entrevue
Jeudi 8 septembre 2016 à 07h00

Stéphane E. Roy nous parle de 9 le film

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Une scène du film 9 le film

Stéphane E. Roy a récemment adapté sa pièce 9 variations sur le vide en un long métrage intitulé 9 le film. Le long métrage choral prendra l'affiche le 9 septembre.

Rencontré lors de son passage à Québec, l'auteur et réalisateur nous explique d'abord pourquoi il a décidé de modifier le titre de son oeuvre. « On voulait mettre l'accent sur le fait qu'il y a 9 histoires, 9 réalisateurs, et que c'est une comédie. « Variations sur le vide » ça peut faire peur aux gens. »

Il précise ensuite qu'il a donné carte blanche aux réalisateurs afin que ceux-ci fassent le film qu'ils voulaient. « Évidemment, il fallait qu'ils soient respectueux des textes - je coscénarisais avec eux -, mais on leur donnait quand même la possibilité de changer les finales et de faire les changements qu'ils considéraient comme pertinents. »

Éric Tessier, qui a été responsable de coordonner le travail de tous les réalisateurs, confirme cet aspect. « J’ai trouvé ça très humble et généreux de la part de Stéphane de nous laisser carte blanche. J'aurais pu changer la fin de mon histoire [Éric Tessier a réalisé le court métrage intitulé Eccéité]. Érik Canuel a changé la sienne [Halte routière] d'ailleurs. »

« Chaque réalisateur avait carte blanche pour le casting aussi. Ils sont allés chercher leurs comédiens fétiches. Voir la couleur différente de chacun des réalisateurs est l'un des principaux intérêts du film. »

« Je me suis occupé de mettre toutes ces affaires-là ensemble », explique-t-il à propos de son rôle dans la production. « Je devais faire des commentaires à mes pairs, ce qui était assez étrange, puisque normalement nous, les réalisateurs, on ne se voit pas beaucoup et on ne se parle pas beaucoup non plus. Moi, je devais juger en quelque sorte le travail des autres. Si, par exemple, un film était trop long, je devais prévenir le réalisateur de l'écourter. Tout ça s'est fait, précisons-le, dans la bonne entente par contre. »

L'ordre des courts métrages a aussi été déterminé par Tessier. « C'est intéressant parce que dépendamment dans quel ordre tu les mets, tu n'auras pas le même feeling, tu n'auras pas le même film du tout. Si on avait commencé par le film de Labrèche par exemple, ça aurait donné quelque chose de bien différent. Sur papier, nous avions à peu près 15 versions possibles et on en a testé 4 ou 5. Tester, ça veut dire mettre les films l'un après l'autre, s'asseoir, les regarder et laisser ça décanter. »

Les films choraux - dans lesquels un nombre relativement important de personnages, sans que l'un d'eux ne semble plus important que les autres, s'entrecroisent - sont généralement des oeuvres plutôt hétérogènes. Trouver le lien entre les différents segments n'est pas chose simple. « Le lien ici, en fait, c'est l'auteur », précise E. Roy. « L'auteur fait le fil entre les histoires et le fait qu'il y a un réalisateur-coordonnateur [Éric Tessier] ça aide aussi à faire la liaison. Éric est arrivé assez tard dans le projet, mais il a rapidement tout saisi; les nuances, le ton. Je ne voulais pas quelqu'un qui allait transformer l'oeuvre au complet. Il a fait un travail impeccable. »

L'un des ajouts importants qu'on retrouve dans le film et pas dans la pièce est le conférencier, interprété par Stéphane E. Roy. « Le conférencier n'existait pas dans la pièce. Celle-ci finissait avec l'auteur de théâtre. Il n'existait pas d'histoire entre les histoires. L'auteur, à la fin, rencontrait son ex devant le public. Une situation semblable se passe dans le film, mais le conférencier et son ex marchent ensemble dans les rues de Montréal. »

Quand on demande aux deux réalisateurs leur court métrage préféré parmi les 9, ils ont bien du mal à départager. « J'aime celui de Micheline Lanctôt pour la légèreté, pour la répétition », mentionne E. Roy. « J'aime celui de Marc Labrèche pour la folie et les dialogues. J'aime l'univers en noir et blanc un peu fellinien de Jean-Philippe Duval, j'aime ce qu'il m'a fait faire à la fin où ça devient calme et sur un autre ton. Le plus étonnant pour moi, ça reste celui de Marc Labrèche. Celui de Canuel est bon aussi. Et Luc Picard dans le silence, les malaises. »

9 le film sera présenté sur 34 écrans à travers le Québec dès vendredi.

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