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Mardi 31 décembre 2013 à 09h01

Top 10 de Karl : Meilleurs films de 2013

Photo Par Karl Filion

Ce traditionnel bilan de fin d'année se veut à l'image de celle qui se termine : éclectique, émouvante mais amusante aussi, parsemée de découvertes enthousiasmantes et de films inattendus, mais surtout, très humblement, à l'image des mes goûts. Elle recense mes surprises, mes moments forts... Il est toujours agréable de revisiter les films vus au cours de l'année qui s'achève afin de se remémorer certaines des émotions que l'on a vécues, et il y a une certaine excitation à revoir tel ou tel film afin de se rafraîchir la mémoire et terminer ce classement le plus honnêtement possible. Un exercice amusant, mais difficile, parce que tout ça est toujours en mouvement...

On regrette de ne pas avoir vu certains films qui ont marqué l'année tels que The Broken Circle Breakdown, Pain and Gain et le documentaire The Act of Killing. Sans oublier Camille Claudel 1915 que je me promets de rattraper avant... 2015.

L'honorifique onzième place est cette année décernée à Heli et à Au nom du fils, deux films complètement différents qui se sont tous les deux avéré être des surprises indescriptibles, l'un dans la violence, l'autre dans la comédie (et la violence). Le météore, le très beau film de François Delisle, est aussi passé bien près de se faire une place dans ce top 10. Et Amour, du grand Michael Haneke, qui finalement n'y est pas.

Comme à l'habitude, les films admissibles sont ceux qui ont pris l'affiche au Québec entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013, toutes origines confondues, ce qui élimine malheureusement de la course les magnifiques Le passé et La grande bellezza, qui prendront l'affiche en début d'année 2014 seulement.

10. Nebraska (critique)

Nebraska fait partie de ces films qui s'apprécient davantage avec le temps. On se rend compte au fil des jours - et tout particulièrement dans un contexte de bilan comme celui-ci - que les thèmes du film, ainsi que son humour délicat et sensible, ont eu un grand impact sur nous. Le film d'Alexander Payne est parmi les plus émouvants de l'année, c'est un long métrage simple, mais efficace, très bien joué, très drôle, qui évoque des thématiques humaines sans la surenchère de pathos habituels du cinéma américain. Sa finale est bouleversante, son regard sur l'Amérique empathique, mais sévère. C'est un bien beau petit-grand film.

9. This is the End (critique)

La comédie de l'année est en fait un plaisir coupable (pas vraiment) très générationnel. Peut-être très masculin aussi, les thèmes de ce film étant bien sûr inspirés de toutes ces comédies que Seth Rogen et sa bande ont produites ces dernières années. Dans leur propre rôle, tous ces acteurs sont confrontés à la fin du monde, qui se déclenche alors que James Franco organise sa pendaison de crémaillère. À partir de là, les situations loufoques poussées à l'extrême s'enchaînent pour donner naissance à un film complètement unique. Et l'apparition d'un groupe mythique des années 90 (oui, et ce n'est pas peu dire) en fin de course est la cerise sur le sundae de niaiseries intelligentes d'autodérision qu'on nous a servi jusque-là (voir : Michael Cera).

8. Le démantèlement (critique)

Mon film québécois de l'année, Le démantèlement, est lui aussi un long métrage très simple techniquement et thématiquement. Sa richesse se trouve ailleurs que dans une démonstration technique; c'est-à-dire dans ce cas précis dans la réalisation parfaitement maîtrisée de Sébastien Pilote, et dans son scénario littéraire, mais convaincant. Aussi dans les personnages; celui défendu ici par Gabriel Arcand transcende son état d'exemple unique pour évoquer les pères de toute une génération (de toutes les époques? Goriot, c'était au XIXe...). La mise en scène dévoile peu à peu les forces du récit, qui ne manque pas de nous émouvoir; pas pour faire pleurer quelques secondes, mais pour toucher véritablement, durablement.

7. Kings of Summer

La surprise de ce décompte; une comédie mature et efficace - et déjantée - qui ne cesse d'étonner par la clairvoyance de ses thématiques, la véracité de ses comédiens et la beauté toute simple de ce récit de passage à l'âge adulte. La réalisation dynamique de Jordan Vogt-Roberts contribue à décupler le charme de ce petit-grand film qui a été une des belles surprises de l'année, malheureusement pas assez vue.

