarquer.

Une séquence très étrange dans la chambre d’hôtel du Président a aussi des échos politiques qui sont rapidement occis pour faire place à une poursuite, sinon enlevante, certainement parmi les plus rigoureusement improbables au cinéma. Le plan des méchants, qui ont des traits du Moyen-Orient - quelle coïncidence! – est extrêmement bien planifié et heureusement pour tout le monde qu’il fonctionne parce qu’il n’y aurait rien à dire ou à faire dans Angles d’attaque. Le gars des vues, encore lui.

Un film d’action dans la plus pure tradition. Les quelques fioritures visuelles et la grande prétention de vouloir utiliser la vision subjective (qui est, au demeurant, encore une bonne idée) ne fonctionnent pas vraiment, mais les performances énergiques des acteurs et le talent des Américains pour les poursuites et les explosions sauvent le film du désastre.