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Jeudi 6 juillet 2006 à 11h20

Le secret de ma mère

Photo Par Karl Filion

À quelques jours de la sortie du troisième long-métrage de la réalisatrice Ghyslaine Côté, Le secret de ma mère, Cinoche.com a rencontré les actrices principales du film et la cinéaste. Ginette Reno, Joëlle Morin et Céline Bonnier étaient présentes pour parler de leur expérience sur le plateau de tournage.

Lisez la critique du film en cliquant ici.

Ginette Reno

La très populaire chanteuse, qui a débuté sa carrière cinématographique avec Léolo, de Jean-Claude Lauzon, incarne, dans le film de Ghyslaine Côté, Blanche, la mère de Jeanne.

« C’est Remstar qui m’a envoyé le scénario. J’ai pris le temps de lire le scénario et je l’ai rencontrée (ndlr : la réalisatrice Ghyslaine Côté) et elle était tellement émerveillée, elle me parlait de son projet comme d’un petit bébé. Je la regardais et je me disais : « C’est une belle folle comme moi. »

On a ensuite voulu savoir si elle avait hésité avant d’accepter : « Non, non, non, non, pas une seconde. J’ai négocié un peu… » D’autant que la réalisatrice l’a avoué dès le départ : « Ginette c’est le premier choix ». Et la principale intéressée apprécie, évidemment, de se faire désirer ainsi. « C’est le fun parce que je ne passais pas d’audition.»

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Joëlle Morin incarne aussi Blanche dans le film, alors les deux actrices ont dû collaborer pour créer un personnage conséquent. « Ce qu’on a fait Joëlle et moi, c’est qu’on allait aux répétitions de l'autre pour voir l’intensité, l’énergie. C’est surtout une question d’énergie le cinéma. Y’en a pas une plus molle que l’autre. »

Ginette Reno est d’abord chanteuse depuis près d’un demi-siècle, mais ne croit pas avoir mis de côté sa carrière pour se concentrer sur le cinéma, particulièrement après avoir appris qu’elle était diabétique. Sauf que, pour elle, le cinéma n’est pas moins exigeant que la chanson. « C’est différent. Parce que quand on a un tournage c’est pour 15 jours, 20 jours, et quand on part en tournée c’est pour quatre mois, à chaque soir. Sauf qu’après 15, 20 jours de tournage il faut se reposer un autre 15, 20 jours parce que c’est des journées énormes, des grandes journées de 17 heures. Au niveau de l’adrénaline et de l’endorphine je trouve que c’est plus demandant de faire un film que de chanter sur scène. En tournée, l’équilibre se refait quotidiennement, mais pas sur un film, parce que tu deviens un autre personne pour 15, 20 jours. »

« Parfois j’écrivais au monde et je signais « Blanche », une fois le tournage terminé j’ai écris à mes amis : « Blanche est morte aujourd’hui. »

Ghyslaine Côté

La réalisatrice de Pin Pon, le film et de Elles étaient cinq réalise avec Le secret de ma mère un film plus près d’elle. Elle aime d’ailleurs bien s’impliquer dans toutes les étapes de la production, jusqu’aux sous-titres. « Dans les films de série-B, les réalisateurs sont engagés jusqu’au director’s cut, mais dans le cas d’un film plus personnel, on est là du début à la fin. On écoute beaucoup les créateurs pour rendre le film à son meilleur, à son goût. »
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Le haut de l'affiche de son film comporte plusieurs gros noms d'actrices très connues, en majorité des femmes. Elle même une réalisatrice, croit-elle que le film puisse toucher plus facilement les femmes? « Je crois que c’est un film pour tout le monde. Nombre d’hommes sont venus me voir pour me dire qu’ils avaient pleuré et qu’ils avaient ri, et de différents âges aussi, je me dis que c’est pas plus un film de femmes qu’un film d’hommes. »

« C’est un film où on traite de solidarité filiale, que ce soit entre femmes ou entre hommes, on peut s’identifier. Tout le monde peut s’identifier à la solidarité entre sœur et frère, même moi qui suis seule d’enfant, j’ai des cousins, des cousines, j’ai de la famille. Tout le monde sait c’est quoi d’avoir connu des gens depuis notre naissance. d’avoir partagé plein de choses peut importe que tu te chicanes et que tu te parles pu. »

