entrevue
Mardi 19 février 2013 à 17h08

Roy Dupuis et Yan Lanouette Turgeon parlent de Roche papier ciseaux

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Roy Dupuis, Yan Lanouette Turgeon sur le plateau de Roche Papier Ciseaux

Le drame québécois Roche papier ciseaux, de Yan Lanouette Turgeon, prend l'affiche dans les salles ce vendredi. Le long métrage brosse le portrait de trois personnages bien différents. Le premier, un jeune autochtone du nom de Boucane, quitte sa réserve dans le Nord-du-Québec pour la métropole. Normand, un homme de main de la pègre chinoise, lui propose de conduire son camion jusqu'à la ville en échange de quelques billets. Le second protagoniste s'appelle Lorenzo. Ce vieil et pauvre italien ramasse la ferraille et les canettes vides pour tenter de récolter suffisamment d'argent pour réaliser le dernier rêve de sa femme atteinte de la maladie d'Alzheimer. Et finalement, Vincent, un ancien chirurgien, travaille pour le milieu criminel chinois et espère se libérer de cet enfer dans lequel il est prisonnier depuis trop longtemps.

Roy Dupuis incarne ce troisième personnage-titre. « Vincent, c'est quelqu'un qui n'est vraiment pas où il aurait aimé être à cette période-là de sa vie, c'est un gars qui veut disparaître. C'est pour cette raison que j'ai décidé de le jouer de manière très minimaliste, très intérieure. L'univers créé par Yan et André le permettait. »

« C'est l'originalité et l'authenticité de leur scénario qui m'a convaincu de choisir ce projet. C'est difficile d'expliquer à chaque fois pourquoi un scénario vient nous chercher plus qu'un autre, mais, pour moi, ça revient souvent à des histoires qui arrivent à me surprendre, à des personnages surprenants. Et l'audace – comme celle dont a fait preuve Yan dans son film - entraîne souvent cette surprise qui me séduit. »

Yan Lanouette Turgeon a travaillé sur quelques courts métrages et plusieurs publicités, mais il en est à son premier long métrage. « Même si c'est son premier film, Yan connaît bien ses outils, c'est un réalisateur très clair avec ses acteurs. Déjà, d'avoir écrit une histoire comme celle-là avec des personnages et un univers aussi complexes, c'est une preuve tangible de son talent. »

C'est en 2005 que Yan Lanouette Turgeon a commencé à développer ce projet. « André est venu me voir en me disant qu'il croyait que nous étions prêts à nous lancer dans notre premier long métrage. Il avait une idée, un titre surtout; Roche papier ciseaux, un film en trois volets. Il avait en tête seulement un univers, la trame narrative n'était pas vraiment étoffée. Tu as toujours la volonté de faire le film que tu voudrais voir et nous nous avions envie de ça, des situations tantôt loufoques, tantôt très dramatiques, tantôt les deux. Cette espèce de ton-là, cet univers-là nous appelait et nous avions envie de jouer avec ça. »

« Notre première référence structurelle c'était Amores Perros et on voulait jouer ça en trois courts métrages avec très peu de liens narratifs entre les trois histoires. On se disait que ce serait facile à écrire, mais on a vite compris que pour que ça vive dans un long métrage, il fallait que ça s’entrelace beaucoup plus, que ça s'entrecoupe, ça a donc été beaucoup plus long à écrire qu'on le croyait au départ. »

« Les acteurs n'étaient pas dans nos têtes quand on a commencé à écrire, mais plus l'écriture avançait plus les images se créaient. Quand on est arrivé à notre premier dépôt de production en 2009, il ne nous restait à caster que les rôles des Européens... Quand on assume qu'on acteur va jouer un personnage, ça singularise l'écriture. On enlève des passages parce qu'on sait que c'est ce comédien-là qui va le jouer, on en ajoute pour d'autres. Je trouve que c'est très porteur à une certaine étape d'écriture de poser le visage d'un comédien sur un rôle. »

Y'a-t-il eu des coupes crèves-coeurs, des scènes que vous avez dû enlever, mais que vous auriez préféré laisser? « Oui, même que ma scène préférée n'est pas dans le film. Au début, les trois récits étaient séparés, ils ne s'enchevêtraient pas, mais quand on a décidé qu'ils devaient se rejoindre, la scène en question en fonctionnait plus. Ç'a été la dernière coupe que j'ai faite. J'ai essayé de la placer mais à chaque fois qu'elle entrait, ça faisait stagner l'histoire. Elle sera, par contre, sur le DVD. »

En plus de Roy Dupuis, le film met en vedette Remo Girone, Samian, Roger Léger, Frédéric Chau et Réjean Lefrançois.

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