dossier
Lundi 11 décembre 2006 à 18h00

Visite sur le plateau : Le ring

Photo Par Karl Filion

L’INIS (Institut National de l’Image et du Son) tournait le film Le Ring, scénarisé par Renée Beaulieu, réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette et produit par Ian Quenneville et Thomas Ramoisy. Tous des diplômés de l’INIS, sis rue Maisonneuve à Montréal, qui s’attaquent à une deuxième production pour l’école, après Premier juillet : Le Film. Avec l’appui du distributeur Christal Films, qui avait organisé une visite du plateau, toute l’équipe terminait le tournage dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve – le quartier où se déroule le film – le 7 décembre dernier, après 22 jours.

Voyez les photos de cette visite en cliquant ici.

Comme pour le personnage principal, qui en fait une habitude pour aller voir de la lutte, il a fallu se rendre dans le sous-sol d’une église pour voir la petit équipe fourmiller en attente du début du tournage. D’un côté, coiffeurs, maquilleurs, acteurs et techniciens, et de l’autre de nombreux journalistes, qui détonnaient dans le paysage, pour parler et entendre parler, mais aussi pour voir, ce qu’on nous réserve pour l’automne 2007.

Maxime Desjardins-Tremblay est la vedette principale du film et jouera aux côtés de Stéphane Demers, Jason Roy-Léveillé, Maxime Dumontier et Jean-François Casabonne.

Maxime Desjardins-Tremblay

Le jeune acteur de 13 ans, natif du quartier Hochelaga-Maisonneuve, en est à sa première expérience au cinéma. Un départ canon, puisqu’il est de toutes les scènes du film sauf deux, une responsabilité imposante que tout le monde semble ravi de l’avoir vu relever.

« J’ai fait un documentaire, mais c’est mon premier tournage. Je veux continuer là-dedans, parce que j’adore le cinéma, j’ai vraiment eu la piqûre. Même si ce n’est pas en avant de la caméra, ce sera en arrière. »

« C’est la réalisatrice qui m’a appelé parce que j’avais joué dans un de ses documentaires. Elle voulait que je passe une entrevue, parce que les mouvements, tout ce que je faisais, pour elle, ça représentait le rôle de Jessy. Avant je trippais sur la lutte, je venais tout le temps. J’ai passé sept auditions en tout. »

Qui est donc ce fameux Jessy? « Mon personnage c’est Jessy, c’est un jeune qui a du courage, qui surmonte beaucoup d’épreuves, et on voit souvent dans le film, lorsqu’il surmonte une épreuve, il y a quelque chose qui arrive, tout le temps quelque chose. »

Et avez-vous beaucoup à voir avec lui? « Oui et non. On pourrait dire que oui mais moi, il n’y a pas de grosses péripéties qui m’arrivent. Mais on peut dire que si quelque chose m’arrive, je vais savoir comment m’en sortir. »

Stéphane Demers

L'acteur, qu'on a pu voir dans La neuvaine, de Bernard Émond dans la La loi du cochon, d'Érik Canuel, décrit en ces mots sont personnage. « Je joue Claude, qui est le père de la famille Blais. C’est un homme qui n’a pas beaucoup de moyen mais qui a, je pense, un grand cœur. Pour lui, ce qu’il y a de plus important c’est sa famille, de la garder en sécurité. Il a un attachement viscéral avec eux. Il a deux jobs, en plus la mère de la famille est partie. »

« J’ai rencontré Anaïs pour discuter du scénario et on s’est rendus compte qu’on avait beaucoup d’affinités et d’instincts communs par rapport au personnage et au scénario. Pour moi, c’est d’abord pour ça que je suis venu faire le film, pour le scénario. Et aussi pour Maxime, avec qui c’était passionnant de travailler. C’est assez rare que les scénarios soient aussi prenants viscéralement. Ça m’a pris aux trippes. Je me suis senti véritablement concerné comme père, comme gars, comme être humain. J’ai eu tout de suite envie de faire ce film-là, et j’aurais été catasthrophé de ne pas le faire. »

Au quotidien, ce n'est pas un problème, semble-t-il. « Cette production-là est faite avec peu de moyens, mais en même temps avec beaucoup parce que le talent et la passion ne se remplacent jamais par du budget. »

« C’est un film qui me ramène un peu au cinéma de Mankiewic (Francis, Les bons débarras, 1980) et de Jean-Claude Lauzon (Léolo, Un zoo la nuit). C’est un regard sur les humains, c’est très véritable, c’est du cinéma qui moi m’intéresse. »

