entrevue
Mardi 20 mars 2012 à 15h55

Louise Bourgoin parle de Un heureux événement

Photo Par Karl Filion
Louise Bourgoin dans Un heureux événement

L'actrice française Louise Bourgoin est la vedette du film Un heureux événement, dans lequel elle incarne une jeune mère mal-préparée pour les défis de la maternité. Réalisé par Rémi Bezançon, le film met aussi en vedette Pio Marmaï et Josiana Balasko.

Il s'agit d'un rôle inédit pour l'actrice qu'on a pu voir dans La fille de Monaco et Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec. « Ce qui m'intéressait tout particulièrement, c'était de jouer un truc que je n'avais jamais vécu, donc de composer entièrement. Je trouvais le sujet particulièrement intéressant, parce que c'est un sujet qui est peu traité, le rapport de la mère avec son enfant, mais de manière dé-tabouisée, crue, sincère. »

« J'avais lu le livre d'Eliette Abécassis, que je trouvais particulièrement intéressant, dans le sens où il n'était pas complaisant. Je me suis sentie responsable de ce que j'allais donner à voir; on parle de la dépression post-partum, de la place de chacun à retrouver dans un couple après la naissance d'un premier enfant, de comment, quand on est une femme qui a accouché, on peut trouver que son corps a été désacralisé, qu'on a du mal à retrouver un érotisme... »

Ce sont des sujets qui ne sont jamais abordés dans les films... « Souvent, à la fin des films ils ont un enfant, mais on ne voit jamais le après... Nous, c'est la suite du film romantique... »

« Du coup, je voulais être particulièrement crédible, donc j'ai rencontré plein de femmes, j'ai fait un stage en tant qu'assitante-sage-femme dans une clinique à Paris, et j'ai vu des vrais accouchements. Si je n'avais pas vu ça, je n'aurais jamais osé jouer l'accouchement comme je l'ai joué. Je me suis vraiment inspirée des femmes que j'avais vues. »

« Je suis contente parce que je voulais que ce soit réaliste, pas grotesque. »

« C'est vraiment initiaque comme film, je trouve. C'est l'histoire de deux adulescents qui deviennent adultes dans le film. Ça remet tellement de choses en question... C'est un sujet tellement bouleversant et universel. Ça traduit tellement une société la manière dont la maternité est traitée. »

Vous êtes dirigée par un homme, un réalisateur... « Rémi Bezançon a une esthétique très particulière, un style bien à lui... qui est très généreux, je trouve. C'est quelqu'un qui n'est absolument pas prétentieux, donc qui écoute les propositions de toute l'équipe. Je n'ai pas vu un metteur en scène qui dirige et qui demande aux autres de se plier à ses volontés, j'ai vu quelqu'un travailler en demandant des conseils aux autres... Il m'a laissé plein de fois improviser. »

Vous êtes dans un cas où vous connaissez mieux votre personnage que lui. « Exactement en fait! C'est un rôle tellement intense, avec une si grande palette d'intentions, de jeu tellement large, qu'à certains moments c'est moi qui ai écrit le dialogue, parce qu'il avait écrit un truc que le personnage n'aurait pas pu dire. Ça n'allait pas. Il m'a laissé carrément réécrire le texte... c'est la première fois que j'ai osé faire ça aussi. »

Le film ne s'applique pas à rendre coupable l'un ou l'autre dans le couple... « Je trouve que le film est partial, entre l'homme et la femme. » En même temps, le film porte en lui un certain féminisme, alors que les femmes veulent s'accomplir entièrement dans tous les aspects de leur vie... « Ça traite d'un vrai sujet, qui est que maintenant les femmes ont les mêmes ambitions que les hommes, mais qu'il va falloir trouver une solution parce que c'est très compliqué de répondre aux demandes de la société quant à l'allaitement, de rester séduisante comme le prône les magazines... »

Il était important que la mère ne soit pas qu'une « mégère » qui doit s'occuper du bébé. « Exactement. C'était important qu'elle soit aussi une intellectuelle. En même temps, la maternité lui donne la force d'écrire un livre; parfois les gens se disent qu'un bébé va couper leurs libertés, leur épanouissement personnel, leur créativité même. Que c'est une sorte de petite mort, qu'on vit pour l'autre et à travers l'autre. Mais ce n'est pas le cas. Elle arrive à dépasser ça. »

Un heureux événement prend l'affiche ce vendredi.

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