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Vendredi 4 octobre 2013 à 10h25

Visite de plateau : Corbo

Photo Par Karl Filion
Sur le plateau de Corbo

Le tournage du long métrage Corbo, de Mathieu Denis, se déroule présentement à Montréal. L'équipe du film s'est installée hier dans un snack-bar du sud-ouest de la ville afin de tourner des scènes se déroulant en 1966. Le film s'intéresse au destin tragique de Jean Corbo, un adolescent de père italien et de mère québécoise qui a fait partie du FLQ.

Anthony Therrien incarne le personnage principal. Antoine L'Écuyer incarnera son ami François, un membre du FLQ, tandis que Karelle Tremblay sera Julie. Tony Nardi, Marie Brassard, Dino Tavarone et Francis Ducharme font également partie de la distribution.

Mathieu Denis, qui a réalisé Laurentie avec Simon Lavoie, nous décrit le contexte : « On est dans un restaurant, le Snack-Bar chez Ménard, où travaille Julie, un des personnages principaux du film. Julie, c'est une adolescente de 16 ans que Jean va rencontrer assez tôt dans le film, un peu par hasard, et il va se lier d'amitié à elle et à François, qui est un ami de Julie. C'est à travers eux que Jean va joindre les rangs du FLQ. »

« Jean Corbo c'est un jeune homme de bonne famille, une famille bourgeoise, qui habitait à Ville Mont-Royal, qui allait dans des collèges privés, mais Julie et François viennent d'un milieu beaucoup plus populaire. »

Comment avez-vous choisi l'acteur pour l'incarner? « Jean est dans 90 ou 95 % du film, donc le choix était très important. J'ai vu Anthony dans Le torrent, j'étais curieux de le voir en audition. On a vu au moins une cinquantaine de jeunes hommes. Une chose qui était essentielle pour moi, c'est que comme le personnage de Jean Corbo a 16 ans, il n'était pas question qu'on prenne un acteur de 22, 23 ans pour interpréter un adolescent. Pour moi, il y a une chose qu'un acteur ne peut pas jouer, c'est son âge. Il y a quelque chose qu'un visage adolescent porte qui me semblait essentiel. »

Les adolescents qu'ils jouent proviennent d'une toute autre époque... comment faire pour les représenter fidèlement? « J'ai rencontré plusieurs des felquistes qui sont encore vivants, j'ai rencontré une cousine de Jean, évidemment ses parents sont décédés aujourd'hui, et il y a plusieurs documentaires très intéressants sur cette époque-là qui ont été faits, par l'ONF bien sûr, dont un film magnifique de Michel Brault qui s'appelle Le temps perdu, et qui est sur l'adolescence. »

Laurentie est un film engagé qui ne laisse pas de doutes sur vos allégeances. Est-ce que cela transparaîtra dans ce film? « Je ne sais pas... Je ne cache pas que je suis indépendantiste, et j'ai l'impression que si les Québécois en tant que peuple veulent finir par atteindre l'âge adulte, il va éventuellement falloir qu'ils sortent du sous-sol de leurs parents, qu'ils assument leur propre destin, et surtout leur propre existence. »

« Est-ce que le fait que ce soit ma conviction teinte la teneur dramatique du film? Sans aucun doute, puisque c'est moi qui l'ai écrit. Mais ce n'est pas quelque chose qui est à l'avant-plan, ce n'est pas un film de propagande. Ce n'est pas un film qui me sert à établir une thèse ou à établir mes profondes convictions politiques. Pour moi, il y a un drame humain particulièrement fort qui a une résonnance dans le monde contemporain. Pour moi, la question nationale est importante, mais la question identitaire est peut-être plus au coeur du film. Il y a une valeur dramatique humaine qui prime. »

Corbo, qui est produit par Max Films, devrait prendre l'affiche en 2014.

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