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Vendredi 30 juillet 2010 à 10h52

Radu Mihaileanu parle du film Le concert

Photo Par Karl Filion
Une scène du film Le concert

Le réalisateur roumain Radu Mihaileanu, après un passage remarqué à Cinémania, présente au public québécois son nouveau long métrage, intitulé Le concert. Rencontré en début d'année à Paris, il raconte la genèse du long métrage. « Le film est tiré d'un fait divers qui s'est produit en 2001 : un faux orchestre du Bolchoï est allé à Hong Kong; bon, ils n'ont pas eu le temps de faire leur concert parce qu'ils ont été rattrapés avant, mais ça a donné l'idée à deux scénaristes français d'écrire un synopsis sur un faux orchestre du Bolchoï qui viendrait à Paris, et ils m'ont proposé le synopsis. »

« Il me correspondait peu, parce que les deux auteurs avaient moins de connaissances par rapport au communisme et aux pays de l'Est, alors avec leur autorisation j'ai tout réécrit avec un scénariste. On a pris beaucoup de plaisir à rendre des nuances beaucoup plus slaves, plus près de l'ancien régime communiste. »

C'est donc le film d'une rencontre. « Il y a deux volets dans l'histoire, c'est une rencontre entre la sensibilité russe : cette âme slave, cette excentricité, cette énergie, et de l'autre côté la civilisation française, occidentale. De cette rencontre, même s'il y a des frictions au début, naîtra peut-être à la fin ce qu'on appelle l'ultime harmonie. »

Paris est la ville idéale pour cette rencontre, c'est une ville mythique au cinéma. « Pas seulement qu'au cinéma! C'est la Ville Lumière, c'est la ville de la joie de vivre, de la Tour Eiffel, de la mode, de l'histoire, de la culture, c'est indéfinissable tellement c'est large. Moi, j'ai grandi en rêvant de Paris, donc ce n'est pas innocent si un jour, j'ai rêvé d'y émigrer. Dans le film, les Russes rêvent d'atterrir dans la Ville Lumière. C'est une ville de rêve. Moi-même, je m'émerveille à chaque fois que je me balade. »

Avez-vous eu les moyens de vos ambitions? « Oui, plus que jamais. C'est mon film le plus cher, il a coûté 13 millions d'euros. Comme mes films d'avant avaient plutôt marché, les financiers m'ont énormément soutenu. On n'a jamais fait des scènes au rabais, même si certaines étaient très chères : tourner sur la Place Rouge avec tous ces figurants, fermer la place, le Bateau-mouche, le Théâtre du Châtelet, les accessoires, les costumes... »

Ressentez-vous davantage de pression? « C'est pas parce qu'il y a plus d'argent qu'on a moins le droit de rater un film : de toute façon on n'a pas le droit de rater un film. Après, on peut le rater, c'est possible... quand le film sort, après cinq ans de travail, le public a le droit de sortir et de dire « bof! », mais ça que ça coûte vingt millions ou deux millions, c'est la même chose. Alors pendant le tournage, je ne me pose pas trop la question. »

La réponse du public est importante pour vous? « Il faut que le film me corresponde, que je ne me trahisse pas, que je ne fasse pas tellement de compromis pour que ça plaise au public; ensuite je crois qu'aucun réalisateur ne fait un film pour ne pas plaire au public. On rêve tous, dès le premier jour de tournage, de comment le film va être perçu et regardé. Est-ce qu'ils vont aimer? Est-ce qu'ils vont être touchés? Est-ce qu'ils vont comprendre les nuances que j'ai essayé de mettre? »

Le concert prend l'affiche ce vendredi.

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