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Lundi 31 décembre 2012 à 07h02

Top 10 d'Éli : Meilleurs films de 2012

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Une scène du film Argo

Encore une fois - on n'y échappe pas -, c'est le temps des réjouissances et des bilans. Le temps pour nous de sélectionner les dix meilleurs films de l'année à travers une liste exhaustive et très variée. Un problème - qui n'en est généralement pas un - se pose cette année. Quelques films qui risquent de se retrouver en nomination dans la catégorie meilleur film aux Oscars (donc, généralement de grands films américains) n'ont pris l'affiche que dans les marchés obligatoires, soit New York et Los Angeles, et ne feront leur apparition sur nos écrans qu'au début janvier. Donc, même si Zero Dark Thirty, The ImpossibleOn the RoadPromised Land ou même Amour (qui a remporté la Palme d'Or à Cannes) sont des succès critiques anticipés (on reste dans la supposition), ils ne figureront que sur la liste de l'an prochain.

Dans la catégorie « Ils ont passé à deux doigts de se retrouver dans mon top 10 de l'année 2012 », on retrouve : L'affaire Dumont de Podz, Thérèse Desqueyroux de Claude Miller et Prometheus de Ridley Scott. Et dans celle « Ils auraient pu s'y retrouver s'y jamais j'avais eu la chance de les voir », on compte Hitchcock, The Master, Lincoln et Cloud Atlas.

Voici donc, selon moi, les dix meilleurs films qui ont pris l'affiche au Québec entre le 1er janvier et le 31 décembre 2012.

10. L'amour dure trois ans (critique)

J'étais déjà une fan de Frédéric Beigbeder. Son 99 F, adapté au cinéma par Jan Kounen, avait de quoi faire jaser et chacune de ses apparitions télévisées prouve son irrévérence et en fait un personnage fort attachant malgré la désinvolture qui lui est attachée. L'amour dure trois ans est une comédie romantique anti-comédie-romantique. On sent que quelques ficelles ont été tirées à l'avantage d'une plus grande accessibilité, pour atteindre le plus grand nombre, mais L'amour dure trois ans parvient à engendrer le même sentiment d'enchantement et de bien-être qu'apporte une comédie romantique conventionnelle, mais sans le flafla et les clichés qui viennent avec.

9. The Avengers (critique)

Depuis quelques années, les films de super-héros ne sont plus considérés comme des blockbusters sans substance adressés uniquement aux fanboys de ce monde, ferrés de l'univers de chacun des personnages. Non, les films de super-héros sont aujourd'hui un gage de qualité et le public n'attend rien de moins que d'être ébloui et transporté par ces oeuvres au budget substantiel. On s'imaginait bien que The Avengers casserait la baraque, on se doutait que Joss Whedon ferait un travail impeccable et qu'il prouverait le nouveau statut du film de super-héros; et, nous avions raison de le croire. The Avengers a été un succès autant au box-office que chez les critiques. La qualité de ses scènes d'action, son humour bien dosé et ses protagonistes incarnés par des acteurs doués en ont fait un incontournable de 2012.

8. The Dark Knight Rises (critique)

Le réalisateur Christopher Nolan est considéré comme un magicien par plusieurs, comme un novateur par d'autres, mais surtout comme un cinéaste sans comparaison. Nolan a complètement révolutionné le film de super-héros (dont on parlait plus tôt) grâce à son Batman Begins en 2005. La suite, The Dark Knight, a été un succès planétaire et même si The Dark Knight Rises, sorti cette année, a fait moins bien qu'on aurait pu le croire au box-office, il est de même qualité de ces prédécesseurs et confirme, une nouvelle fois, le talent incomparable du réalisateur et ses qualités de prestidigitateur. The Dark Knight Rises est intelligent, inventif, subtil, visuellement étonnant et narrativement impeccable. Même si The Dark Knight Rises ne mettait pas en scène Batman, il resterait un film fort efficace et émérite dont on parlerait longtemps.

7. Life of Pi (critique)

Life of Pi de Yann Martel est un de mes livres préférés, mais il est le dernier bouquin que j'aurais imaginé être adapté au cinéma. Un tigre dans un canot de sauvetage avec un jeune homme n'est pas le genre de récit qui s'adapte aisément pour le grand écran. Les dialogues sont impossibles (non, les tigres ne parlent pas) et une narration assidue aurait alourdi considérablement le film. Je ne pouvais imaginer comment transformer ce livre en long métrage, mais Ang Lee l'a fait avec perspicacité et grande intelligence. Chacune des images de Life of Pi transpire de féérie et réussit à nous transporter au milieu du Pacifique aux côtés d'un tigre affamé et d'un Indien inquiet. La performance de Suraj Sharma en est pour beaucoup dans la réussite de la production, tout comme la qualité des effets spéciaux qui prévient le moindre doute sur la véracité des images qui défilent à l'écran.

