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Samedi 8 juin 2013 à 07h00

L'Hebdo : La confrérie des bouffons

Photo Par Pascale Dubé
Vince Vaughn et Owen Wilson dans The Internship

Si l'on exclut quelques films par année qui arrivent à produire une hilarité sentie chez le spectateur, la vaste majorité des comédies américaines reprennent toutes, ad nauseam, les mêmes mécanismes redondants et insipides. Si la sortie de The Internship, infopub pour Google et prétexte à nous servir une nouvelle cuvée de niaiseries, gracieusement livrées par le duo de Wedding Crashers (Owen Wilson et Vince Vaughn), ne fait pas exception, au moins le public peut-il trouver du réconfort dans le fait de pouvoir apprécier des comédiens qu'il a depuis longtemps adoptés et constater avec délice que ces amis sur grand écran le sont aussi dans la vie.

Même si ces comédies sont écrites, réalisées et distribuées à la manière d'un fast food, et même si l'originalité ne fait pas partie des critères d'évaluation pour le financement de projets de ce type - en autant que les têtes d'affiches y soient - le public sait ce qu'il va voir, le film est consommé, puis oublié. C'est quand même dommage pour des comédiens talentueux qui ne se voient plus offrir d'autres rôles que ceux de guignols de service...

Owen Wilson compte à lui seul un nombre impressionnant de films insipides dans sa filmographie, tout comme une quantité de bonnes comédies, raison pour laquelle il demeure très apprécié du public. Les fabuleux western d'arts martiaux dans lesquels il a partagé la vedette avec Jackie Chan demeurent de solides comédies (Shanghai Noon, Shanghai Knights) que l'on a toujours plaisir à voir et revoir, et il est étrange que des petits bijoux comme The Royal Tenenbaums et Zoolander n'aient pas permis à Wilson de se tailler une meilleure place au soleil. Malgré une fructueuse série de collaboration avec Ben Stiller - ils ont joué dans pas moins de sept films ensemble - ses seules escapades dans un cinéma un peu plus pointu sont attribuables aux films de son grand ami Wes Anderson (The Royal Tenenbaums, The Life Aquatic with Steve Zissou, The Darjeeling Limited). Spécialisé dans l'interprétation de l'homme-enfant charmant et naïf, sa carrière aurait pu prendre un tournant plus sérieux avec le drame Behind Enemy Lines en 2001. Ce ne fut pas le cas. Malheureusement pour lui, sa carrière se poursuit en dents de scie, et il est à chaque fois impossible de savoir si son prochain film sera un Midnight in Paris ou un The Big Year...

Vince Vaughn est un acteur dont les premiers rôles à Hollywood laissaient pourtant présager une belle destinée. Débutée avec une série de drames (The Lost World, Return to Paradise, Psycho, The Cell), la carrière de Vaughn croupit mystérieusement depuis plusieurs années dans les bas-fonds de la comédie ringarde. Le talent ne manque pas, on pourra sans doute s'en rendre compte dans la très attendue adaptation américaine de Starbuck - intitulée Delivery Man -, mais il semble que le désir de se renouveler ne fasse pas partie des priorités de l'acteur qui, depuis Dodgeball: A True Underdog Story, n'a cessé de choisir systématiquement d'associer son nom à des films généralement dépourvus d'intérêt dans lesquels il a au moins l'avantage de partager la vedette avec ses amis. Il doit gagner plutôt bien sa vie puisqu'on peut le voir en moyenne dans un ou deux films par année.

Le visage de Ben Stiller est depuis longtemps connu. Si son premier essai derrière la caméra était une comédie existentialiste (Reality Bites), c'est son talent pour la comédie de masse qui l'a propulsé au sommet. Si Stiller s'en est mieux tiré que ses amis Wilson ou Vaughn au niveau de ses choix de films en tant qu'interprète, c'est peut-être parce qu'il est avant tout un scénariste, un réalisateur et un producteur. En tout et partout, sa filmographie est caractérisée par des comédies grand public ayant pour la plupart des prémisses suffisamment déjantées et originales pour permettre de grandes libertés narratives, et généralement complétées par des distributions impressionnantes. Ses deux meilleures comédies demeurent celles qu'il a écrites et réalisées, soit Zoolander et Tropic Thunder, mais il compte également à sa filmographie les franchises issues de Meet the Parents et Night at the Museum qui ont connu un retentissement planétaire et dans lesquelles son ami Owen Wilson avait des rôles secondaires. Ses plus récentes aventures ont cependant échoué au box-office (Tower Heist et The Watch), mais on attend avec impatience Zoolander 2 pour retrouver Stiller - et Wilson - au sommet de leur art.

Will Ferrell a lui aussi joué dans d'innombrables comédies depuis son départ de Saturday Night Live et peu d'entre elles ont véritablement percé à l'extérieur des États-Unis. Pourtant, c'est un habitué du grand écran, et bien que la presse ait souvent souligné que les box-offices de ses films ne justifiaient pas son salaire astronomique, il compte des fans dédiés toujours prêts à payer pour aller se régaler de ses frasques absurdes. Il compte à son actif plusieurs collaborations avec Ben Stiller avec lequel il partage plusieurs affinités professionnelles et ce dernier a d'ailleurs produit Blades of Glory, une ridicule parodie de drame sportif mettant en scène des patineurs artistiques et dans lequel Ferrell partageait la vedette avec Amy Poehler, elle aussi issue de Saturday Night Live. Lorsqu'il n'est pas la tête d'affiche principale, Ferrell ne répugne pas à apparaître dans des rôles secondaires marquants (Zoolander) ou à faire des caméos (The Internship). La sortie en décembre de Anchorman: The Legend Continues, la suite de son film maintenant devenu un classique - Anchorman: The Legend of Ron Burgundy - risque de cartonner, surtout que la bande-annonce, hilarante, circule depuis plusieurs mois et que la distribution originale (Steve Carell, Paul Rudd, David Koechner) revient au complet après avoir consenti une diminution de cachet permettant au film d'être tourné.

Parmi les membres de cette distribution, c'est Steve Carell qui a sans doute connu la montée la plus spectaculaire des dernières années. Après être apparu aux côtés de Jim Carrey dans Bruce Almighty (2003), il a participé à de nombreuses comédies. C'est le rôle principal dans The 40 Year-Old Virgin, long-métrage qu'il a coécrit avec le réalisateur Judd Apatow, qui l'a fait véritablement connaître du public. Il a joué dans plusieurs films aux côtés de Paul Rudd qui, lui aussi, doit une belle carrière à Apatow.

D'ailleurs, ce dernier a contribué à lancer la carrière de beaucoup d'acteurs que l'on a pu voir dans un grand nombre de comédies. On n'a qu'à penser Jason Segel (Forgetting Sarah Marshall) ou à Seth Rogen et Jonah Hill qui ont récemment partagé la vedette avec Stiller et Vaughn dans The Watch. Car c'est une drôle de confrérie que celle des bouffons à Hollywood et c'est un milieu duquel on a rapidement fait le tour. Les acteurs se connaissent tous entre eux et ont tous déjà joué ensemble dans l'une ou l'autre des productions. On retrouvera d'ailleurs un grand nombre de comédiens, généralement associés à Apatow, dans le long-métrage This is the End qui prendra l'affiche mercredi prochain et dans laquelle chacun des acteurs jouera son propre rôle. Gags tordus et caméos à prévoir...

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