entrevue
Mardi 20 juillet 2010 à 15h20

Rémy Girard parle de Cabotins

Photo Par Karl Filion
Rémy Girard dans Cabotins

Le réalisateur Alain Desrochers dirige une distribution composée de Rémy Girard, Yves Jacques, Dorothée Berryman, Gilles Renaud, Marie-Ève Milot et Pierre-François Legendre dans le film Cabotins, qui doit prendre l'affiche partout au Québec ce vendredi.

Marcel, ex-comédien-producteur de variétés devenu campagnard, apprend que sa femme l'a quitté et qu'il est ruiné. Pour se refaire une vie, il décide d'aller recruter ses anciens comparses à Montréal pour monter un spectacle de retrouvailles. Il retrouve Lady Moon, un travesti sexagénaire en deuil; Lucie, une comique indomptable; et Roger, un crooner gominé un peu salace. Les trois comparses acceptent la proposition de Marcel, mais uniquement s'il embauche aussi son fils Pedro. Or, Marcel et son fils ne s'entendent pas très bien et n'ont pas la même vision du théâtre populaire.

C'est Rémy Girard qui incarne Marcel. « C'est un rôle plus difficile, cette fois-ci, pour moi. Je joue un acteur, un personnage qui est exécrable, qui est assez loin de moi au niveau caractère et tout ça, avec toute la question de la performance sur scène. Il fallait que les numéros soient à la hauteur de la réputation du personnage. »

Mais il prouve aussi qu'il est capable de jouer du théâtre dit « classique ». « Curieusement, la scène que je joue dans le film tirée de Camille et Perdigan, de Musset, je l'ai passée en audition à l'école... et je me suis planté! Je me suis rarement planté comme ça. Quand je suis arrivé dans le film, je me suis dit que j'allais pouvoir me reprendre! ».

« J'en ai fait du cabaret, des numéros de variété. J'ai travaillé avec Latulipe, j'ai fait des tragédies, des classiques, alors c'est vrai que mon expérience d'acteur m'a aidé beaucoup. »

Vous jouez avec des collègues acteurs que vous connaissez depuis les années 60. Comment est-ce de se joindre à votre groupe? « Je pense que les jeunes se sont bien intégrés. Pierre-François, c'est un acteur que je respecte, ça a bien cliqué entre nous. Les dialogues sont bien écrits, certaines scènes sont écrites comme du vaudeville, même si on n'est pas dans le spectacle. Le scénario mêle la scène et la réalité. »

Pierre-François Legendre incarne Pedro, le fils de Marcel. « C'est un acteur, comme il se décrit lui-même, déjà has been à 30 ans. Il a la pression de son père qui a fait une grande carrière comme acteur, et il trouve ça un peu trop lourd. Il cherche à avoir l'approbation de son père. »

Comment s'est faite l'intégration? « J'ai fait beaucoup d'observation avec eux. C'est correct, parce que mon personnage aussi, dans les scènes de groupe, est juste content de voir sa famille. J'agissais comme mon personnage : je les regardais aller. »

Est-ce que Cabotins est un film nostalgique? « C'est vrai qu'aujourd'hui, ce type de théâtre-là n'intéresse pas les jeunes comme toi et moi. Mais le film, c'est différent. Moindrement tu t'intéresses à ce qui s'est passé en 1985... C'est une forme de réhabilitation, mais c'est surtout un film sur l'amitié d'un gang de théâtre. Ça aurait pu se passer dans n'importe quel milieu. C'est des mésadaptés, ils sont tout seuls, ils font pitiés... Mais ensemble, ils se font du bien, ils ont une certaine force qui fait qu'ils sont capables d'accomplir des affaires. Il n'y a pas d'âge pour être attendri par une histoire comme ça. »

Marie-Ève Milot, qui incarne la jeune Mélanie, une jeune fille qui rêve de théâtre classique autant qu'elle aime les chansons de Martine St-Clair, va dans le même sens. « Nostalgique? Ouais, pourquoi pas? Tout le monde peut prendre son pied, même ceux qui n'étaient pas là dans les années 80, ils vont en apprendre... » Entre autres que les chemises étaient laides en ta... « Que les épaulettes étaient violentes aussi. Que les tailles hautes étaient... très hautes. Mais reste que c'est un hommage au théâtre de variété, à tous ces artistes-là. Oui, oui les nostalgiques, mais pas péjoratif. Comme un hommage, comme un clin d'oeil. »

« C'est des vrais artistes à qui on fait des clins d'oeil. C'est une belle palette des mécanismes du rire, aussi. Il y a quand même beaucoup de choses dans ce film-là qui vont au-delà que d'être juste une bonne comédie. »

Alain Desrochers, lui, est attaché au projet depuis le début, en 2002. « J'ai trouvé le scénario très intéressant, surtout son langage critique de parler des gens qu'on a snobé pendant des années. C'est un film sur une époque révolue où à cause de l'avènement de la télévision, le théâtre burlesque ou populaire prenait de moins en moins de place. »

Quelles qualités recherchiez-vous chez vos comédiens? « Ce qui est intéressant, c'est que tous les comédiens qui jouent dans le film ont touché aux deux mondes. Ils ont fait autant de la variété que du théâtre classique. C'est du monde qui a flirté avec le théâtre populaire. C'était l'ouverture de gens qui ont touché à tout que je voulais aller chercher. »

Un peu comme vous, qui avez réalisé La bouteille et Nitro. « Exactement! Et j'ai été snobé par le monde du cinéma parce que j'ai fait un vulgaire film d'action. Moi, mon but c'est de faire des films qui touchent le plus large public possible. Je n'ai pas de prétention de vouloir faire du cinéma élitiste. Pour moi, il n'y a pas de grand théâtre ou de petit théâtre, comme il n'y a pas de grand ou de petit cinéma. »

Est-ce que le film s'adresse surtout aux gens qui ont vécu les années 80? « C'est assez large quand même. On a fait des projections-tests avec des jeunes de 17-18 qui ont tripé aussi parce que c'est une époque qu'ils n'ont pas connue. C'est intéressant de voir ce qui s'est passé en 1985. C'est sûr qu'il y a des références que les jeunes ne comprendront pas... » Est-ce de la nostalgie? « Pour moi, ça ne relève pas de la nostalgie, mais du bon goût de s'informer. C'est une comédie légère, sans prétention. »

Le film comporte plusieurs stéréotypes et se fait un devoir de se terminer dans le bonheur. « Les clichés sont faits de vérité, je n'en ai absolument pas peur. Si les gens me disent que c'est cliché, bravo, y'ont compris, et j'assume ça à 400 milles à l'heure. C'est même cliché à la limite du cucul. Moi, c'est ça que j'aime, c'est ça qu'on voulait. »

Cabotins prend l'affiche ce vendredi.

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