entrevue
Mardi 29 juillet 2014 à 16h00

Philippe de Chauveron parle de Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?

Photo Par Karl Filion
Une scène de Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?

Immense succès en France avec près de 11 millions de spectateurs depuis sa sortie en avril dernier, la comédie Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? prend l'affiche au Québec ce vendredi. Mettant en vedette Christian Clavier et Chantal Laubry dans le rôle de deux bourgeois de province qui ont élevé leurs quatre filles dans le catholicisme mais qui ont vu leurs trois premières filles se marier, respectivement, avec un Asiatique, un Juif et un Arabe, le long métrage s'intéresse aux stéréotypes raciaux sous fond de mésentente familiale. Surtout que la cadette vient de se fiancer à un homme d'origine ivoirienne.

Philippe de Chauveron réalise le film, lui qui nous a aussi donné L'élève Ducobu. Nous l'avons rencontré lors de son passage à Montréal plus tôt cet été.

Le film découle-t-il d'un état social, ou même d'un état d'urgence? « Effectivement, en France, il y a beaucoup de communautés, donc forcément beaucoup de choses bien et aussi beaucoup de problèmes. La France c'est un pays un peu schizophrène, c'est un pays plutôt de droite, qui a élu un Président de gauche; le Front National est très fort et en même temps c'est le pays où il y a le plus de mariages mixtes au monde. Les gens se mélangent beaucoup, ça se passe plutôt bien. Par contre, quand on allume la télé, on a l'impression que tout va mal. Ce n'est pas du tout le cas. »

Quel lien à faire entre la réalité québécoise et la réalité française? « À partir du moment où il y a des communautés, ils essaient de se faire leur place, c'est logique. Mais ça n'empêche pas que les gens s'aiment et vivent ensemble. On peut faire des liens avec tous les pays. »

« Le problème en France c'est que les fils et les filles d'immigrants souffrent qu'on ne les considère pas comme des Français à part entière. Ils ont une culture française, ils ont lu les mêmes livres, vu les mêmes films, ils se sentent Français. D'un autre côté, les Français « de souche » souffrent qu'on les prenne pour des racistes alors que la majorité est accueillante et tolérante. »

Vous choisissez d'aborder le sujet sous le couvert de la comédie... « Souvent les comédies parlent de sujets graves, c'est ça qui est drôle. Les gens se reconnaissent, ça nous permet de faire de l'ironie là-dessus. »

Cela permet aussi de parler aux gens sans faire la leçon. « Exactement. Les films à message ce n'est pas très efficace à mon avis. Les gens ont l'impression d'aller à l'école. »

Peut-on s'amuser même en tournant une comédie? « J'aime bien m'amuser, et j'ai tourné avec des acteurs qui avaient beaucoup travaillé avant. Ils connaissent le scénario par coeur, ils avaient travaillé leur rôle, ils étaient prêts. Surtout Clavier, lui qui aime bien faire le con. »

« Clavier m'a dit, avant le tournage : « Je ne veux pas rencontrer les quatre gendres, parce que je veux qu'au premier jour de tournage ils aient peur de moi, comme dans le film. » Ça a été le cas, ils étaient pétrifiés. J'ai travaillé avec chaque acteur séparément. J'aime pas trop répéter. À partir du moment où l'acteur connaît bien son personnage, il faut le laisser jouer. Si on a choisi le bon, ça va marcher. »

« C'est une espèce de chronique familiale. On raconte la vie d'une famille, on peut surprendre le spectateur, c'est ça aussi qui a plu. Le rythme, dans une comédie, c'est ce qui est de plus important. Les acteurs le donnent, c'est des acteurs de comédie, ils jouent vite, ils ont la pêche, ils ont l'énergie, et au montage j'ai vachement travaillé pour que le spectateur ne puisse jamais se reposer. »

Distribué par AZ Films, Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? prend l'affiche dans une trentaine de salles ce vendredi, partout au Québec.

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