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Samedi 13 avril 2013 à 07h00

L'Hebdo : La comédie parodique

Photo Par Guillaume Bouchard

Ashley Tisdale et Ben Cornish dans Scary Movie 5

Selon le dictionnaire, le mot parodie se définit comme suit : une imitation grossière, burlesque d'une oeuvre; bref, une caricature, un pastiche. Scary Movie 5, qui prend l'affiche cette fin de semaine, est le plus récent opus, non seulement de la série, mais du genre qui, malgré un certain essoufflement dans les dernières années, semble toujours trouver sa place dans le paysage cinématographique.

La parodie au cinéma ne date pas d'hier. Dans les années 60, le comédien Jerry Lewis commence déjà à travailler sur le genre, entre autres avec The Nutty Professor, qui parodiait Dr. Jekyll and Mr. Hyde, de Victor Fleming, paru en 1941. Mel Brooks prend le relais dans les années 70 avec des films comme Blazing Saddles et Young Frankenstein. C'est plutôt au début des années 80 que la parodie commence à gagner en popularité avec Airplane! de David Zucker. Ce dernier réalise ensuite Top Secret!, une parodie des films d'espions de la Deuxième Guerre mondiale, premier film de l'acteur Val KilmerBrooks et Zucker enchaînent ensuite d'autres parodies, dont certaines sont devenues des classiques, par exemple Spaceballs, paru en 1987, qui parodiait la trilogie Star Wars de George Lucas, et The Naked Gun, dont Leslie Nielsen était la vedette. Ce dernier aura d'ailleurs été étiqueté au genre tout au long de sa carrière.

Paru en 2000, Scary Movie parodiait plus spécifiquement le film Scream, de Wes Craven, avec quelques clins d'oeil à The Matrix et à d'autres. Le film marque le début de l'ère des frères Wayans, KeenenShawn et Marlon. S'en suivront par la suite une série d'opus et une panoplie de parodies de tous genres : Scary Movie 2, Epic Movie, Date Movie, Disaster Movie, Meet the Spartans, Superhero Movie et plus récemment, Dance Flick ainsi que A Haunted House.

Comme les cinquante dernières années tendent à le prouver, la parodie (ou spoof dans son appellation anglaise), s'adapte autant aux genres cinématographiques à la mode au moment de leur sortie qu'aux films ayant connu du succès commercialement. C'est donc logique que le genre, malgré son côté satirique inévitable, suive les tendances et continue d'évoluer au fil des années. Et c'est peut-être pour cette raison que, depuis leur naissance, les films parodiques apparaissent sur les écrans à intervalles réguliers.

Les parodies se nourrissent de l'actualité, tant du côté du cinéma que des potins de stars. Il est donc évident qu'à toutes les époques, les sujets ne manquent pas. Les tabloïds sont une nouvelle source d'inspiration pour les scénaristes. Ces derniers utilisent également certaines personnalités - un sosie de Paris Hilton dans Epic Movie et une Britney Spears paumée dans Meet the Spartans - souvent à un niveau extrême de la caricature, pour gonfler l'aspect ridicule de l'histoire ou même, dans plusieurs cas, pour attirer les gens à voir le film.

Il faut donc se demander si la parodie, bien que profondément ancrée dans la culture populaire, a vraiment sa raison d'être. Comme ce sont des films qui n'utilisent pas de budgets faramineux et que les acteurs qui y figurent sont rarement des « vedettes » - sans compter que les effets spéciaux de seconde main font régulièrement partie de l'aspect burlesque de l'oeuvre - le pari est donc peu coûteux pour les producteurs. Une campagne publicitaire efficace ainsi qu'une bande-annonce bien montée suffisent généralement à intéresser assez de spectateurs pour que les investisseurs n'y perdent pas au change.

En 1980, Airplane avait eu beaucoup de succès avec plus de 83 millions $ au box office nord-américain sur budget de seulement 3,5 millions $. Scary Movie a, quant à lui, récolté 42 millions $ à son premier week-end malgré un maigre budget de 19 millions $ (pour un total de 157 millions $). Ses suites ont respectivement amassé 71, 110 et 90 millions $. Avec des coûts qui s'élèvent en moyenne à environ 35 millions $ par film, il suffit souvent d'une bonne sortie pour que le film soit rentable au grand écran.

Qu'est-ce que Scary Movie 5 peut espérer? Tout comme ses prédécesseurs, le long métrage parodie des films récents, surtout du genre de l'horreur : Paranormal Activity, Mama et The Cabin in the Woods, mais aussi Rise of the Planet of the Apes, Black Swan et Inception. Il ne manque pas non plus de faire un clin d'oeil au phénomène de l'heure, Fifty Shades of Grey. Il semble cependant bien moins s'inscrire dans l'actualité que ses prédécesseurs et vieillira probablement très mal.

Les comédies parodiques n'ont été, qu'à de rares occasions seulement, catastrophiques au box-office. On pourrait donc croire que le genre ne disparaîtra probablement jamais, qu'on le veuille ou non. Au-delà de ce que les spectateurs réservent à Scary Movie 5, le genre saura sans doute renaître de ses cendres.

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