6. Ted (critique)

Peut-on faire dire n'importe quoi à un ours en peluche? C'est la question que s'est posée Seth MacFarlane, créateur de Family Guy. La réponse : oui. Ted fume de la marijuana, boit de l'alcool, loue les services de prostituées, baise ses collègues de travail et sacre comme un bûcheron, mais toutes ses perverses manières sont oubliées lorsqu'il enfile son petit tuxedo... Il est trop mignon pour être à ce point dégradant. Ted est une excellente comédie; irrévérencieuse, étonnante et désopilante. Elle franchit certaines barrières que bien d'autres n'ont jamais osé outrepasser et tout ça parce que ces choses grossières et choquantes sont livrées par un ours en peluche. Il n'y a peut-être que la finale rose bonbon qui laisse un amer goût d'incomplétude, mais pour préparer la suite, cette conclusion était probablement inévitable.

5. Habemus Papam (critique de Karl Filion)

Cette comédie dramatique italienne s'avère ma surprise de l'année. Qu'arriverait-il si le cardinal qu'on désigne comme pape refusait la tâche? L'Église le force à faire face à ses responsabilités, mais s'il refuse catégoriquement le poste devant des milliers de fidèles, que fait le Vatican? La profondeur et la finesse de ce petit film ont de quoi porter à réflexion sur l'Église catholique, mais sur l'humain aussi, sur ses limites et ses valeurs. Habemus Papam mérite plus d'attention qu'il n'en a eu si ce n'est que pour soulever un début de réflexion sociale.

4. Silver Linings Playbook (critique)

Récipiendaire du prix du public au Festival du film de Toronto, Silver Linings Playbook fait partie de ces petits bijoux inespérés qu'on découvre parfois au sein de la cinématographie américaine. La comédie romantique de David O. Russell parle de maladies mentales, celles dont on évite généralement de parler, celles qui ne sont pas suffisamment graves pour qu'on enferme le patient mais qui chamboulent l'ordre social et inquiètent bien des « personnes normales ». La performance de Bradley Cooper et de Jennifer Lawrence - même celle de Robert De Niro - en est pour beaucoup dans l'efficacité de ce film brillant qui porte à réflexion, tout comme la qualité des dialogues entre les deux protagonistes qui étonnent la plupart du temps et font rire jaune le public peu habitué à ce genre de franc-parler dans les comédies romantiques.

3. Django Unchained (critique)

Ah Tarantino! De nombreux cinéphiles attendent avec impatience son prochain coup, et ne sont généralement pas déçus. Encore une fois avec Django Unchained, le réalisateur prouve son unique talent de raconteur et son intelligence cinématographique. Probablement son film le plus cohérent d'un point de vue narratif, Django Unchained - comme toutes ses autres oeuvres - dévoile d'extraordinaires performances d'acteurs et des scènes d'action sanglantes à souhait. Tarantino n'a pas que des qualités de cinéaste. La finesse et l'intelligence des textes - et son apparition furtive à l'écran à la toute fin - nous confirment l'étoffe de cet artiste du septième art. Django Unchained est mon film préféré de Quentin Tarantino depuis Kill Bill.

2. Intouchables (critique)

Intouchables est différent. Intouchables n'est pas comme les autres comédies françaises qui cartonnent généralement chez nous. Intouchables n'est pas comme ces Ch'tis ou ces Bronzés, Intouchables est intense autant dans l'émotion que dans son humour audacieux. François Cluzet et Omar Sy forment un duo extraordinaire à l'écran, tellement qu'on ne pourrait imaginer meilleur paire pour incarner un riche tétraplégique et un pavre noir des banlieues parisiennes. La comédie d'Eric Toledano et Olivier Nakache surprend dès les premières minutes et conserve cet état d'étonnement du spectateur jusqu'à la toute fin. Et comme l'histoire est vraie, l'attendrissement est décuplé.

1. Argo (critique)

Il y a d'innombrables raisons pour lesquelles Argo se retrouve au sommet de mon top 10 de l'année 201 -; la qualité de sa trame narrative, ses acteurs talentueux, son réalisateur intelligent, ses délicieuses références à un vieux Hollywood - mais c'est ma reconnexion avec mon amour du cinéma qui m'a fait pencher. Il y avait longtemps que je ne m'étais pas retrouvée sur le bout de mon siège au cinéma, l'envie de crier aux personnages de s'enfuir, de courir plus vite et de se méfier de certains antagonistes. Argo m'a rappelé pourquoi j'aimais à ce point le cinéma de divertissement. Évidemment, Argo est plus qu'un divertissement, mais comme la plupart des spectateurs le considèreront comme tel, je ne chercherai pas plus loin aujourd'hui. Argo est fabuleux. Ben Affleck réussira peut-être un jour, s'il continue d'engendrer de si bons films, à nous faire oublier qu'il a un jour été Daredevil!

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