6. No (critique)

Inspirante leçon d'histoire, ce film de Pablo Larraín est un savant mélange de fond et de forme. Le style y est omniprésent, mais jamais au détriment du récit, qui aborde justement l'idée d'image, de publicité, de marketing. La révolution publicitaire (alors qu'un spécialiste engagé pour mener la campagne du « Non » du référendum chilien de 1988 propose une campagne positive) fait ici office de révolution sociale. Le film évite aussi habilement d'être trop connoté pour faire passer son message. L'aspect inédit du récit et la force de sa démonstration en font un incontournable.

5. La chasse (critique)

La chasse dévoile très lentement la teneur de son récit. C'est la complexité de la situation initiale (les amitiés, les relations) qui permet au réalisateur Thomas Vinterberg de maintenir une tension constante et une ambiguïté morale fascinante tout au long du film, jusqu'à une finale bouleversante. La caméra, puissante et perspicace, saisit la complexité psychologique et morale du récit. Magnifiquement interprété, le film est un des plus marquants de l'année.

4. Inside Llewyn Davis (critique)

Les frères Coen signent cette inspirante incursion mystico-socio-artistique dans la mythologie fondatrice américaine à travers le monde de la chanson folk et par le truchement du gentil loser qu'est Llewyn Davis, un musicien et chanteur qui rate à peu près tout, mais qui persiste. Le récit, aussi amusant qu'émouvant, est d'une finesse sublime, et l'histoire dévoile petit à petit ses nombreuses qualités, évoquant grâce à une reconstitution historique efficace des éléments contemporains. Les comédiens sont tous convaincants, mais surtout Oscar Isaac, qui offre une composition sensible qui est au centre de la réussite du film.

3. The Wolf of Wall Street (critique)

Incurison immorale dans le monde d'excès d'un courtier de Wall Street, ce nouveau long métrage de Martin Scorsese fonctionne justement parce que le vétéran réalisateur n'a reculé devant rien pour faire le portrait de ce criminel qui enchaîne dépenses folles, prostituées et drogues de toutes sortes. Le projet était ambitieux, et il est à la hauteur; toujours fascinant malgré ses trois heures, même qu'on en voudrait encore. C'est surtout un très grand film parce que Scorsese est particulièrement en forme et pertinent dans sa signature stylistique, et que Leonardo DiCaprio démontre à nouveau pourquoi il est l'acteur le plus pertinent de sa génération.

2. 12 Years a Slave (critique)

La scène finale de ce 12 Years a Slave de Steve McQueen est un des moments les plus étrangement bouleversants de l'année; pourtant légèrement mélodramatique (ce qui ne nous plaît pas vraiment, d'habitude), la réunion entre Solomon Northup et sa famille est à fendre le coeur. C'est bien sûr le cheminement qui nous a menés jusque-là qui permet cette empathie sincère; c'est aussi le signe d'un film diablement efficace. McQueen, ce réalisateur qui en trois films s'est déjà inscrit comme l'un des cinéastes les plus engageants de sa génération, parvient à raconter cette histoire sans que le langage cinématographique ne prenne le pas sur le propos.

1. La vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 (critique)

Film de l'année? Oui, pour tellement de raisons. D'abord Kechiche, bien sûr, qui explore à nouveau dans ce film des thématiques qui lui sont chères, mais sans se répéter. Pour Adèle, la découverte de l'année, la raison du succès de ce film, qui a soufflé à peu près tout le monde. Pour la description sensible d'un amour naturel. Kechiche traite avec un humour qui le rajeunit de la passion amoureuse, de l'hypocrisie, de la beauté, et on y a vu un immense (et long) geste de compassion pour cette héroïne simple qui en fait est humble (peut-être trop), et qui pourrait donner des leçons à bon nombre d'entre nous sur l'appréciation véritable d'une oeuvre d'art (et, au fond, sur la naissance du sentiment amoureux) : viscéral, irrépressible, bestial, voilà ce que ça doit être. « Ça » l'amour, l'Art, le cinéma.

Bonne année 2014!

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