Le secret de ma mère est une comédie dramatique son son auteur même. Dès le départ, les personnages démontrent une joie assez inhabituelle pour une rencontre au salon funéraire, particulièrement parce que le tout se passe le 31 décembre. « Je me suis dis au départ que ce serait vraiment amusant de camper l’histoire au jour de l’An. Déjà là, on se disait qu’on partait avec un contraste, on se permettait tout le temps de jouer avec le contraste des larmes et du rire. Parce que dans un salon funéraire, tu as toujours de fous rires. Parfois il y a des gens que tu ne vois pas pendant des années. Sauf qu’un moment donné tu vieillis et là tu les vois à chaque année… toujours à la même place. »
Dans le film, la séparation est assez franche entre les personnages "dramatiques" et les personnages "comiques". « Quand on développe les personnages, on développe aussi leur histoire, qui va servir notre histoire. C’est le propre de la construction d’un scénario. Clémence, par exemple un moment donné nous emmène dans le passé de sa sœur Blanche et nous permettait de le faire d’une manière drôle pour tomber dans le dramatique. Le personnage d’Andrée Lachapelle n’est pas très aimable, disons, elle nous permettait de nous emmener dans un autre moment du passé de Blanche. sans nous faire rire, plutôt avec un sourire grinçant. »

« Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de regrets dans cette famille-là, je pense qu’il y a beaucoup d’amour. »
La réalisatrice a bien sûr pris connaissance des demandes de certains réalisateurs et producteurs québécois qui sont allés rencontrer la ministre fédérale pour réclamer plus d’Argent pour le cinéma québécois, à travers Téléfilm Canada. « S’ils avaient assez d’argent ils pourraient au moins subventionner assez de films prêts – selon eux – à être mis en chantier. Mais là, en plus ils n’ont pas d’argent et ils ont ce système d’enveloppes (ndlr : enveloppes de performances) qui est complètement aberrant parce que ce sont les mêmes producteurs qui se séparent la cagnotte. »
Ghyslaine Côté s’attaquera prochainement à un film, écrit par son collaborateur Martin Girard, sur la vie de Ginette Reno, qu’on annonce déjà très musical, peut-être même semblable à ce clin-d'oeil dans Le secret de ma mère.

Céline Bonnier

Céline Bonnier est très occupée ces derniers temps. Elle était tout récemment la vedette principale de Délivrez-moi, de Denis Chouinard et incarne dans Le secret de ma mère Jeanne, la fille de Blanche et de Jos.

image« J’ai trouvé mon personnage dans le scénario. C’est quelqu’un d’assez simple, il y a la révélation du secret qui est particulière et qui fait réagir le personnage mais pour ça, tu y vas avec ce que tu connais et tu extrapoles. »
Le travail avec la réalisatrice, qui a un passé d'actrice, a été bien apprécié par celle qu'on a pu voir dans Monica la Mitraille et dans Un dimanche à Kigali. « Ça a été très agréable. C’est quelqu’un qui dirige bien, qui regarde beaucoup ses acteurs, qui encadre mais qui ne coince pas. C’est quelqu’un qui est très bien préparée. Quand il y a des décisions à prendre à la dernière minute, elle n’est pas prise au dépourvu. »
A-t-elle eu un mot à dire sur les traits de son personnage? « On a toujours un mot à dire, mais dans ce cas-ci c’était assez clair dans l’écriture. Il faut quand même que le réalisateur ait un pas d’avance sur toi, il faut qu’il te donne un canevas du personnage. »
On fait toute une histoire autour du secret, mais pour Céline Bonnier, ce n'est pas le seul intérêt du film. « Le secret n’est pas le plus important. C’est plutôt le traitement du film qui est intéressant, comment c’est monté. On pourrait en faire un deuxième parce que les personnages sont assez croustillants. »
Joëlle Morin

L’actrice, qu’on peut voir dans Virginie et dans Rumeurs incarne Blanche de 19 à 37 ans, avant de passer le flambeau à Ginette Reno, qui incarne la même blanche de 45 à 75 ans. « Il a fallu qu’on se regarde répéter avant le tournage. C’était à moi de correspondre à son énergie. La réalisatrice avant Ginette en tête dès le premier jour. Elle voulait toute sa générosité, sa transparence, ses excès. Alors, ça, c’était important pour la réalisatrice de trouver une jeune Blanche qui pouvait donner la même énergie. »
Est-ce difficile de mettre les souliers de Ginette Reno? « J’avais pris les souliers d’Alys Robi, c’est le même style d’énergie, c’est des femmes fortes, courageuses, surdouées, talentueuses. Donc c’est un compliment que de se faire offrir ce rôle-là. » Le secret de ma mère prend l'affiche le 7 juillet, partout au Québec, et met en vedette, en plus des actrices interviewées, Bianca Gervais, Clémence Desrochers, Paule Baillargeon, Marie-Chantal Perron et, du côté des hommes, David Boutin et Guy Thauvette.
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