entrevue
Vendredi 31 mai 2013 à 15h59

Pascal Chaumeil parle de Un plan parfait

Photo Par Karl Filion

Pascal Chaumeil sur le plateau de Un plan parfait

Un plan parfait, deuxième long métrage de Pascal Chaumeil (aussi responsable de L'arnacoeur), a pris l'affiche en France l'automne dernier et a connu un succès respectable avec plus de 1,2 million d'entrées. La comédie romantique, qui met en vedette Diane Kruger dans le rôle d'une femme qui souhaite trouver un mari et divorcer immédiatement afin de contrecarrer une malédiction qui afflige sa famille. Elle choisit donc Jean-Yves, interprété par Dany Boon, un homme désagréable qu'elle déteste immédiatement. C'est donc la victime parfaite...

« On a parlé de ce projet pour la première fois le jour de la sortie française de L'arnacoeur, le producteur et scénariste Laurent Zeitoun et moi, au cours d'un déjeuner, nous dit d'abord Pascal Chaumeil. Il avait cette idée d'un scénario sur lequel il avait travaillé qui s'appelait Cinq mariages, et qui était l'histoire d'un homme à qui une voyante prédisait que le cinquième mariage serait le bon. Je lui ai suggéré, parce que le cinéma français ne donne pas souvent le premier rôle à une femme, dans des comédies comme ça, d'envisager raconter l'histoire d'une femme. »

« Le projet après s'est développé sans moi, parce que je travaillais sur un autre projet. Je suis revenu sur le film alors que le projet était assez avancé, les deux acteurs principaux avaient été choisis. Je ne m'en plains pas du tout : mon autre projet a été décalé, et je suis arrivé sur le film quelques mois avant le tournage. »

Tout de même, le réalisateur doit reformer le film à sa main. Par où commencer? « Ça commence d'abord par un peu de travail de réécriture avec Laurent. C'est un travail qu'on avait déjà fait avec L'arnacoeur, mais beaucoup plus longtemps; on y avait passé un an. Sans changer fondamentalement l'idée du film, c'était de pousser le scénario vers certains éléments, en enlever d'autres, de resserrer l'histoire... Le film se construit dans ma tête pendant cette préparation. »

Êtes-vous toujours en réécriture, même sur le plateau ou en montage? « Oui, énormément. On a réécrit pas mal de scènes pendant le tournage. En préparation, on fait une première lecture pour avoir le mouvement global du film, mais pendant le tournage les acteurs parfois se rendent compte que des scènes ne sont pas tout à fait construites comme il faudrait, alors on change. Le montage est aussi un travail de réécriture. »

Dans un contexte de comédie, est-ce que le travail est particulièrement technique, ou faut-il s'amuser? « Moi, j'aime bien tourner les films dans le plaisir. Ma manière de fonctionner est dans le plaisir, dans la créativité, dans l'échange avec les autres, les acteurs, les techniciens. Je pense qu'une comédie ça doit se faire dans une ambiance détendue, pour que les acteurs soient confiants, qu'ils n'aient pas peur du ridicule. »

« C'est génial de savoir qu'on a Dany Boon, pour jouer des scènes comme burlesques, un peu slapstick; il y a peu d'acteurs en France qui ont une cette capacité comique visuelle, où le corps lui-même est un instrument comique. »

Dany Boon, à cause de ses succès précédents, représente beaucoup de choses pour le public. Quel est votre travail : capitaliser là-dessus, ou le diriger vers autre chose? « Moi, j'essaie de ne pas penser à ce qu'il est avant. Chaque film est différent, et chaque acteur arrive avec son talent, mais je n'ai pas spécialement regardé les films de Dany... J'aime bien avoir le plaisir de la découverte, avec les acteurs, aussi. L'idée, ce n'est pas de capitaliser sur l'image de Dany, mais de lui faire interpréter un personnage. Pour Diane Kruger, ce qui est intéressant, c'est ce décalage avec son image publique - une beauté blonde, un peu froide - alors que c'est une fille qui a un dynamisme incroyable, très sympa, qui aime bien déconner... Je ne voulais pas qu'elle soit trop en contrôle sur ce film, je voulais qu'elle se laisser aller. »

Le film est une comédie romantique. On devine assez rapidement, par habitude, comment l'histoire se termine... comment composer avec cet élément? « On s'y abandonne. Jusqu'à maintenant, les deux films que j'ai faits sont dans les schémas de la comédie romantique. Je trouvais ça assez confortable, et ça fait partie du plaisir. L'intérêt, c'est de savoir comme on va y arriver. C'est un genre, et il faut le respecter, et j'adore ça comme spectateur, une comédie romantique. »

Un plan parfait prend l'affiche aujourd'hui à travers la province.

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