entrevue
Mercredi 1 août 2012 à 15h36

Manon Briand parle de Liverpool

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Manon Briand sur le plateau de Liverpool

Après une pause de 10 ans, Manon Briand revient avec un nouveau film, titré Liverpool, sur l'emprise des nouvelles technologies et comment l'amour s'est transformé au fil du développement de ces dernières. Le long métrage met en vedette Stéphanie Lapointe, Charles-Alexandre Dubé, Louis Morissette, Gilles Renaud et prend l'affiche ce vendredi.

Émilie est préposée au vestiaire dans une discothèque du centre-ville de Montréal. Quand une cliente, victime d'une overdose, laisse son manteau derrière elle, Émilie décide de poser un geste serviable et d'aller lui rendre à son hôtel. Sans le vouloir, elle se retrouvera alors plongée dans un complot criminel dont elle estime à peine l'envergure. Toujours désireuse de faire le bien, elle tentera tout de même de résoudre le mystère avec l'aide de Thomas, un client du bar secrètement amoureux d'elle.

« Quand on écrit, on place sans cesse des idées dans des tiroirs et on les accumule pendant des années jusqu'au jour où certains éléments convergent et cristallisent en une histoire, explique la réalisatrice. Moi,ça faisait des années que je suivais l'évolution de la technologie et des réseaux sociaux. J'étais fascinée par comment ça changeait nos rapports de société, comment on communique entre nous et même nos rapports amoureux. Dans un autre tiroir, j'avais l'image de cette fille de vestiaire qui observe la fête sans y participer. J'avais envie d'un personnage plus romantique dans cette époque d'apparence, de technologie et d'exhibition. La personne dans l'ombre qui voyait l'arrière de la fête. Tout ça, associé à un très très grand désir que j'avais d'utiliser la chanson Liverpool, qui me rendait heureuse à chaque fois que je l'entendais. Je voulais l'utiliser un peu comme un plan de match, c'est-à-dire réussir à parler de chose sérieuse, mais avec beaucoup de ludisme et de légèreté. »

Lorsqu'on s'attarde aux paroles de la chanson - « Et là-haut sur le pont d'acier qui grince dans le vent, L'un vers l'autre ce soir-là s'approchent deux amants » - on voit des liens entre les mots et l'histoire de Liverpool. « J'ai écouté la chanson des centaines et des centaines de fois pendant l'écriture alors évidemment les paroles ont fini par s'intégrer naturellement à l'histoire. Sans directement plaquer les mots, je savais que les paroles auraient un lien dans le récit. L'idée de commerce illicite et le lien avec la technologie sont arrivés après. »

« Pour les besoins du film, j'avais besoin de jeunes acteurs pour justifier la pureté et la naïveté des personnages. J'ai donc rencontré et vu à peu près tous les jeunes acteurs qui sont sortis des écoles dans les dernières années et ceux des agences. C'est donc comme ça que j'ai rencontré Stéphanie. Et elle m'a tout de suite flashé comme étant proche du personnage. J'aimais beaucoup l'énergie qu'elle dégageait. Mais c'est vraiment lorsque les deux ont joué ensemble qu'ils se sont finalement élus. »

C'était une très bonne idée que de choisir Giovanni Appollo pour le rôle du mafioso, un choix plutôt inattendu. « Il y a plusieurs années, j'étais dans son restaurant comme cliente et, comme tout chef qui se respecte, il est venu visiter ses convives à la fin du repas. Lorsqu'il est venu à notre table, nous avons déliré pendant une demi-heure. Je m'étais dit que cet homme était un vrai personnage et qu'il fallait que je le mette dans un de mes films. Le jour est arrivé. J'étais un peu embarrassé d'aller le voir et de lui offrir un rôle de mafioso italien, c'est cliché. Mais il a éclaté de rire comme un enfant, il rêvait de faire un cinéma alors il était vraiment heureux. »

On parle beaucoup de la pluralité des genres dans votre film, qu'il est difficile de le placer dans une case définie. « À chaque fois, c'est un peu torturant pour moi d'inscrire un genre sur la fiche. J'aime bien avoir la liberté de surprendre. La seule chose que je garantis c'est que le spectateur ne s'ennuiera pas. J'aime bien garder le public sur le bord de sa chaise en ne l'amenant pas toujours où il croit qu'il va aller, comme une façon de le garder dans la surprise et l'étonnement. »

Stéphanie Lapointe, l'interprète d'Émilie, appuie la vision de la réalisatrice. « Le charme de ce film-là c'est un peu d'être toutes les couleurs à la fois. Et pour un public qui est ouvert à ça s'amusera assurément parce qu'il ne sait pas vraiment où le film l'amènera. Même si le sujet est assez dramatique, l'union du personnage de Charles et le mien, très timide, discret, mais en même temps très fougueux, est assez drôle. Ils se prennent vraiment au sérieux, mais sont très maladroits, alors ça donne des situations amusantes. »

« Notre énergie, à Charles et moi, est assez semblable. J'ai l'impression que lorsque nous nous sommes rencontrés, il y a deux morceaux de casse-têtes qui se sont assemblés. Nous formions le duo parfait pour ce couple de jeunes nés à la mauvaise époque, qui sont un peu décalés par rapport à la société moderne, qu'a imaginé Manon. »

Est-ce qu'une réalisatrice qui est également auteur change l'approche? « C'est toujours différent, on le sent, elle connaît davantage ses personnages que quelqu'un qui prendrait les textes de quelqu'un d'autre. Les femmes fortes font souvent partie de sa cinématographie. Elle représente généralement un point d'ancrage à ses films, et je suis heureuse d'avoir pu en représenter une, d'avoir vécu cette aventure avec elle. »

Liverpool prend l'affiche à travers le Québec dès vendredi.

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