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Samedi 1 septembre 2012 à 05h00

L'Hebdo : Spécial FFM 2012

Photo Par Karl Filion

Alors, ce FFM? L'édition 2012 du Festival des Films du Monde se terminera lundi prochain avec la présentation du long métrage français Un bonheur n'arrive jamais seul - en passant, aux dernières nouvelles, aucune des vedettes du film ne sera présente pour accompagner le film - après une trente-sixième édition fidèle aux habitudes. C'est à la mode de critiquer le FFM, alors on va faire notre possible pour ne pas le faire trop bêtement. Mais on n'a quand même pas le choix de souligner deux ou trois trucs...

Le FFM, c'est un endroit où les fidèles spectateurs croient justifié de s'emmener un lunch pour se nourrir pendant les projections. Un bon petit plat cuisiné à la maison dans un plat tupperware. Ils sont fidèles, ces spectateurs, et ils se sentent comme chez eux au Cinéma Impérial. C'est ce même festival où Serge Losique, le président, a cru tout à fait opportun de parler au cellulaire vers la fin de la projection de Liv & Ingmar, mardi soir, avant d'aller crier après on ne sait trop qui dans le lobby. La grande Liv Ullman était là, j'espère qu'elle n'a pas remarqué. Mais des dizaines de spectateurs importunés n'ont pas hésité, eux, à exprimer leur agacement.

Ce film, Liv & Ingmar, et la venue d'Ullman, étaient l'un des bons coups de cette cuvée 2012, même si le film lui-même s'avère assez peu intéressant. Réalisé comme une Musicographie à Musimax, le film gâche presque son sujet avec ce traitement trop distrayant. Ces deux personnages plus grands que nature (et leurs films!) suffisaient amplement. Mais c'était quand même un beau moment que de regarder un film avec la grande Liv Ullman. Merci pour ça, FFM 2012.

Autrement, on doit avouer qu'on n'a pas su où donner de la tête : la programmation est composée de 212 longs métrages, 16 moyens métrages, 144 courts métrages et 60 films étudiants. Trouver la perle rare là-dedans devient une mission quasi impossible qui relève davantage de la chance que d'une bonne préparation. D'autant que dans ces longs métrages, il y a aussi des téléfilms de bien piètre qualité... Trop, c'est comme pas assez, et dans ce cas-ci c'est tout simplement décourageant. Les découvertes se font à l'aveugle, ce qui peut être parfois bien frustrant...

Lorsque le Festival de Cannes programme un film dans l'une de ses trois sections, on y appose un sceau de qualité qui permettra au film de faire parler de lui partout où il passera. Il n'y a pas de certitudes, mais... C'est la marque d'un grand festival mondial; être la locomotive de la carrière d'un film sur la scène internationale. Le FFM l'a fait quelques fois, entre autres avec Ben X en 2007, puis avec Departures qui est allé gagner l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2008. Un film s'est-il démarqué de la sorte cette année?

Dans un tout autre ordre d'idées, on présentait sur l'esplanade de la Place-des-Arts un soir cette semaine le film Inception, de Christopher Nolan. Pourquoi? Quelqu'un qui n'aurait pas vu ce film (il a amassé 5 707 632 $ au Québec selon les données de Cinéac) et qui souhaiterait le voir ne pourrait-il pas le trouver aisément dans un magasin, le louer dans un club vidéo ou sur Netflix? Un festival de cinéma (des films du monde d'autant), ne devrait-il pas être l'occasion de faire découvrir des films inédits ici? Rares à tout le moins? Et ce n'est pas le seul exemple tiré de cette programmation extérieure...

Ce qui nous amène à la soirée d'ouverture. On a beaucoup critiqué dans les médias le choix de Million Dollar Crocodile; le film de Li Sheng Lin, présenté devant une salle à moitié vide (ou pleine, ça dépend de votre verre d'eau), est effectivement une catastrophe sur tous les plans : le scénario risible côtoie des dialogues absurdes et des personnages impossibles, les effets spéciaux sont ratés et la musique est insupportable dans ce film qui est, en plus, interminable. C'était une expérience sur soi que de rester jusqu'à la fin.

Malgré tous ses défauts, Million Dollar Crocodile a au moins une qualité, et c'est celle d'être différent de tout ce que le spectateur moyen connaît. D'être dans un tout autre paradigme qu'une sortie au cinéma habituelle, de laisser le spectateur sans repères. D'être un « film du monde », en quelque sorte, sans être simplement « exotique » ou bêtement un film hollywoodien mais dans une autre langue et sous-titré. Pourtant, côté cinéma asiatique, le FFM ne pourra jamais concurrencer Fantasia et ce serait bien naïf de tenter le coup. Mais tous les films asiatiques ne sont pas « de genre » et le FFM pourrait très bien puiser dans cette luxuriante cinématographie et y trouver tout autant son compte.

C'est une question de public, au fond. Oui, la salle était loin d'être pleine lors de la soirée d'ouverture, mais cela ne prouve rien sur toutes les autres projections. Si les spectateurs sont au rendez-vous, qu'y a-t-il à changer? Ceux qui l'aiment l'aiment vraiment, comme dirait une marque de bière. La question sera maintenant de savoir si ce public d'irréductibles est renouvelable... Difficile à dire. Superbe idée d'offrir une accréditation gratuite aux étudiants en cinéma et en journalisme de toutes les écoles de cinéma et les université, cependant.

Il faudra voir. Peut-être qu'on annoncera des foules records pour le FFM une fois le festival terminé mardi prochain. Mais moi je serai déjà à Toronto pour le TIFF.

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