entrevue
Jeudi 20 janvier 2011 à 16h30

Michel Monty parle d'Une vie qui commence

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily
Sur le plateau du film Une vie qui commence

Michel Monty, professeur au Conservatoire d'art dramatique de Montréal et spécialiste du théâtre, nous présente son premier projet cinématographique, Une vie qui commence. Le long métrage, qui s'est mérité le Bayard d'Or de la meilleure première oeuvre lors du 25e Festival international du film francophone de Namur, met en vedette le jeune Charles-Antoine Perreault, Julie Le Breton, François Papineau, Raymond Cloutier et Rita Lafontaine.

Nous sommes au début des années 60 à Montréal. Jacques Langevin, médecin et père de famille, a tout pour être heureux. La vie de sa famille bascule lorsqu'il disparaît subitement. À travers les yeux d'Étienne, l'aîné des trois enfants, nous suivons une famille qui doit composer avec cette nouvelle réalité.

« Le film se déroule en 1963, c'est donc un Québec très rigide que je présente, qui n'est pas encore entré dans la vague « peace and love » », précise le réalisateur. « Les grands-parents dans mon film ont vécu la Grande Dépression des années 30 et le petit garçon a une naïveté très spéciale que les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas avec l'internet et l'accessibilité à l'information. »

Mais les parents dans le film sont tout de même marginaux pour l'époque. « C'est important pour moi de montrer un couple heureux qui s'aime, ouvert pour l'époque. Lui, il regarde des Playboy et elle, elle fait des blagues là-dessus. On voit que ce n'est pas une femme jalouse, straight. C'était important aussi de décrire le personnage de François Papineau dans un monde en apparence très rangé et froid. Mais comme il pratique l'hypnose à l'hôpital, on comprend que c'est quelqu'un qui ne suit pas nécessairement la voie qu'on lui a tracée. »

Malgré ses thématiques sombres, le film dégage l'espoir. « Je voulais faire un très bel objet, au niveau de la couleur, de la texture, de la facture du film. Je voulais que ce soit beau à regarder, lumineux, pour être en contre-point avec la gravité du sujet. Le parcours du jeune garçon est aussi guidé par la lumière; il est rayonnant au départ, il sombre dans les ténèbres au milieu et remonte vers la lumière à la fin. J'ai envie de faire des films qui donnent le goût aux gens de vivre, qui leur donnent la force d'agir, de construire leur vie. »

« Souvent on dit deuil et on imagine tristesse, dépression, mais ce n'est pas du tout le cas dans mon film, les personnages agissent pour changer leur situation regrettable. »

Le choix des acteurs a-t-il été facile? « Je savais au départ que je voulais François Papineau pour jouer le père. Au cinéma, contrairement au théâtre, on va caster des personnages, c'est-à-dire qu'à la lecture du scénario si tu sens que le public doit aimer la grand-mère dans le film - même si elle est alcoolique, droguée, toute croche -, tu dois aller chercher quelqu'un comme Rita Lafontaine, parce que cette femme-là naturellement, on l'aime. Je veux que le public s'attache à elle sans effort, sans avoir à composer un personnage. Pour la mère, je voulais l'épouse parfaite des années 60, je voulais une comédienne que quand on l'habille dans ces costumes-là, on ne se pose pas la question une seconde si elle concorde avec l'époque. »

Cette dernière, Julie Le Breton, décrit son personnage comme « une femme forte, une épouse idéale et une mère aimante. Son monde s'écroule lorsque son mari meurt dans des circonstances troubles. Elle vit avec un deuil, mais aussi avec une immense trahison parce qu'elle réalise qu'elle a vécu des années avec un homme qu'elle ne connaissait pas. Sa seule façon de traverser ce moment pénible, c'est d'effacer toutes traces de l'existence de son défunt mari, de se remonter les manches, de se trouver du travail et de devenir le capitaine de son bateau. Ce qui, par contre, est très difficile pour son fils Étienne puisqu'il vit la mort de son père de manière bien différente. »

« L'art permet de montrer plusieurs facettes de la vie. Ce film-là, c'est un film sur le deuil, mais il y a autant de manières de vivre la mort qu'il y a d'êtres humains sur la Terre. Et Une vie qui commence est un bel exemple de ça, parce qu'il n'y a pas non plus bonnes manières de vivre un deuil, elles sont toutes valables, seulement différentes. »

Quel genre de réalisateur est Michel Monty? « Il avait une très grande confiance en ce qu'il faisait, c'est une histoire qui est très personnelle pour lui. Ça aurait pu devenir une genre de thérapie, mais ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Il a même été très dur avec à lui-même. Il coupait des choses, des scènes, alors qu'habituellement les réalisateurs qui commencent vont faire le contraire, ils ne voudront pas effacer, couper, parce qu'ils ont peur de ne pas être compris. Ils ont aussi l'habitude de mettre de la musique mur à mur alors que Michel a fait preuve d'une économie de moyens incroyables, d'une maturité au point de vue cinématographique. Ça paraît que dramatiquement et dramaturgiquement parlant, il a de l'expérience. »

Une vie qui commence prend l'affiche dans les salles le 21 janvier prochain.

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