Jason Roy-Léveillé

« Moi je fais le personnage de Max, c’est un bad boy qui va entraîner le petit Jessy et son frère Max dans mes aventures de crack. » Déjà un défi important, puisque, avoue-t-il sans rire : « Je n’ai pas d’expérience dans la vente de crack. »

Bien loin de son personnage dans Lance et compte. « J’ai posé beaucoup de questions à Anaïs, c’est sûr, pour savoir à quel point mon pesonnage était mature. C’est sûr que ces jeunes-là, même à 16 ou 17 ans, ont du vécu, et je voulais savoir son niveau de maturité par rapport aux autres jeunes. »

« Anaïs est vraiment une excellente directrice d’acteurs, elle prend le temps, si tu as des questions, tu vas lui poser, elle n’est pas stressée pour cinq cents et elle ne stresse pas son monde. »
Renée Beaulieu, scénariste

Comment mieux résumer l'histoire que par la bouche même de celle qui en est responsable? « C’est un film sur l’enfance, c’est quelque chose qui me touche et qui revient dans à peu-près tout ce que je fais. Je voulais parler de la perte de l’innocence. Jessy, à dix ans, perd son innoncence et entre les deux pieds dans la vraie vie, et ça cogne assez solide. Il veut devenir lutteur et sa famille éclate, c’est un petit garçon qui est résiliant, qui se bat, et qui a une possibilité de s’en sortir. »

« Hochelaga-Maisonneuve est un quartier assez difficile, même si c’est un quartier où la pauvreté est assez subtile. C’est vraiment un problème d’organisation, c’est aussi une pauvreté au niveau de la culture et de l’éducation. Mais ce n'est pas misérabiliste dans le film, car à travers les yeux de l’enfant, pour lui à dix ans, il n’est pas dans la grosse misère, il ne porte pas de regard sur sa vie, il est en train de la vivre. »

« C’est quand même un film positif, parce qu’il y a quelques enfants qui s’en sortent. Et lui, c’est le seul de sa gang. »
L'enfance est une thématique universelle qui a souvent fait ses preuves. « Certains films que j’ai vus ont inspiré mon processus, par exemple Léolo, qui est un film sur l’enfance plus poétique, alors que nous ont est dans le réalisme. »

« Le travail s’est fait en collaboration avec les autres artistes, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette et les producteurs Ian Quenneville et Thomas Ramoisy. Pendant trois ans j’ai écrit le scénario, on se parlait pendant ce temps-là. On a tout fait en collaboration. »
« Je voudrais pour ce film-là quelque chose d’universel. Je ne pense pas comme un producteur, en chiffres, mais si le film atteint l’universialité, à ce moment-là tout est permis et tout est correct. Pour moi, tout est déjà correct. Je suis déjà très très contente. Évidemment, si je n’avais pas eu la confiance et la complicité d’Anaïs et de tous les membres de l’équipe, ça n’aurait pas été pareil. On partage beaucoup de choses par rapport à ce qui était important dans le film. »
Ian Quenneville et Thomas Ramoisy, producteurs

« Renée (Beaulieu, scénariste) et Anaïs (Barbeau-Lavalette, réalisatrice) nous ont approchés pour qu’on produise le film, et on s’est associé pour partager le boulot. On a mené le projet de front à deux. C’est le premier long-métrage qu’on produit. » Voilà comment les deux jeunes producteurs, qui ont fait leurs armes dans le monde du documentaire, expliquent leur premier contact avec le projet; dans le ton qui règnera tout au long de l’entrevue : pragmatique, précis et professionnel. « Le seul pré-requis pour pouvoir faire ce film-ci c’était d’être étudiant de l’INIS. »

« Le producteur c’est un peu un chef d’orchestre, un peu comme le réalisateur au niveau créatif, il a une responsabilité au niveau de mener le bateau à bon port. C’est autant au niveau créatif que du financement et des relations humaines. »
Beaucoup de travail, donc, et de fébrilité jusqu'à l'automne, quand le film prendre l'affiche. « On est assez convaincus qu’on tient un bon film. Le montage va confirmer tout ça, mais le film a un bel avenir. On espère qu’il va avoir le plus grand rayonnement possible. Pour l’instant, on est un peu sur un high si on veut, parce que le tournage finit, mais on pense que ça va être bien. Christal Films va faire une bonne distribution du film on en est sûrs. »
Le résultat est donc attendu à l'automne 2007.

Partager sur : Twitter Facebook
Site conçu et développé par Logo Libéo
Représentation publicitaire par Logo Moviefone
© 2016 Média Happy Geeks inc. Tous droits réservés.