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Vendredi 23 septembre 2011 à 14h24

Roschdy Zem parle de Omar m'a tuer

Photo Par Karl Filion
Une scène de Omar m'a tuer

Sorti dans les salles françaises en juin dernier, le deuxième long métrage de Roschdy Zem, Omar m'a tuer, prend l'affiche chez nous ce vendredi. « C'est une affaire qui est restée très présente dans la mémoire collective. C'est l'affaire criminelle qui est toujours citée en exemple, même si le crime qui a eu lieu en 1991. Il y a toujours des titres de journaux, des livres, qui font référence à cette affaire. »

Comme le démontre le film avec le livre de Vaugrenard, faire un film permet de remettre le sujet dans l'actualité. « Absolument. L'affaire était célèbre avant le film, et le film est la continuité de tout ça. Il permet d'accumuler les informations qu'on a amassées pendant toutes ces années et de suivre le parcours d'Omar Raddad. »

« J'ai eu l'envie de repasser derrière la caméra, car je voyais exactement où je voulais aller avec ce personnage et cette affaire. C'est une histoire qu'on a tous suivie, pendant des années, mais beaucoup de détails nous ont totalement échappés, et j'avais envie de m'intéresser à ces détails-là qui n'étaient pas connus du grand public. »

Croyez-vous que cette histoire pourra rejoindre d'autres sociétés que la société française? « Ce qui est important, c'est que l'affaire Omar Raddad est une affaire universelle, elle touche tout le monde. Aujourd'hui je regardais les informations et il y a cette affaire Troy Davis, qui est dans le couloir de la mort, et qui pourtant a apporté des éléments suffisamment probants pour qu'on puisse l'acquitter. Dans tous les grands pays, en France, aux États-Unis, au Canada, il y a des affaires comme celle-là. En France c'est sans doute la plus emblématique, mais elle n'est pas unique. C'est une affaire qui doit toucher pas seulement une communauté, mais l'Homme dans son ensemble, l'Homme face à la justice. »

Votre expérience d'acteur vous permet sans doute de mieux communiquer avec eux. « Avec les acteurs, j'ai une complicité réelle qui est non seulement fondamentale, mais aussi très agréable. J'ai un vrai plaisir à travailler cette connexion avec les acteurs, parce que je crois savoir ce qu'ils ressentent, je crois comprendre aussi parfois leurs frustrations. C'est un partage qui me plaît. »

Dans le cas d'une histoire vraie, est-ce la réalité qui est au service du film, ou le film qui est au service de la réalité? « C'est clairement la réalité qui est au service du film. La volonté initiale et à laquelle je me tenais, c'était avant tout de faire un film. De me servir de la vérité, des faits; je ne peux pas inventer, je dois m'en tenir à des faits authentiques, authentifiés même, et de prendre ces éléments-là et de les mettre au service d'une fiction. L'idée, c'est de faire du cinéma, qui sera vu dans des salles, par des spectateurs, cinéphiles, ou pas d'ailleurs, sinon... vaut mieux faire un documentaire. »

Parce que le personnage principal n'est pas nécessairement « attachant ». « Oui, mais c'état le pari audacieux du film. Prendre cette homme enraciné, noble, d'essayer d'en faire un personnage attachant malgré tout. J'ai essayé de lui donner une trame d'ambiguïté. Le fait de s'enfermer dans son mutisme a provoqué beaucoup de doutes chez certaines personnes. En fonction de votre comportement, les gens vous déclarent coupable ou innocent, mais c'est basé sur rien. »

Son rapport avec les membres de sa famille permet de l'humaniser davantage. « Bien sûr. Le rapport du père, c'est vrai, paraît important. J'ai vu le film une fois avec Omar, il y a deux moments où il ne regarde pas l'écran, et c'est les séquences avec son père. Il y a une forme de respect qui est assez étonnante. Moi je pensais qu'il allait fermer les yeux quand il avale la lame de rasoir ou des choses comme ça, mais non, c'est les séquences avec son père où il baissait le regard. »

Il y a plusieurs éléments de l'enquête qui semblent suspects. « On a mis beaucoup l'accent sur la faute d'orthographe, mais on oublie dans quelle condition la victime a fait ces inscriptions. C'est une femme d'un certain âge, qui a reçu une quinzaine de coups de couteau, dont certains l'ont étripée, et malgré ça elle réussit à écrire en gros, à 1,5 mètre du sol cette inscription, « Omar m'a tuer », elle a aussi écrit 6 mètres plus loin « Omar m'a t », entre les deux inscriptions, aucune trace de sang, et c'est vrai qu'on a mis l'accent sur la faute d'orthographe, mais moi c'est ça qui m'a frappé. » Il y a aussi cette « faute de frappe »... « Oui. Trois spécialistes ont fait la même faute de frappe, la même erreur de date. » Vous n'insistez pas trop sur ces éléments. « Pas la peine d'insister, les faits sont tellement incohérents que ce n'est pas la peine d'appuyer dessus. »

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